Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 14 mai 2008

Repos forcé

Lodi en repos forcé depuis jeudi.

Comme je vous l'ai dit, j'ai plus ou moins abandonné l'idée de boucler ce mémoire dans l'état actuel des choses. Soit je trouve une traduction du texte de vieux-haut-allemand et j'essaye de sauver les meubles, soit je change mon sujet. Eventuellement pour faire cette fameuse traduction. Après tout, un mémoire de traduction, ça se fait aussi.
Or, j'ai un vague espoir de trouver une traduction. Très très vague, je vous le dit tout de suite. Mais le manuscrit enregistré sur le catalogue de la bibliothèque est introuvable dans les rayon. Une patrouille de bibliothécaire est à sa recherche, mais ne donne pas de nouvelles depuis jeudi. Entre temps, il semble pourtant que le manuscrit a été retrouvé, puisque sa côte dans le catalogue a changé. Mais il n'est toujours pas dans les rayons. On me dit de patienter. Qu'il est peut-être en train d'être traité.
Les jours de congé de la Pentecôte n'ont pas accéléré le processus, on s'en doute, et en plus de cela, la bibliothèque étant fermée, pas moyen de même faire semblant de commencer à zyeuter sur mes mini-mémoires.
Repos forcé.

D'une manière générale, a fait deux semaines que je tourne en rond. Même quand je suis à la bibliothèque, je ne sais pas quoi y faire, mon mémoire est vraiment en impasse, et plus je déprime, moins j'ai envie de faire du sport. Je passe donc mes journées à rouler de mon lit à mon ordinateur. J'ai même réussi à bidouiller assez mon ordi pour trouver comment me connecter sur internet depuis la fac.
Ca m'occupe un peu, je fais des tests débiles sur aufeminin et je lis le Courier des Balkans.

Vendredi, en repos forcé (la bibliothèque s'est pris un graaand week-end de Pentecôte), j'en ai eu marre. J'ai décidé de me bouger un peu le gras.
Après quelques courses (remplir les greniers, pour tenir le siège des jours fériés à venir) sans grand intérêt, j'ai emis les pieds au Centre de sport. J'ai enchaîné deux cours l'un à la suite de l'autre. Vu ma motivation, je n'aurait pas pu m'entraîner toute seule. C'était des cours que je connaissais pas et je n'ai rien capté, mais au moins j'ai bougé un peu.

Samedi était une journée chargée.
A défaut d'être intéressant, le cours des premiers secours faisait au moins passer le temps. Les premiers secours, c'est un document obligatoire ici en Allemagne si l'on veut passer son permis. Parce que oui, chers lecteurs, Lodi s'est enfin décidée à passer son permis. Tadam ! Je remercie au passage mes sponsors généreux, j'ai nommé mon papa et ma maman chéris.
J'ai donc passé avec succès mon test de vue et mes premiers secours (en même temps, je suis allée me refaire des lentilles y'a pas longtemps, et j'ai déjà passé l'AFPS en France).

Le cours se passait à l'Alexanderplatz, et après ces grandes épreuves (si, si, c'est super éprouvant de parler de blessures pissant le sang et de vertèbres déplacées), Manikova m'a rejoins et j'ai mangé une glace en regardant des lycéens danser la techtonique (ça y est, la mode vient d'arriver en Allemagne, quelle chance, je vais pouvoir avoir droit moi aussi aux slims et aux coupes mulet...).
S'en est suivi un shopping intense d'une heure et demie qui a complètement achevé Manikova (sont pas résistants ces russes).

Manikova épuisée m'a emmenée dans "un turc qui fait des super bon börek". C'était à Kreuzberg.
Je n'étais jamais allée dans ce coin de Kreuzberg. J'ai enfin compris pourquoi tout le monde en faisait tout un plat. On se croirait dans le marais, à St Michel et à Arnaud Bernard tout en même temps. Tout un enchevêtrement de petites rues, remplies de petits restos indiens, taïs, turcs, congolais, tibétains, de petits bistrots et de petites boutiques de vêtement ou de gris-gris. Il faisait un temps superbe, et bien entendu tout le monde était dehors, buvait une bière, chinait ou hurlait en agitant des drapeaux pour célébrer la victoire de je ne sais quelle équipe de foot turcque. C'était assez pour que je sois conquise.
Et on est arrivées. Comble des merveilles. Sur la vitrine, il y avait écrit en gros : BUREK. A l'intérieur, j'ai manqué pleurer. Il y avait la vitrine avec les bureks à la viande ou au fromage tout chauds sortis du four, déjà découpés en parts à manger sur place ou à emporter. Sur le côté la machine café et les pots de jaourt "od jabuka" (à la pomme), et des gâteaux. On peut manger dehors sur des petites tables, ou dedans à un comptoir, hissé sur des tabourets hauts. Tout comme là-bas, avec Stevan.
Le dimanche matin, la maman de Stevan ne prépare pas de petit déjeuner. Alors Stevan m'emmène manger un burek à la viande. C'est bon, hyper gras évidement. Je n'arrive pas toujours à finir ma part. Stevan se moque toujours de moi parce que je n'aime pas les yaourts sans sucre et liquides, comme ils les mangent là-bas. On va toujours manger au comptoir, sur les tabourets hauts, l'un à côté de l'autre, et on se regarde dans la glace.
Ici, il n'y a pas de glace. Mais il n'y a pas non plus de chéri à regarder dedans. Manikova prend un burek et un thé. Je prends un thé seulement, j'ai encore la glace dans l'estomac. Le gars qui nous sert doit avoir notre âge, il ressemble à Novak, une bonne de tête de jougoslave quoi.

1574692248.jpg

J'explique à Manikova que la langue dans laquelle le serveur et sa mère se parlent, ce n'est pas du turc, mais du serbo-croate. Que les bureks sont forcement infiniment meilleurs que les böreks des turcs. Je lui raconte les dimanches matin en Serbie.
En partant, je demande à la dame qui sert d'où elle vient. De Croatie. "Hrvatska..." Elle souris.

Le dimanche, le Centre de sport est fermé. La bibliothèque est fermée. J'ai mal au ventre.
Je roule du lit au canapé. Je passe la journée à regarder des films. J'ai commenté les deux meilleurs dimanche, les autres, je vous les épargne. Le soir, je roule du canapé au lit.

Lundi, j'avais tellement déprimé toute la matinée que j'ai décidé de fêter un peu la fin du mémoire (l'avortement du mémoire ?). Ca serait mon jour.
Je suis allée manger un burek. Il ya avait moins de viande que dans les "vrais" en Serbie, mais c'était exactement les mêmes, le même goût. La patrone discutait en croate avec un client. D'autres clients sont arrivés, ont commandé en croates eux aussi. Toute la communauté serbo-croate de Berlin doit se retrouver ici. Pendant ce temps, je mangeais mon burek. Avec les doigts. Comme je fais là-bas.
Le client m'a demandé en allemand si j'aimais. J'ai répondu en serbo-croate "oui, c'est bon comme en Serbie". On a commencé à discuter ferme pendant une bonne heure de la Serbie, de la Croatie, de Novi-Sad, des élections, de la vie en Allemagne et en France, de Sarko et du beau temps. Osam était croate, mais il avait vécu un an à Novi Sad. Puis, lorsqu'il y a eu la guerre, il est parti vivre à Berlin. J'insistait pour qu'il me parle en serbo-croate. Sans avoir touché à mon serbo-croate depuis des mois, le résultat n'était pas si mauvais. Je comprenais vraiment pas mal.

Je suis allée au parc Victoria, à Kreuzberg.
L'herbe était tapissée de berlinois qui se faisaient dorer au soleil.

Le Centre de sport ouvrait en fin de journée. Dès l'ouverture, j'étais là, et j'ai enchaîné les deux cours.
Deux cours des Mills, la muscu et le step. Je n'avais été qu'une fois à la muscu, et le step, c'était ma première fois. L'entraîneur, Schweiss-qui-peut, a été adorable avec moi. Il m'encourageait tout le temps, corrigeait mes positions, me disais que ça allait venir, que c'était une question d'habitude, que j'étais bien partie. Est-ce que par hasard en me voyant il a cru que j'avais jamais tenu un haltère de ma vie ? (je ne vois pas pourquoi)
Mais alors, il suait comme une cascade. Il avait un tee-shirt par chanson. A chaque chanson, il jetais son tee-shirt tout dégoulinant et en prenait un neuf sur la pile. Il a lui aussi enchaîné les deux cours. Il était bon pour faire une machine pleine en retrant... C'était très impressionnant ! Le sol près de la stéréo était jonché de tee-shirt. Je n'aurait pas osé marcher dessus, j'aurais eu trop peur de voir le liquide s'écouler et envahir toute la pièce.

En sortant du sport, j'ai calculé vite-fait qu'il était encore temps d'arriver à l'heure pour la séance de 20h20 que je reluque depuis des mois... et d'aller enfin voir "Juno".

J'en mourais d'envie. Personne n'avait envie d'aller le voir avec moi. Et bien j'y suis allée toute seule. C'était ma journée après tout.
J'étais toute contente assise (quasi) toute seule dans la salle, bien au milieu.
Le film était vrailent chouette. Exactement ce à quoi je m'attendait, pas un super film méga-réfléchi, juste une petite comédie toute gentillette. Ca ne remplissait même pas les critères d'une comédie américaine habituelle. Normalement, y'a au moins à la fin une grosse crise, et ouf tout va bien, et on déborde de bon sentiments, les méchants deviennent bons et les amoureux s'avouent qu'ils s'aiment, et ça finit avec une super musique entraînante.
Là, c'est plutôt un petit conte. Tout se passe bien, il n'y a pas de grand coup de théâtre, une espèce de fausse crise pas bien sérieuse, qui a plutôt une fonction d'apprentissage de la vie pour Juno que pour but de relancer du suspens. C'est même un peu trop simple, à voir Juno, on se dit qu'une grossesse ça a pas l'air bien compliqué, pas d'hormones qui sèment la panique, pas de dépression pro ou post-natale ni de pleurs et de cris et de prises de tête. Finalement, c'est vraiment agréable. Ca rend à la chose sa simplicité. Si ça se trouve, ce film aura plus d'effet que toutes les campagnes anti-avortement du monde.
"C'est pas bien bien grave de coucher à 16 ans et sans préservatif", c'est un message un peu limite quand même. Mais enfin. Ce film est tellement mignon, je n'arrive pas à lui en vouloir.

Hier, la matinée a été occupée par mon cours avec Connery, j'ai dicuté un peu avec lui du mini-mémoire avant d'aller faire mes courses et acheter mes pantalons. Enfin.
L'après-midi, j'ai voulu aller faire ma demande de permis. La mairie est bloquée par une grève, il y a deux ou trois heures d'attente. J'irai lundi prochain.
J'ai un peu erré avant d'aller faire danser mon ventre.
Enfin, j'ai fini la journée avec mon premier cours de théorique. Ce n'était ni bien compliqué ni bien passionnant. L'instructeur est gentil, il m'a reconnue tout de suite. "La fille de Paris". Oui, la française quoi, c'est bien moi !

Tout se temps se sera passé sans nouvelles de Stevan. Dimanche soir, j'ai enfin reçu un court e-mail. L'enterrement est terminé maintenant, j'espère le revoir d'ici peu. 

Commentaires

Coucou!
Hihi moi aussi j'ai adoré Juno! Mais je suis allée le voir avec ma sisterette (qui trime sur les bancs de la prépa stserninoise!) et on était nous aussi quasi seules dans l'utopia de Tournefeuille!
A part ça, tous les étudiants du monde semblent en galère sur leur mémoire...courage Lodie!
Plein de bisous :-)

Écrit par : Kora | mercredi, 14 mai 2008

Les commentaires sont fermés.