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vendredi, 16 mai 2008

La petite gosse m'a fait de la peine

Je devais aller rendre du matériel chez Obi, et c'est comme ça que je me suis retrouvée à l'arrêt de bus à Zehlendorf, visiblement juste à l'heure où les lycéens sortaient.

Ils arrivaient par petits groupes de trois ou quatre, leur sac à dos recouvert de gris-gris. Trois filles piaillaient en jetant des regards scrutateurs autour d'elles, allez savoir ce qu'elles se colportaient réciproquement comme ragots; ils me semblait revoir Olivia et ses copines, mes petites guides. J'étais toute attendrie. Deux mecs arrivaient aussi, avec un look improbable de couleurs criardes et le nez chaussé d'immenses lunettes de soleil qui machaient les jambes écartées et le torse en avant, très cool. Il y avait des filles en mini-jupe hausées sur des talons compensés, d'autres habillées tout en noir, avec des tatouages diaboliques sur leur sac et leurs bras.
Un lycée quoi.

J'ai vu arriver cette petite gosse. Elle marchait toute seule et elle ne s'est pas arrêtée à l'arrêt de bus, elle a continué son chemin.
J'ai pensé : Mais ses parents ne se font pas de soucis ?
On ne savait pas comment elle tenait encore sur ses jambes.
Des lunettes. Un chignon fait à la va-vite. Elle avait un visage joli, de petite fille sage et sérieuse qui ne cadrait pas avec le rouge à lèvre vif dont elle s'était tartiné les lèvres. Elle portait un tee-shirt gris à manches longues avec quelques touches de fluo. Pas un bout de peau qui ne dépasse. Elle portait un slim si mince que des jambes-allumettes auraient suffi à le remplir. Mais sur elle, le slim faisait plein de plis, flottait presque lorsqu'elle marchait.
Comme elle ne laissait rien apparaître de son corps, c'était difficile de savoir exactement à quel point elle devait être maigre. Elle marchait lentement en regardant le sol. Même son visage s'effaçait, le regard glissait dessus, ne s'attachant que sur le rouge vif des lèvres.
D'ailleurs, même si ses parents se font du soucis, que peuvent-ils faire ?

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