jeudi, 24 avril 2008
Sonny, un rayon de soleil
Un soleil s'est levé sur mon lundi matin.
Elle s'appelle Sunny.
Sunny ressemble comme deux gouttes d'eau à Sonia, mon animatrice préfére du centre de sport. D'où son merveilleux nom de code qui s'est imposé à la première seconde.
Sonny a des cheveux décolorés d'un blond surnaturel, entre le jaune fluo et le jaune-foin-OGM (le blond des cheveux de Sonia est, lui, tout ce qu'il y a de plus naturel et de plus allemand, je tiens à le préciser)..
Mais surtout, Sunny a cette magnifique voix cassée et grave qui rend l'allemand encore plus beau à entendre. Je pourrais rester des heures assise là, hypnotisée par cette voix si chaude.
Les allemands sont des petits rigolos qui s'amusent, comme ça, à vous changer à trois jours de la rentrée les emplois du temps et les intitulés des cours. C'est ainsi que je me suis retrouvée jeudi matin sans cours d'histoire de la linguistique, transformé par un coup de baguette magique en cours sur la dualité de l'enseignement des langues le mardi soir. Comme ça ne m'inspirait pas des masses, j'ai refais un tour sur le catalogue des cours, et j'ai ainsi découvert qu'un nouveau cours était apparu : un Hauptseminar (ce dont j'ai besoin), et son pendant, le Vertiefungseminar, sur l'évolution de la langue allemande depuis le vieux-haut-allemand jusqu'à nos jours.
Bref, que je me suis dit, un bon truc pour moi.
Or, le VS du lundi matin était assuré par cette fameuse Mlle Sunny, chez qui Connery avait essayé de m'envoyer en début d'année.
C'était comme qui dirait sa successeuse officielle en titre.
Pas très émoustillée à l'idée de me retrouver affublée d'une grande perche à lunettes déjà desséchée d'avoir passé ses tendres années au rayon vieux-haut-allemand de la bibliothèque, je me suis convaincue que c'était toujours intéressant d'aller voir un peu ce que vallait cette Mlle Connery II, le retour.
C'est ainsi que lundi matin, j'ai découvert Sunny.
Radioactivant la pièce de ses cheveux Maya-l'abeille, elle bourdonnait autour du tableau noir en tentant d'insuffler un peu d'enthousiasme à la poignée de moutons inexpressifs qui la regardaient, tous la joue appuyée contre leur main et affaissés sur leur bureau, au bord de l'endormissement.
Nous ne sommes qu'une grosse poignée d'élèves, et il est visible que mes camarades ne viennent que forcés et contraits.
Sunny sautille donc désespérément de diphtongues en monophtongaisons, fait des blagues et des flèches dans tous les sens. Le tableau noir fini par ressembler au quartier St Pierre les jours de fête de la musique. Les autres étudiants persistent dans leur inexpressivité. Ils doivent être en plein coma éthylique.
Je sens que ce cours va devenr un passionnant tête à tête avec Sunny.
Sur ce, je vous laisse, je me suis proposée pour un exposé lundi prochain.
09:26 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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