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mercredi, 16 avril 2008

Le jour où je me suis sentie très conne (c'était hier)

... bon, et aujourd'hui avec un pantalon ensanglanté, AUSSI, mais bon...

Je pense que vous savez (ou pas) que mon mémoire avance à une vitesse fulgurante d'escargot paralytique.
Dans le courant de la semaine dernière, ravigottée par les efforts de Winnie, j'ai décidé d'ouvrir un fichier, de l'appeler "mémoire", et de rassembler un peu ce que j'avais glané jusqu'ici. Le résultat fait donc trois pages, en comptant la liste des ouvrage qui en fait une entière.
Je pense que vous savez (ou pas) que je n'ai pas de nouvelles de Pater depuis le mois de novembre. Trois mails timides sont restés sans réponse, et devant la nullité des résultats étalés sur la page blanche devant moi, je n'osais même plus le relancer.

Hier c'était la rentrée des classes.773204992.jpg
Cours de syntaxe, dont je me régale à l'avance, et j'arrive en retard bien sûr, loi de Murphy appliquée aux bus les jours de rentrée oblige.

D'abord, je ne reconnais pas le petit monsieur chauve qui parle de tout sauf de syntaxe en se cognant toutes les trois minutes contre le coin de son bureau. C'est musclé d'être prof, il doit rentrer chez lui après chaque jour de cours couvert de bleus. A moins qu'il ai déjà développé une cale à cet endroit de la cuisse droite. Bref, ce n'est pas le sujet.

Soudain, au détour de sa conversation passionnante sur le dernier dîner qu'il a eu avec le président de l'université, il évoque qu'il est en fait censé être à la retraite. Et là, je tique.
Je regarde l'entête de la feuille qu'il nous a distribué. Professeur Connery.
Mince alors, c'est lui. Lui, c'est le Professeur Sean Connery, le copain de Pater, à qui j'ai rendu visite lors de mon arrivée à l'université. Il m'avait reçu très poliement dans son bureau, m'avait donné plein d'informations intéressantes et avait répondu à plein de questions que je ne lui posais pas, omettant de m'expliquer comment je pouvais apprendre le vieux-haut-allemand. Je pense que pour lui, ça coulait de source.
Il m'avait quitté en me serrant chaleureusement la main, m'informant qu'il n'aimait pas être contacté par mail et qu'il ne serait pas sur Berlin pour quelques mois.
Une aide précieuse, donc.

J'avais oublié Sean Connery depuis un petit bout de temps, et le voilà parachuté professeur de syntaxe allemande en haut à gauche de la feuille que je tenais entre les mains, et en relevant la tête, c'était déjà à mon tour de me présenter.
J'explique donc qui je suis et d'où je viens, ce que je fais. Connery enchaîne en expliquant à mes camarades qu'en effet je fait partie du programme d'échange avec l'université de Paris puisqu'il est en lien avec le Professeur Pater et que c'est pour ça que je suis ici.

Pardon ? Je ne fais pas partie de ton club d'échange avec Pater, là, moi je suis en Erasmus et pas un trophée sur patte symbole de la bonne entente franco-germaniste des spécialistes du vieux-haut-allemand primitif.
Et je suis ici parce que j'aime la syntaxe.

Bef, le cours se passe.
Dix minutes avant la fin, après avoir détendu l'assistance et musclé nos zygomatiques, Connery se rappelle qu'il a un programme du jour, et nous fait une superbe démonstration de pédagogie en brossant en dix minutes toutes les définitions de bases. La parataxe et l'hypotaxe en devenaient tellement limpides que c'en était bouleversant.

Grand pédagogue, donc, Connery me fait à nouveau une démonstration rien qu'à moi en privé après le cours de son immense incapacité à communiquer avec un interlocuteur individué.
Bien sûr, Notker, pas de souci. Pas de souci ? Je ne viens pas de lui dire le contraire ?

Bref, il me dit que si je trouve vraiment utile d'assister à ce cours... (début de phrase montrant à quel point il tiens en haute estime le séminaire qu'il dirige ; je comprends soudain mieux pourquoi il n'a daigné l'aborder qu'en dix minutes) ... il me donnera un mini-mémoire à faire pour le Schein, on s'arrangera... (mes yeux brillent... je vois déjà une première page avec un superbe intitulé sur les catégories vides, que j'ai dû bâcler la mort dans l'âme en un paragraphe dans mon dernier mini-mémoire)... et il me donnera au moins un truc qui pourra me servir, par exemple sur la phrase attributive chez Notker, pourquoi pas ? (j'avoue que sous l'effet de la surprise, j'ai fait une tête de carpe étouffée et je n'ai plus su quoi dire... j'en ai oublié mes catégories vides et je n'ai pas osé exprimer mon rejet avec toute la violence qu'il l'aurait mérité d'un sujet aussi peu enthousiasmant).
Il m'a dit d'y réfléchir. Nous en parleront la semaine prochaine.
Je ne lâcherai pas mes catégories vides.

Devant tant d'incompréhension, je rentre chez moi la tête basse. J'en pleure de rage.
De rage, en rentrant chez moi, j'attrappe tout ce qui dépasse, je le fous à la poubelle, je fous la poubelle dehors, je fais le grand nettoyage de printemps, et je frotte bien pour que ça brille. Quand mon appart est devenu un désert pour hermite ascètique, l'ascète se fous devant son ordi avec un grand bol de céréales (et le paquet de céréales à côté pour renouveller le stock) et envoie un mail intempestif à Pater.

Et là, soudain, l'ascète voit l'adresse mail. Et il a l'impression qu'il a un grand trou dans la gorge.
En haut à gauche de l'écran.
L'adresse n'est pas celle des trois précédents mails. Pater a deux adresses.

Bref, au lieu de répondre au dernier mail reçu de Pater sur les UE, j'ai répondu cette fois à son premier mail sur Notker. Donc sur une autre adresse.
Dans le cours de la journée, je reçois coup sur coup cinq mails de Pater.
L'adresse "professionnelle", celle du serveur de l'université, ne fonctionne pas.

Autant dire que je me sens d'une connerie poussée.
Très très conne que je me sens.
Et Pater, pour qui c'est moi qui suis en silence radio depuis novembre et vu le mail que je lui ai envoyé je n'ai pas l'air d'avoir bossé d'un yota, je n'ose imaginer la masse de connerie qu'il me prête.

Pater reste d'une politesse et d'une gentillesse sacerdotale et m'envoie moult références pour me "débloquer". Je note tout ça vivement.
Je lui remaile pour repréciser des trucs, il me remaile, bref, on reste super in touch toute la journée.

La suite demain. 

Commentaires

Je ne sais pas ... ou plus qui est Notker mais ça ne doit pas être quelqu'un de bien vu qu'il te fait mettre dans tous tes états !! ... à moins que ce ne soit les hormones (si tu savais à quel point je compatis !!)

A dimanche ! (au fait, tu viens ???)

Écrit par : Ingrid | jeudi, 17 avril 2008

Bon ! autant pour moi .... j'ai relu le chapitre "Le feuilleton du moment : Notker" et j'ai vu qu'effectivement tu en avais déjà parlé ....
Faut pas m'en vouloir, j'ai une mémoire très, très volatile ... qui m'a valu de passer tous mes examens en apprenant par coeur des résumés de cours (sinon je ne me serai rappelé de rien du tout)

Écrit par : Ingrid | jeudi, 17 avril 2008

Ouuuh je compatis (pour TOUS tes moments de solitude d'hier et d'aujourd'hui).

Remarque c'est cool que tu aies enfin rétabli le contact, j'espère que tu auras assez de temps maintenant pour faire tout ce que tu as à faire.
Ca me rappelle la fois où j'ai ameuté tout le secrétariat de la fac car le mail qu'avait donné le prof était soi-disant "faux" alors que j'avais juste mal orthographié son nom... wouah la honte quand c'est le prof qui m'a contacté pour me dire qu'il avait reçu mon mémoire.

Quitte à déclencher une série d'articles auxquels je ne comprendrais peu ou prou rien, c'est quoi une catégorie vide ?

(et une phrase attributive ?)

Écrit par : Winnie | jeudi, 17 avril 2008

HA HA !!!
Elle l'a demandé, hein, son post sur les catégories vides !!!
Si, si, je t'ai lue...

Ingrid, toutes les félicitations, tu es mon commentaire n°100 !!!

Écrit par : Lodi | vendredi, 18 avril 2008

Tiens, oupss, ma main a fourché, il s'agit bien sûr d'une phrase prédicative (sujet-copule-attribut).

Écrit par : Lodi | vendredi, 18 avril 2008

Copule ?? Oo Eh beh, elle se lache la Lodi. ^^

Écrit par : Pincho | vendredi, 18 avril 2008

Lol
Voilà pourquoi j'adore traîner avec des S 100%.
Ça remet les idées en place.

Écrit par : Lodi | vendredi, 18 avril 2008

Les commentaires sont fermés.