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lundi, 31 mars 2008

On a changé d'heure

 

Je suis armée du même gros pinceau dont ma mère se sert pour dorer les mounas.
Et je me sens mais alors franchement franchement idiote.

Une heure et demi que ça a duré. Que je me suis battue avec des cheveux tout collants, je devais appliquer la pâte gluante bien comme il faut, insister sur les tempes, et le hénné mélangé au vin puait à mort.
Pendant ce temps, Manikova papotait des derniers films qu'elle avait vu. Et elle ne connaît pas "Laurence d'Arabie". Et elle n'a jamais vu "Pulp Fiction". Toute une éducation à refaire.
C'est confirmé, je suis à peu près autant faite pour faire coiffeuse que la reine d'Angleterre pour faire sexologue. Je suis terrifiée de peur de faire une gaffe. C'est qu'elle part mardi aux USA voir son copain, c'est une lourde responsabilité de m'occuper de sa couleur, la survie de son couple est entre mes mains.

A onze heures du soir, quand je suis partie de chez Manikova, l'air était pas si froid que ça encore. Quand on est sorties du centre de sport, à huit heures, le jour commençait à peine à descendre, et il faisait tellement bon.
Toute la matinée j'ai ronchonné en regardant par la fenêtre, qu'il faisait tout gris et que c'était de l'arnaque, qu'on m'avait promis du 14 degré pour aujourd'hui, et que ça allait pas se passer comme ça. Finalement, quand je suis sortie après le déjeuner pour aller à la bibliothèque, je me suis rendu compte que l'air était chaud. Humide, et le temps tout gris, mais doux.
Limite, je pleurais de bonheur, tiens.

Le bus m'a déposée à presque minuit devant le Starbuck, et il faisait toujours pas si froid. Mais je devais porter à bout de bras mon sac de sport, et mes muscles des bras hurlaient et récriminaient contre tant de mauvais traitements.
J'ai commencé mon entraînement intensif des bras. J'ai demandé à Manikova, avant qu'elle ne parte, qu'elle me montre comment faire marcher la machine bizarre, qui aide à faire des tractions. Le principe, c'est qu'il y a des poids relié à la planchette qui est sous nos pieds, histoire que notre poids en soit allégé d'autant. Parce que moi, vous pouvez toujours me mettre à une barre à traction si ça vous amuse, mais vous perdez votre temps. C'est un peu comme ceux qui font faire des pompes, "allez, fais-en au moins une !". Vous pouvez toujours courir, moi, je m'écrase par terre, et je peux pousser des grognements d'effort tant que je peux, mes bras me soulèveront pas d'un pouce.
En attendant que mes bras grossissent, j'ai fait beaucoup de progrès en endurance. Deux fois de suite que je tiens les 20mn de course. Sans doute qu'écouter du Proust en même temps, ça aide. Malheureusement mon lecteur MP3 a un faux contact, et le son saute. J'ai cru la dernière fois que c'était dû aux écouteurs, mais à moins que ma paire d'écouteurs de rechange flanche aussi, va malheureusement falloir se rendre à l'évidence qu'il faudra mettre le prochain Père Noël à contribution.

Je me vois dans l'obligation de conclure cette note (qui sera en ligne deman matin).
Mais il est déjà minuit à mon horloge pas réglée, et demain est une longue journée. J'avais complètement oublié le changement d'heure ce matin. Moi qui avait enfin réussi avec toutes les peines du monde à me caler sur le réveil à 7h du matin au lieu de 8h. C'est tout à refaire maintenant...

dimanche, 30 mars 2008

Ca jumpe !

(C'est pour moi l'une des meilleures chansons du genre. Quel genre ? j'y viens...)

Que fait donc la Lodi depuis qu'elle est en vacances ?

La Lodi travaille. plus ou moins longtemps et plus ou moins efficacement selon les jours.

Mais surtout la Lodi hante les salles de sport.
Je suis tombée par hasard sur ces articles, qui m'on révélé que la Lodi ne fait pas n'importe quel sport, non, non, la Lodi est au top de la mode du sport, importé tout droit de Nouvelle-Zélande, j'ai nommé les Mills. Ha ha, ça vous en bouche un coin, hein ?

Je sais, je sais, vous êtes tous très impressionnés. Mais bon, comme je me doute que la plupart d'entre vous n'ont pas la moindre idée de ce que c'est que ce truc (bande d'ignares), je vous fait découvrir mes activités favorites :

Tout l'abord, tous les mercredi soirs, le Body Jam.
Ca, c'est le truc le plus fun jamais inventé dans les salles de fitness. Notre prof, il faut dire, est une fofolle délurée complètement timbrée, ce qui aide beaucoup. On se la joue Britney reine du dance floor, sur des choré qui tuent tout. Genre Winnie déchaînée en boîte, mais un peu plus structuré. (Vous ne connaissez pas Winnie déchaînée en boîte et sa choré "je fais le ménage", vous ne connaissez rien à la danse)

Mais en fait, ce à quoi je suis devenue accros (quand je ds accros, c'est genre droguée que le jour où j'ai pas ma dose que me sent toute mal en point), c'est le Body Attack.
Nous avons deux profs pour ce cours, mais Julia, c'est ma préférée du monde entier. Cette fille, je la suivrait au bout du monde. C'est une furie.
Tous les cours, avec elle, ça commence pareil. Elle jette son T-shit du cours précédent (elle a toujours un cours avant nous, je sais pas comment elle tient), réajuste sa brassière noire et se coiffe du micro. Elle lance la musique le plus fort possible et c'est parti ! Bien sûr, elle doit hurler dans le micro pour se faire entendre, et on ne va jamais assez vite, et on saute jamais assez haut, et encore une série... C'est génial.

On saute en l'air, et on sautille sur le côté, et on saute le avant, et on court dans un sens, et on saute sur un pied, et on court dans l'autre sens, et on agite les bras, et on resaute en l'air. Puis y'a des moments où on crie aussi, et on saute sur place et on crie ! Aaaaaaaaaaah... Ah, je sors de là toute en pleine forme. Je suis morte, achevée, et en général une douche plus tard j'ai envie de recommencer.

J'ai cherché désespérément les musiques de l'enchaînement, mais ce n'est pas évident. Comme je l'ai dit, en général les baffes sont au maximum, ça aide pas à comprendre les paroles, le peu qu'on comprend est en général d'une platitude telle que ça pourrait correspondre à quinze chansons différentes, et même lorsque j'arrive à identifier la chanson, comme c'est de la chanson de fitness, ce sont bien sûr des remix, et avant de trouver le bon remix parmi les centaines de DJ qui ont repris la chanson à leur sauce, bonne chance.

Heureusement, j'ai identifié ma chanson préférée, celle par laquelle on commence la séance (l'échauffement, quoi) :


podcast
 

L'autre chanson n'est pas un remix : c'est celle de la "pause" à mi-séance, sur la quelle on fait les pompes. "Et une... et deux... et une... et deux... allez encore huiiiiiiit !"

podcast
Nous avons également un remix de "Where is the love" des Black Eyes Peace, pour un des pires enchaînement de la séance, mais je n'ai pas réussi à trouver le remix exact.
Et la séance s'achève sur des étirement sur un remix de "Beautifull Liar" de Shakira et Beyoncé, mais je ne l'aime pas, je ne vous le mets pas.

samedi, 29 mars 2008

La littérature d'Outre-France : Ségou, de Maryse Condé

- Habitants d'Abomey, le Maître du Monde, le Père des richesses, l'Oiseau-cardinal-qui-ne-met-pas-le-feu-à-la-brousse ordonne d'annoncer les "fêtes de coutume" qui commenceront après-demain soir. Le Maître du monde distribuera des pagnes et de l'argent à son peuple après l'expédition des messages aux rois défunts...

Romana frémit. L'expédition des messages aux rois défunts ! Cela signifiait les sacrifices. Ah, si elle ne parvenait pas à sauver Malobali, il ferait partie des messagers !

Un peu plus loin, il rencontrèrent des Blancs dans leur hamac. Ils quittaient la ville en hâte, car ils ne pouvaient pas supporter la vue des sacrifices humains auxquels, pour les honorer, Guézo les conviait à assister du haut de son estrade royale. Birmane cracha sur leur passage :

- Hypocrites ! Il paraît que dans leur pays, avec les armes qu'ils fabriquent, ils se tuent les uns les autres par centaines de milliers. Ici, ils veulent donner des leçons.

Des hommes qui l'entendirent approuvèrent hautement et une conversation s'engagea. Tout le monde était d'accord. Les Blancs détruiraient le Dahomey puisqu'ils voulaient supprimer et le commerce des esclaves et les sacrifices aux rois. Romana, quant à elle, n'entendait rien. Tout son être n'était que prières. Elle faisait appel à Jésus-Christ, à la Vierge Marie, aux saints du paradis. Mais aussi aux puissants Orisha yorubas que ses parents apaisaient avec de l'huile de palme, de l'igname nouvelle, des fruits et du sang. Lequel avait-elle offensé ? Ogun, Shango, Olokun, Oya, Legba, Obatala, Eshu... ?

[...]

Souvent une femme accouche avant terme d'un enfant difforme. La famille veut le faire disparaître et se réconcilier avec les dieux qui ont manifesté leur courroux de cette manière. Mais la femme refuse et s'attache à ce nourrisson malgracieux. Elle le préfère à ses autres enfants. Elle guette la moindre étincelle de vie dans son regard, prend ses rictus pour des sourires et, enfin, devant tant d'amour, le petit prend une forme humaine. C'est ce qui se passa entre Romana et Malobali. Apparement indifférente à l'odeur de ses plaies ouvertes, de son vomi, de ses défécations, elle le soigna, réunissant les objets les plus difficiles à trouver que lui demandaient les babalawo et les médecins et ne reculant devant aucun sacrifice. On lui conseilla de s'adresser à Wolo, un des bakono royaux qui, parfois, consultaient l'oracle pour le commun des mortels. Grâce à la complicité de Marcos, un Agouda, cuisinier de Guézo, elle parvint à pénétrer dans le palais royal, jusqu'à la pièce ronde du côté droit de l'entrée, où se tenait le vieil homme. Wolo se recueillit un long moment avant d'entrer en communication avec les esprits, puis il commença la séance. Mais au fur et à mesure qu'il manipulait ses instruments, il semblait plus soucieux, plus déconcerté. Il donna l'impression de parlementer longuement avec un interlocuteur invisible, usant tour à tour de persuasion et de menace. Ensuite, il demeura silencieux, préoccupé avant de rendre son verdict.

Sava, le douanier qui ouvre les portes de Koutomé, la cité des morts, avait laissé rentrer l'esprit de Malobali qui rôdait dans l'au-delà. cela paraissait une erreur et Wolo le sommait de le libérer et de le rendre aux vivants. Mais Sava objectait que le premier médecin appelé auprès de Malobali lui avait rasé les cheveux et coupé les ongles de nuit, rites que l'on réserve aux cadavres. En conséquence, il était dans son bon droit. Wolo ne désespérait pas de faire fléchir Sava. Mais tout cela serait long.

Une euvre étrange que cette saga de Ségou. Qu'est-ce que Ségou ? Une ville de l'actuel Mali, où vivent les bambara. Des générations de Traoré vont se succéder, et nous suivons les aventures des descendants, qui s'éparpillent dans toute l'Afrique et jusque dans les îles, mais que leur chemin mène inévitablement à Ségou.
J'ai beaucoup réfléchi sur ce que voulait dire Maryse Condé. Une critique de l'islam ? Une critique du colonialisme ? Mais non, c'est autre chose. Ce qui me charme indéfiniement dans l'univers de Ségou, c'est ce mélange, qui fait parfois sourire, entre le chamanisme, le christianisme, l'islam, les dieux et les hommes, un espèce de grand foutoir coloré où une chatte ne retrouverait pas ses petits... Finalement, je pense que Maryse Condé s'est demandé quelle était l'identité de l'Afrique. Et elle y a répondu : c'est tout ça.

Je ne connais rien à la littérature africaine à proprement parler, si ce n'est celle des contes africains. Mais j'aimerais creuser le sujet.
En tout cas, cette construction du récit n'a rien de française. Par contre, elle me rappelle énormement les saga historique d'Europe de l'est, celle du Pont sur la Drina tout particulièrement. Le roman français connaît le récit historique, celui qui s'attache à un personnage important, Napoléon, Mozart. Mais les récits de toute une constellation de personnages, anodins pour l'Histoire, et emportés dans son tourbillon, qui évoluent en même temps qu'elle, je n'en voit pas. L'oeuvre de Balzac pourrait peut-être s'en rapprocher, mais il s'agit de plusieurs romans, qui explorent chacun une facette d'un même monde, et de plus en restant dans un espace temporel assez réduit. Et surtout il y manque le souffle épique de ces régions du monde où rien n'est stable, de guerres de religion, de passions amoureuses, de ferveur religieuse.

J'ai été emportée par ce roman. Mais attention, qui dit saga, dit gros gros pavé... 

vendredi, 28 mars 2008

Si, le printemps quand même

 

Que ceux qui me voient sur msn depuis des semaines grelotter sous la neige et la grêle, que la météo du jour les rassure. Nous n'avons plus que deux jours de températures minus à essuyer. Le printemps, c'est pour la semaine prochaine.

Joie. 

Y sont fous, ces journalistes allemands

Quelle mouche a piqué les journalistes allemands ?

Eux qui sont pourtant décents d'habitude ne titrent depuis deux jours que sur les robes de la Kaiserin Carla...

Printemps

Nous sommes au début du mois de mars (un petit effort d'imagination, voyons !).

Le marchand de confiseries de Noël de la Schlossstrasse s'est reconverti en marchand de glace.

Lodi fait faire un check-up complet à son vélo.

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D'ailleurs, tout le monde dehors a sorti son vélo ou se rend au travail à pied.

Que se passe-t-il dans Berlin ?

Serait un souffle de Printemps ???

Non, non, c'est la grève des bus. 

jeudi, 27 mars 2008

La littérature d'Outre-France : les Bienveillantes, Jonathan Littel

Je suis rentrée dans le livre à reculon.

J'en avais eu un extrait à traduire lors de mon partiel, et j'avais trouvé le texte extrèmement mal écrit.
Finalement, après la lecture du roman, je reviens un peu sur mon jugement : ce n'est pas mal écrit, c'est vrai. Mais enfin, ce n'est pas bien écrit non plus. Je persiste à penser que ça ne méritait pas un Prix Goncourt, et surtout encore moins un prix de l'Académie Française.
C'est écrit.

Par contre, ce qui est indéniable, c'est que cet énorme pavé de près de 1400 pages est une vraie encyclopédie des actions des SS pendant la seconde guerre mondiale. Ce sont un peu plus de trois années de guerre qui sont racontées ici, du point de vue d'un SS, principalement chargé de faire des rapports, mais qui est aussi parfois amené à mettre les mains dans... la chose. Sa spécialité, un peu malgré lui, sera la fameuse "question juive", depuis ses débuts jusqu'à la débâcle. Il décrit avec minutie toutes les étapes, les dérives, les bonnes et mauvaises volontés au sein de la SS, qui ont fait du nazisme ce que l'on sait, et de la Sha ce que l'on sait également.

La thèse de notre narrateur est assez simple finalement.
N'importe qui aurait fait la même chose.
C'est assez rude. Quand même. Parfois.

"Encore une fois, soyons clairs : je ne cherche pas à dire que je ne suis pas coupable de tel ou tel fait. Je suis coupable, vous ne l'êtes pas, c'est bien. Mais vous devez quand même pouvoir vous dire que ce que j'ai fait, vous l'auriez fait aussi. Avec peut-être aussi moins de zèle, mais peut-être aussi moins de désespoir, en tous cas d'une façon ou d'une autre. [...] Les victimes, dans la vaste majorité des cas, n'ont pas plus été torturées ou tuées parce qu'elles étaient bonnesque leurs bourreaux ne les ont tourmentées parce qu'ils étaient méchants. Il serat naïf de le croire, et il suffit de fréquenter n'importe quelle bureaucratie, même celle de la Croix-Rouge, pour s'en convaincre."

"Et en effet la victoire aurait tout réglé, car si nous avions gagné, imaginez-le un instant, si l'Allemagne avait écrasé les Rouges et détruit l'Union soviétique, il n'aurait plus jamais été question de crimes, ou plutôt si, mais de crimes bolchéviques, dûment documentés grâce aux archives saisies [...] et ensuite tout le monde, Anglais et Américains en tête, aurait composé avec nous, les diplomaties se seraient réalignées sur les nouvelles réalités, et malgré l'inévitable braillement des Juifs de New York, ceux d'Europe, qui de toute façon n'auraient manqué à personne, auraient été passés par pertes et profits, comme tous les autres morts d'ailleurs, tsiganes, polonais, que sais-je, l'herbe pousse drue sur les tombes des vaincus, et nul ne demande de comptes au vainqueur, je ne dis pas cela pour tenter de nous justifier, non, c'est la simple et effroyable vérité, regardez donc Roosevelt, cet homme de bien, avec son cher ami Uncle Joe, combien donc de millions Staline en avait-il déjà tué, en 1941, ou même avant 1939, bien plus que nous, c'est sûr, et même si l'on dresse un bilan définitif il risque fort de rester en tête, entre la collectivisation, la dékoulakisation, les grandes purges et les déportations des peuples en 1943 et 1944, et cela, on le savait bien, à l'époque, tout le monde le savait plus ou moins, durant les années 30, ce qui se passait en Russie, Roosevelt le savait aussi, cet ami des hommes, mais ça ne l'a jamais empêché de louer la loyauté et l'humanité de Staline, en dépit d'ailleurs des avertissements répétés de Churchill, un peu moins naïf d'un certain point de vue, un peu moins réaliste, d'un autre, et si donc nos autres avions en effet gagné cette guerre, il en aurait certainement été de même, petit à petit, les obstinés qui n'auraient cessé de nous appeler les ennemis du genre humain se seraient tus un à un, faute de public, et les diplomates auraient arrondi les angles, car après tout, n'est-ce pas, Krieg ist Krieg und Schnaps ist Schnaps, et ainsi va le monde. Et peut-être même en fin de compte aurait-on applaudi nos efforts, comme l'a souvent prédit le Führer, ou peut-être pas, quoi qu'il en soit beaucoup auraient applaudi, qui entre-temps se sont tus, car nous avons perdu, dure réalité."

J'imagine que le livre a du faire polémique, quand même, et je pense qu'il y a de quoi, et que justement le débat à partir de ce livre peut être très intelligent, étant doné que le livre lui-même est très inelligent.

La comparaison au communisme est omni-présente. Et je pense qu'en effet, le discours va plus loin que le "vous auriez fait pareil". Le héro est un nazi convaincu, tout en n'étant pas un sadique antisémite. Son attachement au national-socialisme est déroutant.
J'avais au collège une prof d'histoire, communiste jusqu'au bout des ongles, qui s'obstinait à détacher la théorie communiste (tout le monde vit en harmonie, c'est la fraternité, c'est beau) et ce que les vilains bolchéviques staliniens en avaient fait. Et après tout, n'est-ce pas possible de le faire aussi pour le nazisme ? C'est en tous cas la question que pose le narrateur. Est-ce que ses convictions étaient si absurdes que ça ?

Là, je sens, vos avez tiqué. Oui, oui, moi aussi.
Mais après tout, l'avis du narrateur n'engage que lui. Et il est parfois très visible que l'auteur ne partage pas certains avis de son héro. Il lui oppose notament des détracteurs auquel il est bien incapable de répondre autrement que par des arguments bidons. Alors du coup, on ne sait plus trop quoi penser.

Je pense que c'est ça, la véritable thèse de l'auteur. Qu'il ne sait pas quoi penser. Que personne ne sait quoi penser dans le fond.
Le livre m'a rappelé mes horribles adieux à la philosophie, quand près avoir lu Schopenauer et Nietsche, je me suis dit qu'il valait mieux que je rentre chez moi et que je fasse des traductions ou des équations. Et justement, Schopenauer et Nieztsche, qui avec les Grecs étaient à la base de la "philosophie" nazie.
Comment décider de ce qui est bien, ou de ce qui n'est pas bien, lorsqu'on n'a pas de repère ? Au lycée, j'hantais la salle d'aumônerie pour essayer de savoir où était le bien et où était le mal. Je trouvais déjà que la Bible n'éclairait que des cas très simples. Et moi, j'étais confrontée sans arrêt à des cas très compliqués (enfin, j'étais ado, tout me semblait évidement HORRIBLEMENT compliqué).

D'autre part, il est un point sur lequel le narrateur s'emêle les pinceaux, c'est justement celle des races et donc celle des juifs. Là, je dirais qu'il explique mal. D'une part parce qu'il n'est pas sûr lui-même, et qu'il change d'avis au cours du livre. D'autre part parce que les autorités nazies elles-mêmes s'embrouillent, parce que les gens ne sont pas d'accord entre eux, parce que les gens changent d'avis eux aussi, parce que les avis les plus courants et les plus farfelus se mélangent au grés des discours officiels et des discussions autour d'une bouteille de vodka. Il n'y a plus rien qui tient en place. Peut-être tout simplement parce que c'est inepte. Après tout, ce n'est peut-être pas la peine de chercher plus loin.

Mais j'ai quand même eu une réflexion un soir en me couchant.
Imaginez.  Que vous jouez à civilisation, ou n'importe quel jeu dans le genre. Imaginez que le jeu est très développé et que vous avez une infinité de anipulations possible sur votre population. Vous êtes les verts, et vous avez déclaré la guerre aux rouges pour leur piquer leurs villes. Tout le monde sait que dans Civilisation, si vous ne voulez pas qu'il y ait des révoltes dans les villes, il faut y laisser des unités. Mais vos unités, vous en avez besoin, parce que sans elles vous ne pouvez pas continuer à envahir des villes rouges. Or, dans ce jeu (il faut croire que le jeu a été programmé par un nazi), justement, les gens dans les villes rouges sont contents de vous voir, sauf des petits bonhommes avec écrit "communiste" et "juif" dessus.  Moi, personnellement, quand je joue à Civilisation, je me contrefiche de la vie virtuelle des petits bonhommes. C'est un jeu, non ? Et le but du jeu c'est d'être le plus fort, sinon on perd, et moi j'aime pas perdre (c'est pour ça que je ne joue plus à civilisation depuis longtemps...). Donc, c'est très simple, "font chier ces c... et ces j...", et zou je les tue tous, comme ça au moins ils me fichent la paix. Et je peux continuer à envoyer mes unités attaquer d'autres villes.
Ahhhh... mais je suis une génocidienne ??? C'est horrible !
Et j'envoie une lettre à Microsoft pour dénoncer l'espèce de nazi qui a programmé le jeu, parce qu'il faut pas laisser ces types-là en liberté.

En définitive, j'ai essayé de chercher à qui ce personnage du héro me faisait penser.
On aurait pu le croire, mais en fait pas du tout à celui de La mort est mon métier.
Non, ce serait bien plutôt celui de L'étranger. Même si le héro des Bienveillantes est plus cynique, plus conscient, moins anti-héro que cet autre personnage. Mais por ma part je n'ai jamais été satisfaite des analyses de L'étranger que j'ai pu trouver, le personnage mesemblait bien plus complexe que ça, et donc l'idée me plaît, je je m'y tiens.

Mis à part ces insupportables prises de tête, et si tout ça ne vous débecte pas trop parce que vous trouvez que ça a un sale goût de néo-fascisme, le live est vraiment, mais alors vraiment vraiment bien. Je eux dire, si j'ai réussis à m'empiffrer 1400 pages en moins d'une semaine, c'est pas pour rien.

Enfin, il faut mentionner qu'aux tortures morales et aux obsessions morbido-fasciste du héro se mêlent d'autres obsessions libidino-scatologique, qui après tout peuvent parler aussi à certain lecteurs.
Pour ma part, les fantasmes sur les excréments ne me touchent pas. Ce n'est même pas que je trouve ça dégueulasse, ça serait déjà ça. Non, vraiment ça ne me touche pas du tout. J'avais l'impression de me retrouver à nouveau devant des toiles de Dali. Ce n'est pas que je n'aime pas Dali, ses peintures ne me parlent pas du tout, c'est tout. Au mieux, je trouve qu'il peint bien, ce qui n'est pas en soi très intéressant. En fait, la seule chose qui m'avait intéressée, c'était sa prise de bec avec les surréalistes, justement au sujet de son fantasme érotique autour d'Hitler... comme quoi...
Quant au libidineux de l'histoire, il s'agit d'un espèce d'Amélie Nothombisme (mais qu'est-ce qu'elle vient faire là ?) à la sauce homosexelle (et j'en ai déjà parlé, c'est un sujet que je ne cerne absolument pas). Moi, à la rigueure, Amélie Nothomb, j'aime, alors ça va, j'arrive à suivre un peu.

C'est fini pour cette note.
J'avais envie de raconter tout et n'importe quoi aujourd'hui...

Bilan de la semaine passée à Paris

Je tiens à noter avant de lancer cet article que quiconque appuie sur "play" prend le risque d'entrer dans mon univers musical.
On aime ou on aime pas, hein...
Donc, aujourd'hui, ça sera le groupe "Minimum Serious". J'en ai déjà parlé à quelques uns, j'aime beaucoup.

Mes grosses pierres :
Assister aux cours de Lettres Modernes :
J'avoue ne m'être pas réveillée pour le CM de lexico, mais j'avais appris la veille que je ne passerai que sur le TD pour le rattrappage. Pour le reste, j'ai bien rempli ma mission. Après tout, c'était le but pour lequel je m'étais rendue à Paris.
Je me suis égarée dans un cours de grammaire. L'affichage m'avait induise en erreur, et j'ai passé deux heures à regarder ma montre sans oser bousculer toute ma rangée pour sortir. C'était vraiment atroce. L'objet du cours a été la distinction entre les temps perfectifs et imperfectifs (des jolis mots pour distinguer en gros entre temps simples (comme le passé... simple) et composés (comme le passé... composé)), et la différence entre l'imparfait et le passé simple (l'imparfait est un action qui dure ou qui se répète et le passé simple uneaction brève). Bref, j'ai révisé les leçons que je faisais réciter au petit Jean l'an dernier endant mes heures de baby-sitting. Le petit Jean était au CM2. C'était à pleurer.
Heureusement, mes cours à moi se sont tous révélés très intéressants. Les deux cours de linguistique (typologie et lexico) sont tellement en accord avec ce que je fais ici qu'ils ne devraient pas poser trop de problème.
Reste donc à bien travailler ma littérature, et à réviser le latin.
Mais on verra tout ça un peu plus tard.

Récupérer les cours du premier semestre :
Assez calamiteux, les gens que j'interrogeais n'avait jamais choisi les mêmes options que moi. J'ai finalement réussi à avoir le numéro d'une fille qui me donnera un cours de linguistique.
Toujours est-il que je n'ai aucun cours en main.

M'assurer de récupérer les cours du second :
Plus réussi. Les élèves étaient tous prêts à me rendre service.
Même quelques professeurs m'ont promis de m'envoyer des documents.

Mes graviers :
Travailler pour le mini-mémoire de syntaxe et le mémoire :
C'est sans doute ce dont je suis le plus fière sur cette semaine. Je n'ai pas tant de temps que ça pour aller aux différentes bibliothèques, mais j'ai travaillé plutôt efficacement.
Tellement, que je me suis promis d'avoir bouclé mon mini-mémoire (recherche, rédaction et relecture) pour le premier avril. C'est pas une blague !
J'aimerais bien vous bassiner d'ici quelques temps avec ma syntaxe... niarc niarc niarc... je pense que vous n'y échaperez pas...

Faire mon rappel de vaccin :
Fait.

Aller à la piscine :
Pleine de bonne volonté, j'ai fait mon sac à dos mardi, pour aller à la piscine après les cours.
Mais pendant la journée, j'ai eu des crampes terribles dans les jambes. Jai attribué ça au vaccin, et j'ai décidé de faire pause sport pour une semaine.

Suivre la semaine sainte :
Je n'ai assisté en fait qu'au vendredi saint. C'était pour moi le plus important, et j'ai embêté tous les gens avec qui j'avais rendez-vous pour manger après à cause de ça ! Et oui, tout ça pour aller faire un bisou sur la croix.
La cérémonie était très simpathique, elle avait lieu dans une petite église souterraine rue de la Santé.
Pour le jeudi saint, nous avions rendez-vous en même temps pour manger avec la maman de Manue. J'ai été très heureuse de la revoir après toutes ces années.
Donc pas de jeudi saint. En y réfléchissant bien, je me suis rendu compte que je n'avais encore jamais participé à un jeudi saint !
J'ai été par contre très déçue de ne pas pouvoir aller au sacrement de réconciliation qui avait lieu le samedi matin dans la même petite église. Mais enfin, il fallait prendre le train.


Mon sable :
Acheter des moules à canelés :
Fait.
Et même des moules à madeleines.

Continuer le combat :
Calamité...
Bon, mais je vais reprendre, je vais reprendre...

Demander à la pharmacie si ils ont quelque chose pour mes ongles :
J'ai acheté un verni à ongle spécial, mais les résultats ne se sont pas montrés très concluants en une semaine. Par contre, depuis deux jours, j'ai adopté une autre technique (trouvée sur le net) et je plonge mes ongles dix minute dans de l'huile. Je suis bluffée par les résultats en seulement deux "séances".
Oui, oui, je sais, ma vie est passionnante.

Rattrapper quelques posts en retard :
J'ai écrit quelques posts, pas beaucoup.
En ligne bientôt.

Plein de lettres à écrire :
J'ai écrit quelques lettres, pas beaucoup...

Une petite bière :
J'ai retrouvé Lisa mardi soir. Un vrai bonheur. Il faudra que je vous raconte ses aventures journalistiques un jour. Croustillant à souhait.
Comme je l'ai déjà évoqué, j'ai dîné avec la maman d'Emmanuelle. On peut dire qu'elle a la forme...
Et puis un Higuma avec les gens bizarres et étranges de Paris s'imposait. J'avoue que j'avais eu une journée chargée, de cours et de recherches, et que je ne tenais pas vraiment la grande forme. Mais j'ai beaucoup apprécié (même si ça se voyais pas). Merci les gens !
Tout à fait par hasard, j'ai croisé une Chartiste. Pas de vraie bière, mais même quelques mots dans la rue ça fait plaisir. Courage Alice pour la suite !
Et puis surtout, une super semaine passée avec Manue et Joker. On s'est bidonnés à lire du Umberto Eco et à regarder Buffy (enfin, je me suis bidonnée... mais non, Manue, c'est pas ridicule, non, non...). Et j'ai beaucoup aimé Dr House (si, si, c'est vrai).

mardi, 25 mars 2008

Professeur Ronald


podcast
 

Entre Austerlitz et Gare du Nord, j'ai bien dû m'occuper pendant les 3 heures d'attente. J'ai joué les courageuses une demi-heure, assise dans les courants d'air sur ma valise dans un coin pisseux de la gare, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence que ce n'était pas de saison. Le bouquin était certe super, mais ce n'était pas encore assez pour déconnecter mon esprit des viles réoccupations matérielles.
Moi, boire un thé à cinq euros, c'est bien joli, mais c'est pas prévu dans le budget. Alors c'est bien triste, mais j'ai opté por le Mc Do. Là au moins - comme dans n'importe quel bar de Berlin, mais je dis juste ça en passant - le thé, ça coûté 1,50€, et on me fiche la paix.
Au Mc Do de la gare du Nord, c'est pas comme au barde la gare. Les trois quarts des gens sont blacks, un sur dix doit dépasser les vingt-cinq ans. Même les filles "européennes" portent leur bébé sur le ventre enturbané dans les foulards multicolores. La musique de fond sort tout droit des ondes skyrock ; j'ai beaucoup écouté skyrock dans le temps, l'ambiance du Mc Do à des allures de RER B, la journée de travail finie, lorsqu'on entre en banlieue.

J'ai bu mon thé, le nez plongé dans mon bouquin, pendant plus de deux heures. A la table à côté, il y a un autre gars tout seul, qui se noie dans des feuilles de papier couvertes d'équations.
Y aurait-il plus d'étudiants qu'on le croit qui bûchent au Mc Do ?

J'ignore si l'affaire avait dépassé le cadre de l'Allemagne, mais on a parlé il y a quelques mois de l'"Abschluss Mc Donald". L'oncle Ronald proposait en effet de céer un diplôme, un équivalent du baccalauréat, pour ses employés. L'Etat a tout de suite refusé: c'était une intervention d'une entreprise privée dans ce qui relève du domaine de l'Etat.

jeudi, 20 mars 2008

Bon, j'ai promis de donner des nouvelles...

... alors j'en donne.

Tout va bien !!!

PS : J'ai découvert un chanteur trop top, Aoi, qui chante "Vision". Mais impossible de le retrouver...