vendredi, 30 novembre 2007
Aristote et les japonais
J'ai bien sûr raté une occasion de me taire ce matin, en disant "si c'est trop nul, je m'en vais". Nul ?
Mais c'était super génial, il m'est rien arrivée de plus jouissif depuis des mois !
C'est d'ailleurs vraiment un cadeau du père Noël cosmique cette journée, car allez savoir pourquoi j'ai entendu parler de cette journée-conférence et allez surtout savoir pourquoi j'y suis allée...
A part moi, les seuls étudiants lambda étaient les élèves du professeur de philosophie du langage français, celui qui avait organisé la journée, et une poignée de doctorants ou professeurs hyper calés, ça leur demandait dix minutes de poser une question tellement la question était compliquée, bien présentée et argumentée.
Le premier intervenant, Sylvain Auroux (sans doute que Winnie aura tiqué sur son nom, mais bon, pour ma part il faut pas m'en vouloir, j'ai préparé l'ENS Paris, et dans les programmes de l'ENS Paris figure l'obligation d'être snob et jacobiniste avant l'heure, et on ne va quand même pas s'abaisser à parler des gens de l'ENS Lyon, faut pas charier). Il s'agit donc de l'ancien directeur de Fontenay, ENS Lyon, celui qui a opéré la "décentralisation" de l'ENS. Il a arrêté depuis 2 ans, et se consacre maintenant uniquement à la recherche.
C'est d'ailleurs toujours comme ça, les meilleurs profs d'université sont toujours des profs émérites qui veulent à tout prix faire de la recherche, et surtout pas perdre leur temps à donner des cours à des étudiants, de toutes façons les étudiants sont tous des incultes, c'est bien connu, les jeunes ne sont plus ce qu'ils étaient, et autant écrire des livres, au moins on est sûr que c'est nos collègues intelligents qui les liront, ça sera pas perdu pour tout le monde.
Cela dit, Sylvain Auroux était vraiment intéressant, il sait de quoi il parle et il a une bonne tchatche, on ne s'endort pas pendant sa conférence. Son propos était d'ailleurs vraiment pertinent et inhabituel. Au lieu d'un cours de linguistique, j'ai eu un aperçu de ce qu'étaient les diverses positions des chercheurs, divisés donc entre naturalistes et culturalistes, ce que ça impliquait, placé dans une vision autant philosophique que politique, qu'économique (puisque la recherche, c'est aussi une bagarre pour avoir ses crédits pour lancer un programme de recherche, chacun défend son beefsteack, et c'est bien beau de parler de synthèse et tout ça, mais quand il s'agit de sousous, c'est la loi de la jungle).
Le conférencier est d'ailleurs pas du genre à faire de cadeaux à ses "adversaires". Il ne mâche pas ses mots. Les naturalistes sont des crétins (sic) et on ne peut même pas discuter avec eux puisqu'il sont incultes (resic). Il ne voit vraiment pas pourquoi dans ces conditions leur laisser le fric. Ils racontent n'importe quoi, un point c'est tout.
Comme je l'ai dit, c'est vraiment quelqu'un de très intelligent. Et grâce à son intervention, j'ai compris un tas de choses.
Dont une assez drôle : toutes les démarches scientifiques qu'il a critiquées, et encore plus celles qu'il a critiqué le plus violement, c'est justement celle que j'adore. Et vlan dans les dents du généralisme, du déterminisme et du réductionisme... Ils racontent n'importe quoi. Et j'ai compris alors une chose importante : c'est justement parce que ça ne marche pas que j'adore ces théories. C'est les beugs qui m'intéressent le plus. Je suis tout à fait d'accord avec Sylvain Auroux, mais ça aurait plutôt le don de m'amuser follement que de m'énerver. D'ailleurs quoi de plus jouissif que du Gödel ? Non, sincèrement, c'est génial... J'ai donc enfin compris ma grande passion pour la physique quantique. Et le chat de Schrödinger. Parce que ça ne marche pas (dans le fond, j'en ai toujours voulu au physicien qui a "résolu" le paradoxe du chat de Schrödinger ; aujourd'hui j'ose enfin l'affirmer, il n'a rien résolu du tout :) quelle joie !).
Je passe rapidement sur cette première conférence, et encore plus sur les deux qui ont suivi. C'est pas vraiment que ce n'était pas intéressant, pas du tout. C'était intéressant, mais les deux conférenciers ont lu leur papier d'un bout à l'autre. Ca a donné de très jolies phrases, moins de "heu", mais c'était à mourir d'ennui. Il y a donc forcement un moment en plein milieu où j'ai pensé à autre chose et j'ai complètement déconnecté de ce que le conférencier était en train de dire. Le troisième avait une voix magnifique, c'est fort dommage. Son plan était tellement bien découpé que c'en était à pleurer. Toute la vérité de la philosophie du langage tenait décidement en 3 parties subdivisées en 3 sous-parties, subdivisées en 3 points.
Après chaque conférence, il y avait bien sûr des questions. Si possible très très longues et très compliquées. Je dois dire que le niveau était franchement élevé, et les conférenciers avaient du mal à se dépatouiller des incohérences de leurs propres disciplines, des problèmes vicieux insurmontables que posent encore l'état des connaissances scientifiques dans le domaine de la philosophie du langage.
Pour Sylvain Auroux, remarque, c'était simple : il avait raison, les autres avaient tord, à commencer par ceux qui posaient des questions. Il avait le mérite d'être franc et direct. Les deux autres se sont englué dans le oui-vous-avez-tout-à-fait-raison-si- on-voit-ça-de-votre-point-de-vue-mais, intenable bien sûr. J'ai trouvé que le propos du deuxième conférencier avait été très clair, et que les questions partaient d'une incompréhension de ce qu'il avait déjà expliqué. Malheureusement il s'est embrouillé les pinceaux, j'avais envie de lever le doigt pour répondre à sa place. Mais il n'osait pas dire aux questionnants qu'ils n'avaient pas bien compris. Sylvain Auroux a été tout bonnement ignoble avec le troisième, le plus jeune je pense. Le pauvre a dû se croire retourné au moment de sa soutenance de mémoire, en face d'un gars super plus intelligent que toi qui te pose des questions piège dont il connait très bien la réponse, mais il veut juste tester si ton propos tiens la route. Horrible. J'avais pitié pour lui.
Mais trève de plaisanterie.
Il était 16h et pendant la pause café, les trois quarts des gens s'étaient tirés (qui a envie d'écouter un truc sur la philosophie du langage au Moyen-Âge alors qu'on a vu l'état des connaissances actuelles ? c'est trop inutile ! Il est bien évident que la science allant en progressant, la science actuelle est plus développée que la science des inculturés qui se lavaient trois fois par an).
Et c'est là qu'ELLE est arrivée.
Puisque j'ai rencontré aujourd'hui MON maître, le pinaaaaacle de la connaissance faite femme.
Irène Rosier-Catach est directrice de recherche au CNRS (ça a été mon grand rêve du temps des années lycée, aller au CNRS... j'ai malheureusement vite compris que c'était encore pire que devenir ingénieur, qu'intégrer l'ENS et que devenir ministre réunis). Elle tiens aussi un séminaire à Jussieu (le mardi je crois), c'est dégueulasse, c'est toujours les mêmes qui ont des bons profs.
Non contente d'être bien sûr immensément intelligente et de maîtriser la philosophie du Moyen-Âge sur le bout des doigts (et celle de l'après Moyen-Âge), elle a tenu un discours très vivant (sans avoir le nez dans sa feuille), avec une expression parfaite, elle était claire, précise, passionnée... Ca a dû facile durer une heure et demi, pendant laquelle j'ai pas décroché un instant, gratté sur ma feuille et je la fixais bouche bée comme une crétine.
Je ne suis même pas sûre qu'elle s'en soit rendu compte elle-même, mais elle a, je crois, répondu à toutes les questions qui avaient été posées aux autres intervenants après leur discours. C'était grandiose, c'était...
Bref, au moment où tout le monde l'a applaudie, j'avais les larmes aux yeux, je vous jure, et j'avais envie de me lever, mais j'ai bien senti qu'une standing ovation à un c'était un peu limite.
Je suis allée lui parler à la fin de la conférence, j'avais la gorge toute nouée, je n'arrivais pas à aligner trois mots et j'avais vraiment l'air d'une cruche. Mon sujet a eu l'air de l'intéresser, elle en savais bien plus que moi déjà et elle m'a proposé de me conseiller une bibliographie. J'ai donc son adresse mail désormais, écrite avec sa propre main. C'est merveilleux.
Il se trouve qu'en Khâgne j'ai eu la chance d'avoir M. Nodé Langlois, un professeur de philosophie grandiose, immensément intelligent. Peut-être trop, pas assez prof et trop, bien trop au dessus du niveau prépa pour que nous comprenions quoi que ce soit quand il abordait les sujets qui lui tenaient vraiment à coeur. Or son grand grand truc, c'était Aristote, Saint Augustin et Saint Thomas d'Aquin. Il s'agit d'ailleurs je pense d'un des plus grands spécialistes de la pensée de Saint Thomas d'Aquin. Il ne nous en parlait presque jamais, même si il abordait souvent Aristote, mais il avait pitié de nous je crois.
Le sujet de la conférence donnée par Irène Rosier-Catach était justement l'aristotélisme et l'augustinisme. C'est à dire non pas tellement Aristote et Saint Augustin, mais la "réception", c'est à dire les commentateurs de ces deux philosophes. Tout particulièrement Bacon.
Elle s'est beaucoup appuyé sur la discution au Moyen-Âge au sein de la Chrétienté sur le sacrement. Parce que bon, tout le monde connaît Austin, quand dire c'est faire, le discours performatif toussa toussa, mais au Moyen-Âge on connaissait déjà (et oui). Et déjà, on liait fortement le rite et la linguistique.
Et là commence la grande question sur le signe. Certes, au Moyen-Âge, on ne parle pas encore de signifiant/signifié (c'est Saussure qui introduira cette terminologie) mais enfin l'idée est déjà là. La discussion autour du signe fait rage. D'après Augustin, tout peut être signe. Un mot est un signe, certes, mais un brin d'herbe est aussi un signe. Tout peut devenir signe à une condition : que pour celui qui perçoit l'entité, celle-ci signifie autre chose de plus. Que lorsque je vois de la fumée, celle-ci m'indique le feu. La fumée devient signe. Le brin d'herbe peut devenir signe du Créateur, tout dépend de celui qui le regarde. Si celui qui le regarde y voit la marque de Dieu, alors il est signe. Sinon, il est objet insignifiant.
Le débat va par exemple se situer sur le pain de l'eucharistie qui est corps du Christ. Du pain, ce n'est pas un corps humain. C'est justement la différence entre le signe et le signifié. Pour que le signe soit signe, il DOIT être différent de ce à quoi il renvoie. Ce qui ne veut pas dire forcement qu'il soit substanciellement autre. Le pain est donc différent du corps, et pourtant la substance est la même. La substance qui se trouve sur l'autel est bel et bien le corps du Christ. C'est du pain, certes, mais le pain est le signe. Mais c'est encore un peu plus compliqué. Car si le pain devient signe du corps du Christ, c'est par le sacrement. "Ceci est mon corps", le signe fait ce qu'il dit. C'est donc le fait de dire "ceci est mon corps" qui fait le signe signe et corps le pain.
Dit comme ça, ça sent un peu l'escroquerie, le tour de magie facile. Je dis dans le chapeau il y a un pigeon, et le chapeau est vide mais comme j'ai dit qu'il y avait un pigeon, c'est qu'il y a un pigeon. Au moins, les vrai magiciens, ils font apparaître le pigeon. même si on sait qu'il y a un truc, c'est au moins marrant. D'accord. Mais déjà Irène Rosier-Catach explique vachement mieux que moi, et en plus j'ai pas fini. Pour que la signification du signe soit possible, il faut accord. C'est évident : pour que le mot "cheval" veuille dire "le truc à quatre pattes qui galope dans la prairie et que oeil-de-lynx abat d'un seul coup de javelot", il faut que le gars qui dit "cheval" et le gars à qui il dit "cheval" soient d'accord sur le signe. Si je montre Germaine qui broute paisiblement ses pâcquerette et que je dit que c'est une "vache" à un serbe, et qu'il se met à rigoler, mais non, n'importe quoi ! ("vasch" veut dire "pou" en serbe), c'est parce que le pacte n'a pas eu lieu. On ne s'est pas mis d'accord. Là on parlait en français, d'accord ? Alors tu fais ch... t'écoutes jamais quand on te dit les trucs. Bref, revenons à notre Eucharistie. Le pacte, c'est entre Dieu et les hommes. Facile que vous direz encore. Ben oui, mais c'est la Foi. Cette fois-ci, j'y peut rien. Mais dites-vous bien que c'est pareil dans la société. Si quand le maire dit "vous êtes désormais mari et femme", les deux petits n'amoureux sont mariés, c'est parce que le pacte a été conclu : dans le code civil, il est dit que quand le maire prononce cette phrase, les gens sont mariés. C'est comme ça.
Mais c'est encore un peu plus compliqué que ça. Lorsque le prètre dit "ceci est mon corps", il rapporte la parole de Jésus. Discours rapporté, facile, j'ai fait ça en CE2. Mais dans le discours rapporté, un déictique ne peut pas renvoyer à un objet présent. Normalement. C'est pas ce pain là que Jésus a désigné, parce que faut pas déconner, c'était y'a 2000 ans, et le pain il a pas l'air si avarié que ça. C'est ça ce qu'il y a de plus fou : ce n'est pas parce que le pain est le corps du Christ que le prètre dit que "ce pain est le corps du Christ". Mais c'est parce que le prètre a dit que cela était le corps du Christ, et parce que le signe fait ce qu'il dit, que le pain est corps. La parole modifie physiquement la réalité.
A cela se greffe toute une réflexion sur la promesse. Lorsque je dis quelque chose, je suis libre de mentir. Mais ce que j'ai dit a physiquement changé le monde, et par là je suis responsable de mon langage. C'est pour cela que l'engagement est si important, et que par exemple l'Eglise refuse le divorce. Mais à la rigueur, la question n'est pas ce que l'Eglise en pense, mais ce que je fais de mon langage. Ca, j'avoue, c'est un peu compliqué. C'est parce que le Moyen-Âge n'a pas la même notion que "nous" (j'entends ce que en général on entend par vérité, qui est fortement ancré dans un paradigme naturalisme --> et hop, on rejoins ce dont a parlé le Sylvain Auroux) de la vérité. J'ai parlé tout à l'heure de la fumée. Si la fumée est fumée ou si la fumée est signe de feu, comment puis-je dire si l'un est vrai et l'autre est faux ? Puisque signe, c'est pour quelqu'un. Le "pour quelqu'un" est plus important que le "brin d'herbe" ou "fumée" ou "signe de feu". Irène Rosier-Catach explique cela comme ça : "la relation au datif est plus importante que la relation à l'accusatif". Ca sonne un peu théorie linguistique bien compliquée, mais c'est quand même très parlant je trouve. La vérité est vérité pour quelqu'un (mais ça, hein, c'est UN PEU Einstein... c'est ce que j'ai essayé d'expliquer à mes examinateurs au bac d'Histoire des Arts, mais ils m'ont dit que c'était n'importe quoi).
A cela se greffent plein de questions encore plus passionnantes et compliquées. Comment parler de Dieu, puisque Dieu est parfait, le langage humain (donc imparfait) et les voies du Seigneur impénétrables ? Il faut alors partir du principe que parler, ce n'est pas forcement dire la vérité de ce dont on parle, et que le langage exprime plus que ce que l'homme comprend. Quand je dis "infini", je ne pense pas l'infini, parce que l'infini est impensable, et pourtant j'exprime l'infini, puisque tout le monde sait que je parle de l'infini que personne ne peut comprendre. Prise de tête, hein ? Mais attendez... le pire reste à venir. Car figurez-vous que dans la Bible, il y a un passage où les anges parlent entre eux. Les anges parlent entre eux ? Mais POUR QUOI FAIRE ?!? Ils n'ont rien à se dire puisqu'il savent tout. Genre, Gabriel va pas dire à Michel, "tu sais, j'ai été voir Marie l'autre jour, pour le bébé, blabla...". parce que Michel "ben oui, je sais, c'est écrit de toute éternité dans le savoir absolu que Dieu m'a conféré". La parole a donc quelque chose de plus que l'information (et hop, résumé en trois secondes l'exposé de M. Le Conférencier n°2).
A cela rétorque Sylvain Auroux que pour lui de toutes façons le pain c'est du pain et que les anges parlent, mouais, ça c'est vous qui le dites, et pof, toute votre argumentation tombe à l'eau.
Mais bon, qu'est-ce que vous voulez discuter dans ces conditions...
Ah, au fait, M. Sylvain Auroux, c'est pas vous qui avez disserté pendant un quart d'heure pour expliquer que dans Le discours sur l'origine de l'inégalité entre les hommes de Rousseau, l'homme originel n'était pas une réalité mais une convention sans quoi le discours scientifique n'est pas possible ? Que dans la lettre sur les sourds et muets de Diderot on a bien affaire à un sourd "de convention" ?
Mais bien sûr, des anges, faut pas charier.
Rhô... M. Sylvain Auroux, je vous ai pris en flagrant déli de paradigme naturaliste là je crois.
23:00 Publié dans Le feuilleton du moment : Notker | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Et remerci
Il m'a fait grandir, il m'a posé les questions les plus dérangeantes, il m'a aussi beaucoup aidé, lui et sa chetron de sauvage.
12:00 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pitite note du matin
A 5h mon organe principal reprend du service (je parle bien sûr de mon estomac) et j'ai faim, c'est vraiment fichu.
11.15 Uhr Marc Crépon (Paris): "La promesse des langues"
14.15 Uhr Denis Thouard (Lille/Berlin): "Du langage à l'interprétation"
16.15 Uhr Irène Rosier-Catach (Paris): "Aristotélisme et augustinisme dans la philosophie du langage médiévale"
Bon, et si vraiment c'est trop nul je vais à a bibliothèque et j'aurai peut-être enfin passé une journée productive (j'ai honte, quand je vois comment mes amis en France galèrent pour avoir accès à une bibliothèque de voir à quel point mon mémoire n'avance pas, alors que j'ai tout ce dont j'ai besoin).
Si, si, je vous ferai cet article un jour, ne serait-ce que pour répondre un peu mieux à Yoda à qui j'ai juste affirmé l'an dernier que le verbe allemand a une position finale (maintenant je sais pourquoi, c'est-y pas merveilleux ? j'en suis toute bouleversée d'excitation).
06:45 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 27 novembre 2007
Les dents de la mer

23:20 Publié dans Rubrique Mode | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ca sent bon Noël...
... où comment j'ai claqué plein de fric, été totalement improductive et ai passé une super matinée.
Depuis que Winnie recrute pour Lush (elle cherche en ce moment à avoir un poste chez eux, histoire d'être enfin payée pour tout les clients qu'elle leur amène), je suis moi aussi devenue une Lush-adict, mais point trop n'en faut parce que c'est quand même un chouilla cher.
J'avais fait mes achats de rentrée en septembre, me procurant un super shampooing qui fait pousser les cheveux (Jumping Juniper) et un savon au sable qui sentait super bon le citron et en plus avait un côté sable pour faire gommage et rendre la peau toute douce.
Mon pauvre shampooing au sable a malheureusement été victime des préjugés honteux de cette société superficielle où l'on ne juge que sur l'apparence (en clair : j'ai retrouvé mon super savon amputé de sa partie sable parce que mon papa prévenant avait jugé qu'il fallait jeter à la poubelle "cette partie, là, qui était toute abîmée et grisâtre"). Sniff pour le savon donc, qui arrive à sa fin, ainsi que mon shampooing qui prodigue cette semaine ses derniers bienfaits avant de finir complètement désintégré dans le siphon de ma baignoire. Sniff le shampooing.
Bref, tout ça pour dire que
Il était temps que je retourne faire des courses chez Lush.
J'avais bien marqué au surligneur dans le catalogue les trucs que je voulait et tout et tout... et quand je suis arrivée sur place, bien sûr, Noël oblige, y'avait plein de nouveaux produits qui sentaient trop bon l'orange, le pain d'épice, et le sapin (? heu...).
J'avais envie d'essayer une gelée de douche, à la place d'un savon, juste parce que ça avait l'air rigolo. J'avais déjà pris ma gelée apaisante, spéciale allons faire dodo et reprendre des forces pour travailler demain, puis j'ai tripoté pour rigoler la gelée de Noël dans le récipient-testeur et j'ai reniflé mes doigts... j'ai failli tout lâcher pour m'emparer de cette déesse des bonnes odeurs incarnée en gelée Lush. L'est à moi, pas toucher, je l'ai trouvée la première, je la prend, ôtez-vous de mon chemin, où est la caisse s'il-vous-plaît.
Donc demain, puisque j'ai rendez-vous avec Manika pour aller se prélasser dans le sauna faire du sport, on testera ensemble cette merveille du génie humain.

Bon, ça a l'air sympa comme ça sur la photo, mais en vrai ça a plutôt une gueule de Flamby écrasé au fond du sac à commission, ou plutôt de l'amas des trucs gélatineux du poulet que tout le monde a enlevé de son assiette dans le ramequin qui sert de poubelle de table au repas de Noël. Mais bon, ça a l'air rigolo quand même (non ?).
J'ai donc, à la place de l'autre, une super gelée de bain spéciale allons faire la fiesta jusqu'à l'aube pour fêter l'arrivée du Père Noël, et mes rêves de bosser un jour sont réduits à néan, mais peu importe.
J'ai bien sûr aussi acheté plein de trucs absoluement indispensables bien évidement, mais je mettrai mes commentaires sur le blog de Winnie (c'est elle qui spamme son blog avec de la pub Lush, pas moi, d'abord).
Après ça, trop tentant, j'avais pas eu le temps de me réchauffer dans le magasin Lush, et y'avait un Starbucks à 2m, alors...
Avant de quitter Steglitz, je suis passée à ma boulangerie préférée. Ils font plein de viennoiseries, de pâtisseries et de gâteaux à la crème délicieux et qui coûtent presque rien (25 centimes la pâtisserie et 85 centimes la part de gâteau, en gros). J'y ai traîné Manika une fois, et maintenant c'est elle qui me dit ce que je dois aller y goûter. Elle m'a conseillé leur Käsesahneschnitt (littéralement : part de crème de fromage), c'est à dire pour parler français leur cheesecake, très très bon. J'en ai donc acheté une part en passant, mais il faisait froid alors je voulais pas manger dehors.
Je l'ai donc goûtée au Starbucks, accompagnée d'un grand verre de chocolat chaud viennois. Chocolat chaud et cheese cake... oui, je sais, mais ça faisait longtemps d'abord et...
Donc confirmation, ce cheese cake est exactement identique à celui du Starbucks, en un peu moins bourratif, et surtout (triste !) on sent trop le goût de la cerise et pas assez celui du fromage.
Faut donc que je repasse voir si ils l'ont pas en version non-cerise dans un coin que j'aurais pas vu...
The end
(of this article absolutly palpitant, où je raconte encore une fois de plus ma life que personne en a rien à cirer)
17:05 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Problème de syntaxe
Lodi à nouveau confrontée à un problème insurmontable... se tourne vers ses amis lecteurs pour demander confirmation d'un fait de langue en français.
Je dois en effet répondre à une question fort simple : "comment analyse-t-on les propositions relatives dans la littérature (sous-entendu : la littérature d'analyse syntaxique en grammaire générative) ?
Question fort simple, puisque à la page 57 de l'extrait que nous devons lire pour répondre aux questions, on peut lire la phrase suivante "Dans la littérature, les propositions relatives sont analysées comme des adjonctions." Suivie d'un petit exemple "le livre que je lis", c'est évident et c'est très simple.
Mais mais mais...
Cette phrase se trouve inscrite au chapitre qui concerne les propositions nominales. Or, on ne parle pas des propositions relatives dans le chapitre réservé aux propositions verbales.
Or, je réfléchis (si, si) et je me dis que les propositions relatives régies par un verbe ne sont pas des adjonctions mais des compléments.
Quelle est la différence entre adjonction et complément ? C'est très simple (c'était la question précédente) : le verbe (ou le nom, ou l'adjectif, ou peu importe) peut demander obligatoirement un complément. Mais les adjonctions viennent en plus.
Par exemple :
"promener [son chien] [le soir]"
"son chien" est un complément, et "le soir" est une adjonction.
Or à mon avis, la proposition relative dans "promettre que l'on dira la vérité" est un complément.
Et de plus, je n'arrive pas à trouver de phrase dans laquelle la propositions relative fonctionnerait comme une adjonction.
Donc, dans les propositions verbales, les propositions relatives seraient des compléments.
Mais à ce moment, je me demande si ce n'est pas aussi le cas pour certains noms.
Par exemple "le fait que..."
J'en arrive donc à ma question (après avoir écrit un article super long et incompréhensible alors que je voulais juste poser cette petite questions, mais tant pis) :
est-ce que l'on peut dire "le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance"
Cela dit, Yoda vient déjà de répondre, et je ne sais plus comment démontrer quoi que ce soit vu qu'on peut très bien dire " le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance n'ont aucun rapport".
Alors je suis complètement perdue, pourtant il y a une différence...
Oh et puis zut, de toutes façons les démonstrations des auteurs du bouquins sont complètement foireuses aussi, et la grammaire générative ne fait que s'auto-poser des problèmes dans ses analyses hierarchiques, alors prout.
Comment est-ce que je peux me prendre la tête depuis hier après-midi pour des trucs aussi inutiles ?
12:10 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
samedi, 24 novembre 2007
C'est pas sorcier
La meilleure imitation de "c'est pas sorcier"... les Guignols, vendredi 23 novembre.
Toi aussi tu es nostalgique, hein ?
22:46 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rhâââ le bonheur...
Manika Ivanovna, son grand truc, c'est le sauna.
Elle s'est livrée à une une fouille méthodique de tout Berlin pour trouver LE sauna qui lui plairaît. A chaque fois que je la vois elle me parle de trois ou quatre nouveaux endroits qu'elle a trouvé, qu'elle a testés, leurs qualités, leurs défauts. Rien qu'avec ses tests de saunas, elle devait bien en faire 2 fois par semaine minimum.
Manika a enfin trouvé LE sauna qui lui plaît. C'est à deux pas de la fac, c'est chaleureux, c'est classe, c'est pas très cher et y'a des équipements pour se muscler et tout.
Alors comme je suis encore un peu KO de la semaine dernière, je lui ai proposé de l'accompagner. Bien envie de voir ce que c'était un sauna.
Je me voyais déjà sifflant "Tee for two and two for tee" dans un nuage de vapeur...
Donc on y a été ce matin...
et qu'est-ce que c'est trop bien !!!
Trop le bonheur... On est juste allongée, et il fait chaud, et on dégouline de sueur, et après on prend une douche bien glacée, et on paresse sur les chaises longues en buvant un thé.
Allez, la prochaine fois j'apporte mon huile et on se fait des massages.
Heu... moi j'ai dit "prochaine fois" ?
17:10 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Maternelle, tu me manques
00:54 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 23 novembre 2007
Nouvel an
Discussion animé ce matin sur msn avec Stevan.
Lui :
"Tu sais, j'ai vraiment envie qu'on aille à Paris pour le nouvel an.
- Non, mais quand même, j'aimerais aller à Paris.
- Tant pis, Paris c'est quand même bien.
- Si, si, je veux toujours aller à Paris.
- Non, pas changé d'avis, on va à Paris.
- Mais si, on va à Paris.
- J'ai dit Paris.
- Non, Paris.
- NAN Paris.
- NAN Paris.
- NAN Paris quand même.
- On a dit Paris, c'est Paris.
- Paris.
- C'est pas grave, on fera rien mais on sera à Paris.
- Paris.
- NAN, Paris.
- Paris je te dis.
- NAN ! Paris !
- Bon, on fait ce que tu veux..."
Nous disions donc, Nouvel An à Belz. :)
14:16 Publié dans Rubrique Evènement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note