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mardi, 27 novembre 2007

Problème de syntaxe

Lodi à nouveau confrontée à un problème insurmontable... se tourne vers ses amis lecteurs pour demander confirmation d'un fait de langue en français.

Je dois en effet répondre à une question fort simple  : "comment analyse-t-on les propositions relatives dans la littérature (sous-entendu : la littérature d'analyse syntaxique en grammaire générative) ?
Question fort simple, puisque à la page 57 de l'extrait que nous devons lire pour répondre aux questions, on peut lire la phrase suivante "Dans la littérature, les propositions relatives sont analysées comme des adjonctions." Suivie d'un petit exemple "le livre que je lis", c'est évident et c'est très simple.

Mais mais mais...

Cette phrase se trouve inscrite au chapitre qui concerne les propositions nominales. Or, on ne parle pas des propositions relatives dans le chapitre réservé aux propositions verbales.

Or, je réfléchis (si, si) et je me dis que les propositions relatives régies par un verbe ne sont pas des adjonctions mais des compléments.
Quelle est la différence entre adjonction et complément ? C'est très simple (c'était la question précédente) : le verbe (ou le nom, ou l'adjectif, ou peu importe) peut demander obligatoirement un complément. Mais les adjonctions viennent en plus.
Par exemple :
"promener [son chien] [le soir]"
"son chien" est un complément, et "le soir" est une adjonction.

Or à mon avis, la proposition relative dans "promettre que l'on dira la vérité" est un complément.
Et de plus, je n'arrive pas à trouver de phrase dans laquelle la propositions relative fonctionnerait comme une adjonction.
Donc, dans les propositions verbales, les propositions relatives seraient des compléments.

Mais à ce moment, je me demande si ce n'est pas aussi le cas pour certains noms.
Par exemple "le fait que..."

J'en arrive donc à ma question (après avoir écrit un article super long et incompréhensible alors que je voulais juste poser cette petite questions, mais tant pis) :
est-ce que l'on peut dire "le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance"

Cela dit, Yoda vient déjà de répondre, et je ne sais plus comment démontrer quoi que ce soit vu qu'on peut très bien dire " le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance n'ont aucun rapport".
Alors je suis complètement perdue, pourtant il y a une différence...

Oh et puis zut, de toutes façons les démonstrations des auteurs du bouquins sont complètement foireuses aussi, et la grammaire générative ne fait que s'auto-poser des problèmes dans ses analyses hierarchiques, alors prout.
Comment est-ce que je peux me prendre la tête depuis hier après-midi pour des trucs aussi inutiles ?

Commentaires

Pour moi, les propositions relatives qualifient leur antécédent et ont la même fonction grammaticale que les adjectifs. C'est sans doute pour ça que ton bouquin dit qu'on peut les analyser comme des adjonctions, et les classe dans le chapître des propositions nominales.

Les propositions verbales sont plutôt des propositions subordonnées conjonctives, comme dans "Promettre que l'on dira la vérité".

"Le fait que tu sois ici" est aussi une subordonnée conjonctive. Pour faire la différence, il suffit de voir que le pronom relatif a toujours une fonction dans la proposition relative. Alors que la conjonction de subordination n'en a pas ("que" n'a aucune fonction dans la phrase "tu es ici").

"le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance" me semble tout à fait correcte comme phrase.

Je n'ai jamais étudié la grammaire générative, mais ça a l'air intéressant ... (et aussi pas mal prise de tête !! ^_^ )

Écrit par : Raccoon | mardi, 27 novembre 2007

Propositions subordonnée relative / proposition subordonnée conjonctive... mais bien sûr comment j'ai pu oublier une chose pareille ! (peut-être, remarque, parce que ça fait 10 ans que j'ai plus parlé de trucs aussi passionnants).

Donc les verbes ne régissent jamais de relative, mais des conjonctives...
C'est bien ça ?
(zut, pourquoi n'ai-je pas gardé l'adresse de ma maîtresse de CE2...)

Écrit par : Lodi | mardi, 27 novembre 2007

J'ai anticipé la réponse des geek ("wikipédia est ton ami") et je suis allée faire un tour sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Proposition_subordonn%C3%A9e_relative

Mais que dire de la relative attributive ?... hein ?

Écrit par : Lodi | mardi, 27 novembre 2007

Autre remarque, à propos de l'expression "le fait que..." :

Je suis d'accord que la phrase
"le fait que tu sois ici et celui que l'heure avance n'ont aucun rapport"
est correcte.

Mais par contre, celle-ci
"le fait que tu sois là et celui que le train n’ait pas eu de retard ne changent rien à l’affaire"
il me semble que ça pose un problème, non ?

PS : Die Kuhzeitung, le blog où on a des débats intellectuels vachement de haut niveau

Écrit par : Lodi | mardi, 27 novembre 2007

La proposition relative est enseignée à l'Education Nationale comme une expansion du groupe nominal au même titre que l'adjectif et le complément de nom. Elle complète un nom appelé antécédent et commence par un pronom relatif: qui que quoi dont où duquel auquel lequel et leurs composés.
Dans la phrase" promettre que", que est une conjonction de subordination qui introduit une proposition subordonnée complétive dont la fonction est COD.
Un pronom a une fonction grammaticale dans une phrase, une conjonction, non.( revoir nature et fonction)
Ensuite, je ne comprends pas tout: en effet dans "promener son chien le soir" son chien: groupe nominal dont la fonction est COD et le soir : groupe nominal dont la fonction est Complément Circonstanciel de temps.
Et si tu trouves une instit de CE2 qui enseigne les propositions subordonnées, dénonce-la à son inspecteur car ce n'est pas dans les programmes!

Écrit par : L'instit | mercredi, 28 novembre 2007

Il faut effectivement faire une traduction grammaire scolaire - grammaire générative, mais en gros les constituants (groupes de mots formant une unité) assurant les fonctions de COD et de COI sont considérées comme des Compléments.

Les constituants qui assurent les autres fonctions sont des Adjonctions, parce que l'on peut construire la phrase sans eux.

Donc j'ai bien compris que j'avais pris "proposition relative" pour n'importe quelle proposition introduite par un "que" ou assimilé, j'avais complètment oublié ma grammaire, maintenant c'est très clair, je me suis trompée.

Mais...

Ceci est appelé aussi proposition relative : "J'ai les cheveux [qui frisent]". C'est une relative attributive, l'antécédent de "qui frise" est "cheveux". Mais pour autant, on ne peut pas dire que la phrase pourrait se construire sans la relative.
"Le livre que j'ai lu est intéressant" --> "le livre est intéressant"
mais "j'ai les cheveux qui frisent" --> "*j'ai les cheveux"

(en grammaire générative, et en linguistique en général, on met une * devant les phrases pour indiquer qu'elles ne sont pas correctes (ou en linguistique historique, pour montrer que le terme est une reconstruction non-attestée par un écrit quelconque))

Écrit par : Lodi | mercredi, 28 novembre 2007

Les commentaires sont fermés.