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vendredi, 24 août 2007

Les palpitantes aventures d'une vache sur la route de l'est

Lu avec difficulte les 33 premieres pages de mon bouquin en allemand. Le ton est trop serieux, trop d'adjectifs anteposes, j'ai du mal.

Je me suis donc d'abord rendue a Strasbourg en train. Le TGV-est, le beau, le fameux, l'unique... et cette fois-ci pas de retard "pour cause de presence d'enfants sur la voie" (cf : precedent voyage en Serbie en juillet). J'avais meme reussi a retrouver Winnie et son cher-et-tendre Gare de l'Est pour lui remettre les clefs de l'appart. J'espere que Loic entre temps avait fait place nette (quand je suis arrivee le matin, ma chambre etait envahie d'etendoirs a linge).

Bref, je suis dans le train, et j'entends de toutes part des allemands parler tres fort dans leur telephone. Presque un avant-gout de bonheur. J'essaye de me concentrer sur l'ennumeration des ancetres de l'auteur. Finalement je dors. Les allemands parlent tres fort en s'agitant dans tous les sens : on arrive.

Je decouvre donc Strasbourg (la derniere fois je n'avait pas quitte la gare). Je tombe de heut, mais il n'y a pas un seul bouquin en allemand dans les Relais de cette gare. Qu'est-ce que c'est que cette fausse ville cosmopolite. Il est 18h50, peu de chance d'atteindre la fameuse place Kleber et sa fameuse librairie Kleber avant la fermeture. J'essaye de savoir ou se trouve la gare routiere, on me donne une vague indication, a 400m sur la gauche. Je vais sur la gauche et je ne vois rien, mais un panneau m'indiaue la place Kleber. Je pars a la recherche de la place Kleber, en demana tous les passants qui sont super gentils, pour un peu ils m'accompagneraient, m'indiauent avec moults details, me laisse finalement partir au bout de 5mn d'explications, puis me courrent apres pour rajouter quelques details qui pourront encore m'aider a trouver. Je passe devant la place des Halles, puis la place de l'homme de fer et la place Kleber est la, avec la grande eglise, c'est joli comme tout. Bien sur la librairie est fermee, et vous allez pas me croire, il n'y a pas de brezels dans les boulangeries. Qu'est-ce que c'est que cette fausse ville semi-allemande ?

Je retourne a la gare en tramway (en commencant bien sur par prendre le B alors que je dois prendre le A avant de faire demi-tour et de reprendre le A) parce que mes petits pieds hauts perches commencent a fatiguer. J'interroge quelques passants sur cette fameuse gare routiere, parce que l'heure tourne. Les gens m'indiquent la place des Halles, ca ne fait pas mon affaire, ce n'est pas du tout ce que les gens de la gare m'ont indique. Je retourne a la gare, je redemande. Ben si, ils parlaient bien de la place des Halles. "Mais sur mon papier, y'a marque rue Lefebvre, Couffignal" On me retorque que ce doit etre le nom de la rue si on rentre par la place des Halles par un autre cote (que bien sur ils ne connaissent pas, mais y'a pqs de doute, c'est la). Ils ne manquent pas de me faire comprendre que je suis un peu bouchee parce qu'ils me l'ont deja explique y'a une heure.
Personnellement, je n'ai deja plus de pied, et la place est loin de se trouver a 400m sur la gauche. Je prends le tram. C'est a deux stations. Juste quend je sors du tram, je me rends compte que y'a une station sur la ligne A qui s'appelle "Couffignal", bien bien loin de la ou je suis. Je cours (ou je me traine miserablement, au choix) jusqu'a la place des Halles, tout est ferme, pas un bus, un panneau affiche un bus a 20h20. Rien a voir avec le mien.
Je retourne a la station de tram en maudissant les gens de la gare, je regarde sur le plan, il y a bien une avenue Lefebvre a cote de l'arret Couffignal. Il est 20h30, mon bus part a 21h, et j'ai un tram dans... 13mn. C'est pas vrai ! Je me ronge les ongles, !#mn, je me ronge les ongles, le tram, je me ronge les ongles, station truc, station bidule, station machin, je me ronge les ongles, station Lycee Couffignal. Je vois un bus. Je cours (si si, la je cours vraiment). "C'est le bus pour ? - Budapest - Et le bus pour Belgrade ? - Il est juste la". Je cours, blabla avec les chauffeurs, qui ne parlent toujours pas francais (mais la j'ai l'habitude), je donne mon gros sac, je monte. Il est 21h02. J'y suis arrivee.

Dans le bus, on m'indique deux places libres. Chouette, je vais pouvoir m'allonger pour dormir. Incroyable mais vrai, cette fois-ci le film qu'on passe n'est pas un gros navet serbe avec des filles fil-de-fer et des bons gros gags salaces avec rires preenregistres en prime. Je n'en crois pas mes yeux : c'est La vie est un miracle de Kusturica. Joie ! Le film vient juste de commencer. Nous decollons de la gare routiere a 21h58. C'etait bien la peine que je courre comme ca...
Apres le film, je sors mon sac de couchage (nouvelle resolution : toujours prendre mon sac de couchage quand je dois dormir dans un bus, parce que je commence a en avoir assez, deja qu'o dors mal, de me reveiller toutes les 5mn a cause du froid). Zut, j'ai rien mange, tant pis, dodo.

6h37. "Ragnagna gnagna passoche gnagna" Passeport : on est a la frontiere slovene. Le ciel est plin de nuages, il fait gris, je prends mon gilet pour descendre. Dehors c'est le choc, on se croirait dans une fournaise, il faut enlever le gilet. Je me maudit d'etre en pantalon. Il n'est que 7h du matin, ca promet. En remontant, je discute avec la dame en face de moi. Il parait que c'est la canicule en Serbie. Chouette. Dans le bus, je suis a une table a 4, en face de moi il y a cette madame, sur les sieges a cote de moi un vieux monsieur avec un bras dans le platre, sur les sieges a cote de la femme en face de moi une femme avec un petit garcon, et encore derriere eux un couple avec un petit monsieur a moustache. Le petit monsieur a moustache n'arrete pas de faire des blagues. Il parle mal le francais, mais me pose plein de question. Au bout de 10mn, tout ce petit monde se mets a discuter de ma situation avec Stevan, me pose plein de questions sur lui, puis on discute d'autre chose, puis on s'endors.
"Ragnagna gnagna passoche gnagna" On est a la frontiere croate. On a fait passer le gobelet en plastique. C'est traditionnel : aux frontieres croates et/ou serbes, chacun donne 3 euros. On remets ca aux douaniers, et on nous fiche la paix. C'est beau la democratie. A chaque fois, il y a quelau'un pour raconter comment, un jour, ils n'ont rien donne, on on les a fait descendre pour verifier les bagages un par un. De preference les histroires se passent en hiver, sous la neige, et meme un fois la narratrice etait enceinte au moment des faits. Ca occupe pendant quelques minutes. Je soigne aussi discretement que je peux mes pauvres pieds couverts de cloques. Puis je me rendors.
Je me reveille et je lis un peu. L'auteur parle de sa grand-mere paternelle qui fetait une fete juive, je ne sais pas laquelle, le mot allemand ne me dit rien du tout. Je repose mon livre, le monsieur a moustache est tout fier de pouvoir me dire que je lis de l'allemand, le petit groupe se remets a discuter etudes, langues, puis on parle d'autre chose. La discussion derive sur Sarkozy (son nom est-il hongrois ou polonais ?) puis sur la ministresse de la justice (vous savez que son frere est un drogue ?), puis sur encore autre chose. En general, la discussion se fait en serbe, alors j'essaye d'attrapper un mot ici ou la, mais de temps quelqu'un se retourne vers moi pour me faire la traduction. Le petit garcon s'appelle Luka, son passeport passe de mains en mains, on s'extasie sur comme-il-est-mignon-sur-la-photo. J'apprends que Luka et la dame avec lui vont a Zrenjanin. On echange quelques mots sur la fete de la biere. Puis c'est la frontiere serbe. On a refait passe le gobelet, c'est jour de fete pour les douaniers aujourd'hui, on dirait. On s'arrete pour manger. Entre temps j'ai mage un petit gateau que j'avais amene, mais je dormais quand on s'est arrete avant. On arrive dans 1h, et je sais que la maman de Stevan attends toujours a la maison avec un bon petit plats les jours ou j'arrive, donc je prends juste a boire, parce qu'on meurt de chaud qudn on quitte le car. Luka a eu droit a une glace. Puis je m'endors jusqu'a Belgrade. Quqnd tout le monde s'agite, je sors de quoi me debarbouiller, pas de maquillage, il fait trop chaud. Mes voisins plaisantent parce que je me fait belle pour mon amour (ils traduisent directement du serbe, donc Stevan, c'est mon amour). On arrive "Ton amour est la ?" On a une demi-heure d'avance, il ne devrait pas tarder.

Au revoir aux gens. Je me pose sur le banc habituel. Environ une minute, puis je me leve pour acheter un coca, c'est intenable. En plus ma creme solaire est au fond du sac, je vais bien reussir a choper un coup de soleil en une demi-heure. J'hesite a me changer pour me mettre en jupe, mais au milieu du parc, ca craind un peu.

Puis Stevan arrive. Il fait 39 aujourd'hui, d'habitude il en fait facile 5 de moins. Rapide calcul, je me dit que 34, c'est quand meme beaucoup...
Nebojsa est avec lui (un ancien voisin, qui etait a Taize lui aussi). On va au Metro, un grand magasin, une sorte d'immense darty mais qui vendrait aussi de la bouffe. N'ont le droit d'y aller que les entreprises, et ceux qui par le biais de l'entreprise ont la carte Metro. C'est une concept allemand, je me rappelle etre allee au Metro a Berlin, parce que le pere de Karolina avait la fameuse carte Metro. Nebojsa a la carte Metro lui aussi, alors Stevan va acheter un auto-radio pour sa Yugo. Nebojsa fait tous les etalages un par un, fini par acheter un desodorisant pour voiture. Puis on repars sur Zrenjanin. Voyage agremente par les blagues de Nebojsa, qui a decidement un humour pourri. Je rigole, ha ha ha, que c'est drole, et j'en profite pour apprendre quelques mots serbes.

Quand on arrive, c'est direct la douche. Ce sejour sera "mini-jupe obligatoire". Et encore, je creve de chaud. Il est 18h15, on passe a table (c'est que je commencais a avoir faim), je decouvre que les serbes ont un fromage qui s'appelle Kiri et a un gout de Vache-qui-rit. Je retrouve avec joie le plat de tomates et poivrons rouges.
Ballade dans Zrenjanin, courses pour la maman. Puis on rentre, on regarde le film Les simpsons. La maman nous prepare un truc super bon : une sorte de burek, mais avec seulement du fromage, et cuit au four (pas frit comme le burek). Miam miam. Puis le raisin du verger du grand-pere. Miam miam.

Apres ca, je m'endors comme une masse devant je ne sais plus quel comique pas comique que Stevan adore. Du coup, j'ai passe la nuit toute habillee et Stevan est alle dormir dans la chambre de sa soeur, qui n'a pas d'anti-moustique, et ce matin il ralait. Moi je me suis reveillee a 7h quand il est parti, et impossible de me rendormir, il fait trop chaud.

Sur ce, je vous laisse.

Commentaires

ici paris gris, mouillé et froid, tu en a de la chance d'avoir un copain dans un pays qui a un été

Écrit par : manue | vendredi, 24 août 2007

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