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vendredi, 13 juillet 2007

Retour

 

Encore des aventures pour ce retour plein de rebondissements.

Nous n'avons pas de voiture, donc nous prenons un taxi. C'est un réflexe que je n'ai pas en France, parce que les taxis sont très chers. Ici, il nous faut moins d'un euro pour rejoindre la station de bus principale où je dois normalement prendre un bus pour Belgrade. Mais à peine sur le troittoir, un chauffeur nous hèle : 350 dinars le trajet jusqu'à Belgrade. Un peu plus de 4€. Très bien, ça marche. Moi, un peu dubitative, je me demande comment vont faire les transports en commun pour se développer si tout le monde réagit de la sorte. Mais je suppose que mes scrupules d'occidentale sont anachroniques ici (un peu comme quand je veux jeter les emballages dans une poubelle de recyclage).
Il faut donc dire adieu à mon chéri. C'est attroce.

Le chauffeur est réglo et n'essaye pas de m'arnaquer sur le prix. C'est déjà ça. Même si maintenant on ne me la fait plus.
Malheureusement quand j'arrive pour prendre ma réservation, j'apprends la bonne nouvelle : il n'y a pas de bus pour Paris aujourd'hui. Et voilà, c'est la première fois qu'on oublie de téléphoner pour vérifier, et juste c'était la mauvaise. "N'importe quel bus qui va en France !
- Montpellier ?
- Parfait !"
Donc à 11h, j'ai mon bus pour Montpellier. En attendant je prends un coca dans un café (je commence à maîtriser cet exercice comme une pro... aux vacances prochaines, je passe au jus de fruit). Le prix est le même, 90 dinars.
Et à 11h, c'est parti.

A peine rentrée dans le bus, le monsieur derrière moi me prends en amitié. C'est un vieux monsieur du sud de la Serbie (au sud de Nis) aux magnifiques yeux bleus qui sourit tout le temps. D'ailleurs j'ai souvent remarqué que, autant les jeunes garçons serbes sont assez banals et les jeunes filles serbes magnifiques, les hommes vieillissent très bien (je trouve le grand-père de Stevan trop beau) alors que peu de femmes restent belles. Au début, je suis un petit peu gênée avec ce monsieur, peut-être parce que je sais les serbes bavards et que j'ai bien envie de lire mon bouquin de Julien Green. Mais très vite nous bavassons un peu de tout et de rien (et j'arrive quand même à avoir largement le temps de lire). Sa voisine rentre dans la conversation.
En fait, je crois que les serbes sont gravement en train de déteindre sur moi, parce que je me mets à discuter à droite et à gauche à chaque pause. Si ça continue je vais devenir bavarde et je vais demander mon chemin au lieu de regarder sur une carte (non, non, je ne fais aucune allusion à Stevan).

Comme je vous l'ai dit, j'ai tout de même eu le temps de lire.
Toujours Julien Green, toujours son autobiographie. Cette fois-ci j'ai entamé le deuxième tome. Et puis soudain sans comprendre comment, j'avais fini. Sauf qu'il était effectivement cinq heures et demi plus tard.
Alors j'ai entamé le troisième tome.
Lorsqu'en première année de prépa, j'ai lu Adrienne Mesurat, j'ai été epoustouflée. J'avais l'impression que c'était moi qu'on racontait. Puis Moïra et Varouna m'ont fait également une forte impression. Maintenant que je lis son autobiographie, je suis toujours aussi étonnée : comment un homosexuel américain dévoré de principes puritains à l'excès peut-il me raconter autant ? Je n'en reviens pas.
Mais de toute ma lecture, c'est cette phrase, du deuxième tome, qui m'a marquée :

"Le corps est le temple du Saint-Esprit".

Ce serait un peu difficile de vous expliquer pourquoi cette phrase a autant d'importance pour moi, mais j'ai cru en pleurer. Toute ma foi est dans cette phrase.

Julien Green a en plus ceci de merveilleux qu'il est imprimé par Brodard et Taupin. Je suis en effet une fan inconsidérée de Brodard et Taupin. Comment reconnaître un Brodard et Taupin ? Un Brodard et Taupin se caractérise par l'odeur du papier et celle de l'encre qui sont les plus agréables qu'on puisse trouver dans tout le monde l'imprimerie. On ne lit pas seulement un Brodard et Taupin, on le sent. Et on le touche aussi, même si en cela les Brodard et Taupin de la nouvelle génération déçoivent un petit peu par le toucher plastifié de la couverture. Les meilleurs Brodard et Taupins sont ceux des années 60-70 (ceux avec une très seyante tranche orange fluo ou marronnasse au choix). On les reconnait également bien sûr au fait qu'il y a écrit "imprimé en France par Brodard et Taupin" en avant-dernière page (ça aide).
C'est comme ça que je m'étais d'ailleurs décidée pour Adrienne Mesurat, piochant un livre au hasard parmi un de ceux dont je savais que je pourrai en dernier recours respirer le parfum si l'histoire se révélait vraiment assomante.

A part ça, certains autour de moi avaient des lectures nettement différentes. En hongrois, malheureusement, je ne peux même pas en profiter.

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Après Nice, Toulon, Marseille, Avignon, nous voici à Montpellier.
Je connais deux personnes sur Montpellier. Mais Coralie était en stage de violon et Lisa ne répondait pas au téléphone.
J'ai donc pris le premier train sur Toulouse.

C'est de chez moi, à Escalquens, que je vous écris.

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