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mardi, 29 mai 2007

Adieu version

Aujourd'hui dernier cours de version.

Il est fort probable que ce soit définitivement le dernier. En effet, c'est un exercice peu usité en Allemagne, et la linguistique me donnera peu l'occasion de m'y exercer.
Bien sûr je serai sûrement amenée à un moment ou à un autre à faire des traductions pour le fun (de sous-titrage de films ou de pages wikipédia par exemple (--> ben oui, chacun sa conception du fun après tout)).

Enfin bref, je voulais vous faire partager aussi un peu de cette matière que j'aime beaucoup.
Comme je suppose qu'un récapitulatif des techniques de traductions ne vous brancherait pas plus que ça, je vais juste vous livrer la traduction du texte que j'ai le plus apprécié cette année.

Une Chambre à louer, Rotho Strauss*
Debout près de la fenêtre dans la pièce vide, Franz K. feuillette une grande revue illustrée. Il lit qu’on a empêché un juif italien de pénétrer dans un établissement de bain. Chaque fois qu’il lit dans cette revue qu’un juif a été humilié, il est si troublé qu’il rapetisse de plusieurs centimètres et perd quelques kilos ; au bout du compte, il a la taille du Petit Poucet, ne pèse pas plus qu’un fêtus de paille et ne peut même plus lire dans son magazine le moindre article sur les mauvais traitements de plus en plus atroces infligés aux juifs.
Il réussit à se hisser sur le rebord de la fenêtre et à grimper sur les lamelles du store pour se glisser entre elles à seule fin de se jeter pas la fenêtre de cet appartement à louer qui se trouve au vingt-troisième étage d’un grand immeuble. Cependant, le tourment et l’effroi l’ont tellement affaibli qu’il lui est impossible d’ouvrir la fenêtre hermétiquement fermée par un verrou de sûreté. Or comme ses yeux ont la taille d’une tête d’épingle, il lui est également impossible de poursuivre la lecture de cette histoire jusqu’à n’être pas plus gros qu’on grain de poussière et pouvoir ainsi se glisser au dehors par un interstice. Il n’est alors plus qu’une pauvre chose humaine, la moitié d’un rien, coincé entre le châssis et le carreau de la fenêtre, ne pouvant ni avancer ni reculer, tandis que son envie de se précipiter dans le vide est de moins en moins possible à satisfaire et de plus en plus vive. Il faut dire qu’il était la seule personne intéressée par cette chambre à louer, réputée par ailleurs impropre à la location, étant mal conçue, mal située. Il était le seul à en vouloir et s’était plongé en attendant l’agent immobilier dans la lecture de ce grand magazine que l’agent en question avait laissé traîner après avoir lui-même attendu vainement un client. Désormais Franz K. ne pouvait plus prétendre à cette chambre à louer, quant à voir un autre client ouvrir enfin en grand cette fenêtre, ce n’était pas envisageable.

* avec un nom pareil, à tous les coups un autrichien (comme de par hasard)

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