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dimanche, 13 mai 2007

Comment tomba le mur

Je souhaiterais revenir sur un fait bien (mal) connu de l'Histoire : la chûte du mur de Berlin.

Mais d'abord, qu'est-ce que la RDA ?

Outre d'être mon programme du second semestre, la RDA est un épisode palpitant de l'Histoire. C'est certainement le cours d'Histoire qui m'a le plus passionnée de toute ma scolarité (avec la Russie soviétique, et ce n'est pas un hasard).

L'Histoire de la RDA est assez bien connue
Après la deuxième Guerre Mondiale, l'Allemagne se retrouve occupée par les quatre vainqueurs, et se retrouve de facto bien vite coupée en deux à cause de la Guerre Froide.
La ville de Berlin est elle aussi coupée en deux, et l'on se retrouve donc avec la situation assez incongrue d'un minuscule ilôt de l'Ouest en plein milieu de l'Est.

La RDA (République Démocratique d'Allemagne) est le nom donné à la partie de l'Allemagne sous contrôle soviétique. L'Est, quoi.

La RDA est donc communiste... et elle ne fait pas semblant !
Tandis que les autres pays communistes vont peu à peu relâcher la pression (déstalinisation à la mort de Staline, Perestroïka avec Chrouschtschow...), les dirigeants de la RDA ne font que se raidir encore et encore dans leur position ultra-communiste.

La RDA devient donc vite le pays le plus invivable de toute l'Europe.
Or, comme il suffit de traverser la rue à Berlin pour arriver à l'Ouest (le paradis de la liberté d'expression, du Coca-cola et des films pornos), on comprend que pas mal d'Allemands de l'Est ne s'en privent pas et passent à l'Ouest.
Bilan : la RDA perd plus de 2 millions d'habitants. Sur 18 milions, ça fait beaucoup.

Voulant faire le bonheur socialiste de ses habitants malgré eux, le gouvernement de RDA érige un mur entre Berlin Ouest et Berlin Est.
Et quand les Allemands font un mur, ils ne font pas semblant : double-mur, barbelés, miradors, mitrailleuses automatiques et tout et tout.

Et c'est ainsi que la RDA continue à être aussi invivable, mais maintenant c'est aussi une prison dont on ne peut pas sortir.

Je connais trois excellents films sr la vie en RDA, dont voici les bandes-annonces
- La vie des autres :
comment le régime communiste, avec l'aide de la STASI (la police d'état), surveillait jusqu'à la paranoïa ses intellectuels.

- Führer Ex :
comment deux amis essayent de fuir à l'Ouest en franchissant le mur
d'après une histoire vraie, le film s'attarde surtout sur leur vie en prison, avec certaines scènes vraiment dures

(pas de sous-titre en français, les mots qui apparaîssent sont "Rêves" - "Vérité" - "Amitié" - "Amour" - "Douleur" - "Liberté" - "Haine" - "Violence"

- Goodbye Lenin :
le choc du passage d'un régime ultra-communiste au capitalisme, lorsque le mur tombe

ce film est un des rares représentants de l'"Ostalgie", pourtant très forte en Allemagne : le regret des bons côtés du communisme.
(très proche d'ailleurs de la Titostalgie en ex-Jugoslavie, que l'on a du mal à se représenter à l'Occident).

Comment tomba le mur

Venons-en donc à notre propos.

La RDA est toujours aussi dure et fête ses 40ans en grande pompe.
Pendant ce temps, en Europe de l'Est, la Perestroïka souffle, les pays se libéralisent, c'est la folie ! La Hongrie décide même d'ouvrir ses frontières vers l'Ouest...
Et c'est le drame : des Allemands de l'Est se ruent en Hongrie pour passer à l'Ouest. Une véritable invasion ! Prise de panique, la Hongrie referme ses frontières en quelques jours.

Mais les Allemands de l'Est n'en peuvent plus, ils hurlent, ils crient, ils manifestent.
Pour calmer le jeu, les dirigeants de la RDA, décident de faire des promesses. Ca ne coûte rien.

On envoie donc un pauvre petit fonctionnaire du Politbüro se faire manger tout cru par les journalistes lors d'une conférence de presse.
Il s'appelle Schabowski.

medium_Schabowski.jpg


Il fait un joli petit discours langue-de-bois. En fait, il n'est pas vraiment au courant de ce que le gouvernement veut qu'il dise.
Quelqu'un lui tend un petit papier : le gouvernement promet (si, si) que l'on va (un jour peut-être) ouvrir les frontières.

Donc voilà, dit notre Schabowski, on vous promet qu'on va ouvrir les frontières.
Quand ? demande un journaliste
Ben heu... (Schabowski n'en a pas la moindre idée) d'après ce que je lis... heu... disons que... il semble que ça entre en vigueur tout de suite.

De quoi, de quoi ? se demande chaque Allemand de l'Est planté devant sa télé.
Les frontières sont ouvertes ?

Des miliers de personnes incrédules se dirigent vers le mur, pour voir se qu'il en est.
"Ah ben ça alors, j'ai pas rêvé, y'a plein de gens ! Les frontières sont ouvertes !"
Tout le monde se met à hurler de joie, à escalader le mur, à faire coucou aux copains de l'autre côté.
Les soldats qui gardent le mur se demandent ce qui se passe. Tout le monde a l'air d'accord pour dire que la frontière est ouverte, alors ils veulent bien le croire.

Et c'est ainsi que tomba le mur...
... par un énorme malentendu.

Commentaires

Très intéressant ce petit récit... surtout que même si j'étais née pour une fois pour un évènement historique majeur, je n'ai aucun souvenir de la chute du mur...

Sinon ça n'a rien à voir avec le schmilblick mais je serre les doigts pour un désistement...

Écrit par : Winnie | lundi, 14 mai 2007

Merci. Croisez tous les doigts, par pitié !!!

Écrit par : Lodi | lundi, 14 mai 2007

Les commentaires sont fermés.