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mercredi, 02 mai 2007

Emotions

Je ne peux pas ne pas vous parler de ce qui vient de se passer dans le RER.

Je rentrais sur Drancy et il était déjà tard. Trois ou quatre jeunes sont rentrés dans le wagon à Chatelet les Halles, l'un d'eux avait sa carte, les autres non, ils ont discuté un moment de s'ils allaient descendre ou rester au risque de se faire contrôler. Finallement ils sont restés.

A peine quelques minutes après, quatres policiers sont arrivés et se sont dirigés tout droit sur le petit groupe, leur demandant leurs tickets. Evidemment, comme ils n'en avaient pas, les policiers leur ont intimé l'ordre de descendre immédiatement, et ils sont partis sans demander leur reste, sauf un. C'est de lui que je veux vous parler. C'était certe un horrible gangster qui rentrait chez lui sans ticket, mettant ainsi la sécurité nationale en jeu, d'accord, je veux bien l'admettre. Il n'avait pas une manière excessivement distinguée de s'exprimer, et serait recalé tout de suite à l'examen d'entrée à l'Académie Française, c'est exact. Je peux vous dire en tout cas que la scène s'est passée à 4m de moi, que j'ai tout très bien vu, et qu'à aucun moment il ne s'est énervé autrement qu'en élevant la voix pour couvrir celle du policier énervé.

Mais que c'est-il passé ? Je n'arrive pas très bien moi même à savoir ce qui s'est passé. Le garçon a demandé à pouvoir rester dans la rame et rentrer chez lui, qu'il voulait payer l'amende et que comme ça il serait en règle. A peine a-t-il dit cela, que l'un des policiers a pris dans la main sa matraque et s'est collé contre le garçon de façon à le bloquer entre le mur et les sièges. Ils ont passé plusieurs stations à argumenter, chacun restant sur ses positions, le garçon répétant qu'il voulait payer l'amende et rentrer chez lui, le policier énervé que il n'avait pas à lui apprendre le droit pénal, qu'il n'était pas en règle et que ça n'allait pas se passer comme ça. Ce dialogue passionnant et constructif a duré un moment, jusqu'à ce que le policier énervé accuse le jeune d'outrage à un agent. Le garçon a dit alors "Moi je vous ai outragé ? Mais c'est votre pote qui a commencé à sortir son truc là et tout, et qui me pousse. Moi j'vais vous dire, au début j'étais là...". Et lorsqu'il a voulu montrer l'endroit où il se trouvait au début, le policier à la matraque lui a hurlé de ne pas bouger, il y a eu une grosse cohue, plusieurs "outrage à un agent" ont été prononcé, le garçon s'est retrouvé plaqué contre les sièges et menotté.

A vrai dire il n'a pas eu trop l'air de comprendre ce qui s'était passé.

Moi non plus.

Voilà ce qui s'est passé. Je n'ai pas écrit ça pour lancer un grand débat d'actulité sur la délinquence juvénile ni les exactions commises par les agents de l'ordre, ni pour lancer le message regarder-ce-qui-va-se-passer-si-Sarko-est-élu-on-va-devenir-un-horrible-état-policier-totalitaire, argument auquel je ne crois pas plus qu'à Sarko-va-sauver-la-France-on-va-tous-voter-pour-lui. Non, je voulais juste parler de ce garçon qui ne doit pas être en train de passer le meilleur moment de sa vie à l'heure ou j'écris, et qui sait, si un jour le hasard le fait tomber sur cet article, il saura peut-être que les gens dans la rames ne sont pas restés totalement indifférents, et qu'il y a en a une qui ce soir-là a beaucoup pensé à lui faute de pouvoir faire plus.

Je fais aussi une prière ce soir pour les quatre policiers. Ce ne sont pas les grands méchants pas gentils de l'histoire.

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Commentaires

Bienvenue à Sarkoland !!

Écrit par : Ingrid | jeudi, 03 mai 2007

Comme je l'ai dit dans l'article, je ne crois que moult partiellement ce genre d'arguments.

Écrit par : Lodi | jeudi, 03 mai 2007

Oui enfin Elodie, étant donné que c'est Nicolas Sarkozy qui était aux manettes du Ministère de l'Intérieur depuis quelques années, c'est bien lui qui a du faire "durcir" les consignes.

Après ça veut pas dire qu'on vivra dans une dictature s'il devient président.

Je me demandais si tu pouvais pas te présenter comme témoin au commissariat... je suppose que le jeune-homme va être jugé ou qu'on lui laissera le droit de se défendre, non ?

Écrit par : Winnie | vendredi, 04 mai 2007

Ce n'est pas une bête idée.
Quoi que... en fait je ne sais pas où ils sont descendus. Pas à Drancy, peut-être à Blanc-Mesnil. Je peux peut-être essayer de demander à Paris même.

Écrit par : Lodi | samedi, 05 mai 2007

Les commentaires sont fermés.