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lundi, 09 avril 2007

L'évolution des consonnes : 1ère mutation

Après ma tentative qui a échouée lamentablement à Noël, je me relance dans l’entreprise désespérée de vous faire comprendre mon cours de linguistique diachronique. Le but est donc d’étudier l’évolution des phonèmes (c'est-à-dire, en gros, des sons*) consonantiques depuis l’indo-européen (le langage originel) jusqu’à l’allemand. L’évolution des consonnes ne nous intéresse pas beaucoup en français, parce que le français est resté proche de l’indo-européen. Par contre, l’anglais EST UNE LANGUE GERMANIQUE (et oui), et il est donc concerné par cette évolution.

*En fait pas exactement, parce que dans les faits, si vous voulez prononcer une consonne, vous êtes obligé de mettre une voyelle derrière. Les phonèmes, par définition, ne peuvent pas se prononcer.

 

 

L’étude de l’évolution des consonnes se divise en deux temps :

  • On passe d’abord de l’état indo-européen à l’état germanique : c’est la première mutation consonantique
  • On passe ensuite de l’état germanique à l’état allemand : c’est la deuxième mutation consonantique

Dans toute cette histoire, on va étudier des systèmes. Un système représente un ensemble de consonnes utilisées dans une langue : il y en a principalement 9, réparties en 3 séries de 3 consonnes. Les séries correspondent à peu près à 3 façons différentes de libérer l’air. Ici, chaque ligne est une série. Pour les colonnes, vous verrez que la langue se place à peu près au même endroit.

 

Nous commençons par le commencement, c'est-à-dire à l’époque de l’homme des cavernes, qui justement parle l’indo-européen. Voici les consonnes en indo-européen :

1ère série

bh

dh

gh

 

2ème série

b

d

g

3ème série

p

t

k

+s

 

La première mutation consonantique est la plus compliquée. On ne sait pas exactement quand elle commence, mais elle est achevée avant -1600. Elle se déroule en 2 phases. La 1ère phase est la conséquence d’un effondrement de la 3ème série de consonnes. Voyez plutôt (l’indo-européen est à gauche et le germanique à droite) :

bh

dh

gh

 

b

d

g

 

p

 

t

 

k

 

+s

 

à

 

f

 

þ

 

(le [th] anglais)

χ

 

(le [r] espagnol, ou le [ch] dur allemand)

+s

 

Ce qui explique par exemple que le « pater » latin soit devenu le « father » anglais.

 

Comme la 3ème série en indo-européen était de très bonne qualité (il n’y avait pas du tout d’air qui passait), la deuxième série en indo-européen profite de l’aubaine ! Elle va chiper sa place phonologique à la 3ème série.

bh

dh

gh

 

b

 

d

 

g

 

 

à

 

p

 

t

 

k

 

 

p

t

k

+s

 

f

þ

χ

+s

Voilà pourquoi notre « genou » français est devenu le « knee » anglais.

 

Comme dans l’indo-européen, la 2ème série était tout compte fait mieux lotie que la 1ère série, et maintenant que, à nouveau, il y a un vide phonologique, notre 1ère série saute à son tour sur l’occasion.

bh

 

dh

 

gh

 

 

à

 

b

 

d

 

g

 

 

b

d

g

 

 

p

t

k

 

p

t

k

+s

 

f

þ

χ

+s

A vrai dire, la 1ère série était tellement de mauvaise qualité en indo-européen que même en français nous n’avons pas conservé ces consonnes bh, dh et gh.

 

C’est alors que nous rentrons dans la phase 2 de la mutation, qui ne touche que la 3ème série (f, þ, χ). La langue française n’est pas accentuée, mais dans d’autres langues (l’anglais et l’allemand par exemple), la place de l’accent est très importante ! C’est le cas en indo-européen, où pour un même mot, le fait de placer l’accent au début ou à la fin modifie le sens.

 

Si les consonnes de la 3ème série se trouvaient à l’initiale ou juste après l’accent, elles restent intactes. Par contre, dans les autres cas, elles vont encore muter :

Indo-européen

 

 

Phase 1

 

 

Phase 2

 

bh

dh

gh

 

à

b

d

g

 

 

b

d

g

 

b

d

g

 

p

t

k

 

 

p

t

k

 

p

t

k

+s

f

 

þ

 

χ

 

+s

 

à

 

f

 

þ

 

χ

 

+s

 

à

 

b

 

d

 

g

 

+r

 

Je vais vous donner un exemple très simple. En indo-européen, le verbe conjugué au passé prend l’accent sur la dernière syllabe, sauf à la 1ère et à la 3ème personne du singulier où l’accent est sur la 1ère syllabe. Voyez vous-même ce que donne le verbe être :

     Indo-européen               Anglais

 

     wàse                               I was

 

     wa                               you were

 

     wàse                               he was

 

     wa                               we were

 

     wa                               you were

 

     wa                               they were

 

Commentaires

Waouh... même si j'ai mis 3/4 d'heure à chercher l'astérique, j'ai presque l'impression d'avoir compris...

Je cours m'intéresser à la deuxième mutation ^^

Écrit par : Winnie | mardi, 10 avril 2007

moi, tout ce que j'ai compris, comme à Noël, c'est que cette mutation m'a offert un superbe ensemble Caroll qui a ruiné Elodie mais qui m'a comblé de joie !!!!!

Écrit par : Ingrid | jeudi, 12 avril 2007

Les commentaires sont fermés.