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lundi, 10 juillet 2017

La vidéo du mois de Juillet

Cette vidéo est cool, parce qu'en effet je me suis rendu compte que je n'avais jamais rien pigé à ces deux notions. Pas que je me réveille tous les matins en me demandant "mais au fait, comment ca se fait que l'entropie existe et que il y ait des êtres humains sur Terre ?", mais bon, on est content de se coucher moins bête le soir quand même, ca n'empêche rien.

Puis minutephysics fait VRAIMENT de chouettes vidéos, et cell-ci est sans doute une des mieux.

lundi, 03 juillet 2017

C'est Annecy...

Début juin avait lieu le festival international du film d'animation à Annecy. Comme je suis en plein semestre universitaire, je n'ai pu m'y rendre que quelques jours. Ca a été vraiment une très chouette expérience, dans une ambiance complètement différente de celle qui règne à la Berlinale. Le festival est très étudiant, et tout un tas de petits rituels de groupe ont court dès l'entrée en salle et avant le commencement du film. On reconnait à cela un public d'habitués, et celui ou celle qui découvrirait le festival sans être accompagné de quelqu'un pour lui expliquer serait un peu décontenancé pour sa premiére séance.

Pour ma part, j'étais guidée par un connaisseur, autant du festival que du cinéma d'animation. Je l'ai donc suivi les yeux fermés (enfin, juste assez ouverts pour voir les films quand même) à travers Annecy. Nous avons eu la chance d'avoir un temps magnifique, et de pouvoir profiter de la ville, flâner le long du lac, nous gaver de glaces. Bref, des vacances formidables, même si malheureusement trop courtes.

Je poursuis donc ici mon "c'est lundi" de la semaine dernière avec les longs métrages que j'ai vu pendant ces quelques jours, laissant de côté les court-métrages qui rendraient la liste trente fois plus longue.

Perfect Blue (Satoshi Kon, 1997)

Et pour commencer : un classique. Il s'agissait d'un autre long métrage de Satoshi Kon, dont j'ai présenté la semaine dernière le "Millenium actress", ce film étrange en hommage au cinéma japonais. Perfect Blues est de facture plus classique, il s'agit d'un thriller mettant en scène une jeune fille, qui souhaite mettre fin à sa carrière d'idol pour entamer une carrière d'actrice. On sent bien sûr dans le thème l'obsession de Satoshi Kon pour le cinéma... Les idols sont un phénomène très japonais : des groupes de très jeunes filles qui chantent de la musique pop très commerciale en dansant dans les tenues kitchissimes. Par conséquent, le changement de carrière est très clairement une manière de symboliser un passage à l'âge adulte d'une jeune fille.

La jeune héroine se retrouve soudain confrontée à toute une série d'humiliations. Elle n'est pas vraiment prise au sérieux, et la production va surtout mettre en avant son physique dans des scènes d'un goût douteux. En parallèle, une série de meutres ont lieu parmi les gens en contact avec elle. Tout cela s'accumule et la jeune fille commence à plonger doucement dans la folie.

L'intrigue est vraiment chouette, l'ambiance fait froid dans le dos, et Satoshi Kon a formidablement bien mis en scène la perte de repères de l'héroine. Le spectateur est lui aussi complétement perdu, c'est à peine si l'on arrive à faire le tri entre les scènes réelles, les rêves, et les scènes de tournage, à l'instar de l'héroine elle-même qui a de plus en plus de mal à séparer la fiction de la réalité (c'était déjà exactement le principe de Millenium actress, mais Perfect Blues donne quand même plus de clés pour comprendre une fois le film terminé ce qui s'est "vraiment" passé).

En ce qui concerne la technique d'animation, j'ai été vraiment émerveillée par la subtilité avec laquelle Satoshi Kon arrive à créer une impression de matérialité. Il y a plusieurs scènes de course-poursuite (on les voit passer très furtivement dans la bande-annonce) dans lesquelles la jeune héroine cours après une version virtuelle d'elle-même (ou l'inverse). Et bien qu'il s'agisse dans les deux cas exactement du même personnage dessiné de la même manière, l'animation arrive à donner à la "vraie" jeune fille quelque chose de bien plus corporel, elle est sans cesse en contact avec son environnement, on sent qu'elle pèse, que ses pieds reposent sur la terre. Cela mis en relation avec toute la thématique du corps, qui est à la fois son outil de travail en tant qu'actrice, mais aussi exploité et maltraité par l'industrie du cinéma, on sent que Satoshi Kon interroge vraiment la question du corps sur tous les plans. C'est une question cruciale au cinéma bien sûr, et avec des problématiques très particulières pour le cinéma d'animation. L'animation 3D, par exemple, est encore maintenant absolument incapable de donner l'impression que les corps pèsent quelque chose ou que deux corps se touchent. Tous les objets donnent l'air de flotter. L'animation 2D s'en sort un peu mieux, mais faire croire à l'existence physique d'un corps dessiné n'a rien de trivial.

Tehran Taboo (Ali Soozandeh, 2017)

Avec un titre pareil, bien entendu obligatoire dans notre programme.



Comme la bande-annonce le laisse deviner, le film brasse une bonne dizaines de problématiques très courantes en Iran : la drogue (un très très gros problème en Iran), la prostitution, l'obligation pour les femmes d'obtenir l'autorisation de leur mari pour travailler, etc, etc. Il y a aussi tout un tas de motifs récurrents des films iraniens, problématiques de la société absurde dans laquelle ils vivent (les toits recouverts d'antennes satellites alors qu'elles sont interdites, etc, etc.). On a affaire à un film choral avec plusieurs destins croisés (trois personnages principaux et tout un tas de secondaires qui tournent autour d'eux). Sans être très original, le scénario est bien ficelé et les intrications entre les personnages sont bien orchestrées. Je n'avais d'autre part jamais vu un film iranien aller aussi loin dans la représentation de la sexualité, et je suppose que l'animation permet cela. À part cela, l'animation ne semble avoir été choisie que parce qu'elle permet de combiner l'action et les décors de Téhéran (il aurait bien sûr été impossible de tourner le film sur place) et n'est pas vraiment exploitée sur d'autres aspects, mais elle donne quand m1eme une personalité singulière au film (qui par son ambiance et ses thèmes est assez proche de ce qui se fait de par ailleurs dans le cinéma iranien).

Big Fish & Begonia (Xuan Liang et Chun Zhang, 2016)

On a rarement l'habitude de voir des films d'animation chinois. J'espère sincèrement que celui-ci sortira dans les salles en France. Il me semble avoir tout ce qu'il faut pour trouver son public. On sent que les créateurs ont beaucoup regardé du côté des films de Miazaki, mais ils intégrent dans leur imaginaire tout plein de motifs chinois. Ca donne un très bel univers, avec plein de choses inhabituelles, mais dans lequel on ne sent pas trop perdu non plus.



Si je devais chercher la petite bête, je dirais que le film a quelques problèmes de rythme et traîne un peu en longueur sur la fin. L'animation est impecable, c'est très coloré. Je pense que c'est à portée de tout public capable de regarder un film qui parle de la mort (puisque toute l'histoire consiste pour l'héroine à essayer de faire revenir à la vie un jeune homme qui s'est noyé en la sauvant, quitte à donner sa propre vie pour cela, etc.). Mais encore faudrait-il pour cela que le film sorte en VF, bien sûr (même si, pour les adultes, je recommande la VO, parce que le chinois, c'est beau).

1917 - Der wahre Oktober (Katrin Rothe, 2017)

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Un documentaire d'animation sur la révolution russe. Il s'agissait de procéder à une reconstitution des évènements qui se sont déroulés entre l'abdication du tsar en février et l'arrivée au pouvoir des bolchéviques en octobre en se basant sur les témoignages de 4 artistes.

L'idée était louable (et part du constat qu'on oublie en général complètement que plusieurs mois ses sont passés entre les deux évènements), mais le film était très très bavard et je me suis complètement perdue dans l'avalanche de détails. J'aurais aimé qu'on dézoome un peu pour que je sache où on en est de la chronologie. L'inconvénient de se baser sur des témoignages, c'est que les protagonistes eux-mêmes n'ont qu'une vision très partielle des évènements et n'ont pas forcément des intuitions très pertinentes sur ce qui se passe. En définitive, j'ai surtout retenu que c'était grave le bazar, et que rien n'annoncait lors de l'abdication du tsar que les bolchéviques allaient devenir si importants dans cette révolution. Le style d'animation choisi (collages animés en stop-motion) est ludique mais un peu austère. Il est approprié pour un documentaire, mais n'aide pas vraiment à alléger le propos qui est d'autre part difficile à digérer.

Je ne garderai donc pas un super souvenir de ce documentaire. C'est dommage, parce que je pense que l'animation peut être une forme très intéressante à explorer pour le film documentaire.

A Silent Voice (Naoko Yamada, 2016)

Animé japonais de facture assez classique, très mignon, très coloré, sans trop de surprises du point de vue technique.

Son point fort est de toute évidence le sujet, puisqu'il s'agit de dépeindre des relations compliquées dans un groupe de collégiens qui deviennent de jeunes adultes et au milieu desquels évolue une jeune fille sourde. Au collège, la jeune sourde devient le bouc émissaire de sa classe. Le héro était un de ceux qui l'ont le plus malmenée, et développe en grandissant un fort sentiment de culpabilité. Il apprend la langue des signes et retrouve la jeune fille.

Le film donne lieu à tout une déclinaison de problématiques sur le thème de la communication, de l'incapacité d'entendre (et d'écouter) ou de parler. Des choses que l'on refuse d'entendre, que l'on ne demande pas, que l'on n'ose pas dire...

J'ai beaucoup aimé le thème, beaucoup aimé l'introduction du language des signes (certains signes sont si souvent répétés qu'ils ne sont plus traduits au bout d'un moment, c'est un petit détail qui me plaît), et de la voix très disgracieuse de la jeune fille (un effet de réalisme bienvenu). Le film a l'air d'avoir à coeur de sensibiliser son public au quotidien des personnes sourdes, mais sans que l'on ait l'impression à aucun moment que l'histoire n'est qu'un prétexte.
Les personnages sont sympathiques, on a des personnalités clairement définies, qui manquent peut-être un chouilla de nuances en dehors des deux personnages principaux.

Je suis un peu moins fan de la fin, qui en rajoute une couche sur le drama et s'étire un peu en longueur. Mais dans l'ensemble c'était un très chouette film, sans doute en priorité à destination d'un public ado.

The Man Who Knew 75 Languages (Anne Magnussen, 2016)

Il suffit de lire le titre pour savoir que j'étais un peu obligée d'aller voir ce film. Il s'agit en fait d'un biopic sur la vie de Georg Sauerwein, intellectuel amoureux des langues qui s'est engagé dans la défense des peuples minoritaires à parler leur langue maternelle.

Le biopic était intéressant pour découvrir la vie de cet homme à peu près oublié et pour se familiariser avec la problématique des langues "mineures", mais il passait un peu à côté du problème historique. Si Georg Sauerwein est tellement combattu en Allemagne à l'époque, c'est parce que l'on est en pleine montée des nationalismes, et que le combat pour l'indépendance - les détracteurs de Georg Sauerwein l'ont bien compris - passe dans beaucoup de cas par le renouveau d'une langue nationale. Prenez le cas de la Serbie, que je connais assez bien : c'est à cette époque que les intellectuels serbes commencent à faire une distinction entre le serbe et le croate, et à les définir comme deux langues distinctes. Et pendant ce temps, l'Autriche-Hongrie envoie des Croates taper sur les rebelles serbes. Je simplifie un peu les choses, mais vous voyez l'idée. Le combat de Georg Sauerwein est donc éminemment politique. Il est possible qu'il ne s'en soit pas rendu compte, je n'en sais rien, mais je trouve bizarre de ne pas thématiser cet aspect des choses, et de présenter les choses de maniére très manichéenne : le gentil Sauerwein qui aime les petites gens des villages de Lituanie et les méchants allemands bornés qui ne veulent rien entendre (on ne nous explique même pas vraiment pourquoi). Je pense qu'on aurait facilement pu montrer que l'essor du nationalisme était lui-même violent et intolérant parfois, et que ce n'était pas anodin de le soutenir.

Je ne suis pas non plus complétement fan de ce genre d'animation, mais cela donne un style de réalisme épuré au film, qui peut avoir son charme.

Bozzetto non troppo (Marco Bonfanti, 2016)

Oui bon, ben, désolée, pas moyen de trouver une bande-annonce avec des sous-titres pour ce film documentaire. Ca vous fera travailler votre italien.

Un film documentaire sur Bruno Bozzetto, un vieux de la vieille de l'animation. Personellement, je ne connaissais pas du tout, donc j'y suis allée à l'aveugle, mais c'était intéressant de découvrir comment il raconte ce qu'a été sa vie et sa carrière.

Zombillenium (Arthur de Pins et Alexis Ducord, 2017)

Formidablement sympa ce film d'animation francais, qui fait bien plaisir à voir. L'histoire est sympa (pour enfants, mais sympa), les graphismes super beau, l'univers est original, le doublage est su-per bien fait (c'est rare), on n'a pas l'impression qu'on nous prend pour des débiles, il y a des tas de petits clins d'oeil dans tous les sens. Les personnages sont malheureusement vraiment des archétypes pas très subtils, mais une fois qu'on a accepté qu'on est dans du film pour enfant à la Pixar, c'est plutôt un film à mettre dans le haut du panier.

Nous, on est sortis enchantés, à ce dire que c'était le film qui aurait notre vote parmi les films en compétition. Pas une fausse note de rythme, l'animation classique mais impeccable, et on a passé un super moment à bien rigoler.



Baron Prásil (Le Baron de Crac) (Karel Zeman, 1962)

J'ai rarement vu un film aussi complétement WTFesque que ce baron de Crac (qui ne s'appelle pas du tout Crac, pas plus que Munchausen, d'ailleurs, les traductions n'ont vraiment aucun sens). Le fait est que nous sommes accueillis sur la lune par Cyrano de Bergerac, ce qui est des plus réjouissant. Nous nous trouvons après cela dans le palais d'un sultan, après quelques calvalcades dans le ventre d'un poisson et après d'autres aventures dans un château en guerre. C'est la franche rigolade, mais on a un peu l'impression que les auteurs du film s'étaient drogués avant d'écrire le scénario.

Gandahar (René Laloux, 1988)

On clôt en beauté avec ce film d'animation étonnant des années 80. Certaines images du début du film me sont connues, mais je suis à peu près sûre de ne jamais avoir vu ce film. Après des heures de réflexion, l'hypothèse la plus probable est que ce film se trouvait sur une cassette sur laquelle était un autre film que je regardais régulièrement. Mais venons-en au film.

Je suis loin d'être une grande fan des univers fantastico-futuristes, mais dans le genre, ce film est une vraie perle. L'intrigue est complexe, un peu alambiquée mais pas trop tirée par les cheveux. J'ai bien aimé la fin (qui zieute un peu du côté de 2001 l'Odyssée de l'espace me semble-t-il, ou alors je suis juste monomaniaque), qui était moins basique que le film ne pouvait le laisser attendre. Des tas de problématiques sont abordées dans le film, pas toutes exploitées jusqu'au bout, mais qui font qu'on peut sans doute revoir le film plusieurs fois sans s'en lasser. L'animation a quelques défauts, et a un petit quelque chose de "francais", que je n'arrive pas à saisir. Le doublage est assez mauvais et les dialogues pas très naturels, mais l'univers visuel est sans doute plus important que l'histoire elle-même (mais si l'histoire est bien), des tas d'émotions sont véhiculées par les images.

On sent aussi dans le film le traumatisme de la deuxième guerre mondiale. Je ne vois aucun film de science-fiction où ce traumatisme est aussi sensible (en dehors des films d'anticipations très réalistes avec l'instauration d'une dictature, etc... ce n'est absoluement pas cet aspect-là qu'on retrouve dans Gandahar.

Je recommanderais le film en priorité à des amoureux de science-fiction, à ceux qui aiment les univers à la Moebius et les héros très héroique. Ou alors à des gens très curieux qui auraient envie de voir quelque chose de vraiment inhabituel.

lundi, 19 juin 2017

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu depuis la dernière fois ?

Suite française, Irène Némirovsky

Une découverte étonnante que ce roman, d'une formidable drôlerie, sur la défaite de 40. Des politiciens couards qui s'enfuient sur les routes croisent des écrivains haïssables qui ne se désolent que sur leur perte financière, et bien d'autres personnages hauts en couleurs. La deuxième partie est moins brillante, sans doute encore en friche. Irène Némirovsky laissera en effet son roman inachevé et mourra dans un camp d'extermination.

- Ne refusez pas ! Il s'agirait d'aller trouver ces messieurs et d'intercéder en notre faveur. Naturellement, tout est peut-être brisé, brûlé, mais je ne puis croire que le vandalisme ait été poussé jusqu'à ce point et qu'il soit impossible de retrouver des portraits, des lettres de famille ou des meubles n'ayant qu'une valeur de souvenir...
- Madame, adressez-vous vous-mêmes aux Allemands qui occupent la maison et...
- Jamais, dit Mme Perrin en se redressant de toute sa taille. Jamais je ne franchirai le seuil de ma demeure tant que l'ennemi s'y trouvera. C'est une question de dignité et aussi de sentiment... Ils ont tué mon fils, un fils qui venait d'être reçu à Polytechnique dans les six premiers... J'occuperai une chambre jusqu'à demain avec mes filles à l'Hôtel des Voyageurs. Si vous pouviez vous arranger pour faire sortir certains objets dont je vous donnerai la liste, je vous serais éternellement reconnaissante. Si je me trouvais face à face avec un Allemand (je me connais !), je serai capable de me mettre à chanter La Marseillaise, dit Mme Perrin d'une voix vibrante, et de me faire déporter en Prusse. Cela ne serait pas un déshonneur, loin de là, mais j'ai des filles ! Aussi je vous supplie instamment, ma chère Lucile, de faire pour moi ce que vous pouvez.
- Voici la liste, dit la seconde fille de Mme Perrin.
Elle la déplia et lut : "Une cuvette et un pot à eau de porcelaine, avec notre chiffre et un motif de papillons, un panier à salade, le service à thé blanc et or (28 pièces, le sucrier n'avait plus de couvercle), deux portraits de grand-papa :
1) sur les genoux de sa nourrice
2) sur son lit de mort
Les cornes de cerf qui sont dans l'antichambre, souvenir de mon oncle Adolphe, l'assiette à bouillie de bonne-maman (porcelaine et vermeil), le râtelier de rechange de papa qu'il avait oublié dans le cabinet de toilette, le canapé du salon, noir et rose."

Le contraste entre l'humour cinglant et la vie dont déborde ce début de roman et les circonstances dramatiques dans lesquelles il a été écrit ne font que renforcer encore le coup de cœur que j'ai eu pour cette suite française. Mon édition faisait suivre le roman de la fin du journal d'Irène Nemirovsky et des lettres échangées entre son mari, son éditeur et différents services administratifs pour retrouver sa trace après sa déportation. Ça plombait forcément un peu l'ambiance, mais il est vraiment important d'avoir le contexte du roman pour en saisir toute la force.

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti

Histoire d'amour entre un fermier de la campagne et une bibliothécaire citadine. Tout l'intérêt de l'histoire vient de la confrontation de deux styles de vie incompatibles. J'aime bien l'idée, le résultat me laisse perplexe.

Un bruit étrange et beau, Zep

Une très belle BD de Zep, qu'on attend pas sur ce créneau, c'est le moins qu'on puisse dire. On suit un moine chartreux, qui vient régler une question d'héritage dans la grande ville. Il est question de son vœu de silence, de Foi. J'adore l'idée, même si j'aurais aimé qu'elle soit poussé un peu plus loin (toujours ma frustration face aux BD).

Les fondations de l'Islam entre Écriture et Histoire, Alfred-Louis de Prémare

Lecture sérieuse qui fait le point sur les sources que l'on possède sur les début de l'Islam. C'est assez technique puisqu'il est question de croiser des sources et de leur relative fiabilité sur une période sur laquelle, dans le fond, on ne sait pas grand chose. J'ai trouvé toute la partie sur la constitution du Coran super palpitante.

Le Désespéré, Léon Bloy

La première fois que j'ai rencontré la grand-mère de mon chéri, elle tenait dans la main un livre de Bernanos. Je me suis dit que c'était une personne de goût. Or cette personne de goût m'a dit "Vous devriez lire du Léon Bloy". Dont acte.

J'ai malheureusement eu beaucoup de mal avec l'agressivité haineuse de Léon Bloy, elle me met mal à l'aise. Les personnalités qu'il attaque sont trop loin de moi pour que j'apprécie les critiques, et il crache trop dessus pour que j'ai envie de sympathiser avec son point de vue. Dommage dommage, j'aurais peut-être dû commencer avec un autre ouvrage.

Je retiens tout de même une image magnifique des Hommes qui, n'en pouvant plus d'attendre l'arrivée tant annoncée du Royaume de Dieu, s'arrachent leur propre cœur pour en lapider avec fureur le ciel. C'est... ben juste beau, quoi.

La face obscure du soleil, Terry Pratchett

Huit passa la tête par la porte et déclara :
- Moi aussi, j'exprime une préférence pour une séquence chronologique d’événements sans voies de fait.
Isaac soupesa pensivement la clé à molette.
- Vous êtes des spécimens évolués, pour des Classe Trois. Nous sommes tout seuls ici, vous et moi. Et aucun de nous n'est un humain non métallique. Avez-vous l’intention de me molester ?
- Nous avons pour ordre d'escorter le contenu de cet engin auprès de notre maîtresse, répondit Trois en zieutant la clé à molette.
- Vous pouvez désobéir.
- Les Classe Cinq peuvent désobéir. Les Classe Quatre peuvent désobéir dans des circonstances spéciales. Nous ne sommes ni des Classe Cinq ni des Classe Quatre. On peut le regretter, mais c'est comme ça.
- Alors je vais vous mettre temporairement hors d'état de nuire, décréta fermement Isaac.
- Bien que vous soyez plus intelligent que moi, je vais résister, le prévint Trois en se tortillant, mal à l'aise.
- Les voies de fait commenceront à trois, annonça Isaac. Un. Deux.
La clé à molette heurta bruyamment l'interrupteur de Trois.
- Trois, fit Isaac, puis il se tourna vers Huit qui regardait d'un air perplexe son camarade tombé à terre.
- Je perçois une séquence illogique d’événements menant à des voies de fait, dit-il.

Un roman de Terry Pratchett hors Disque-Monde pour se changer les idées. Agréable et drôle, comme d'habitude.

Metropolis, tome 1, Serge Lehman
Metropolis, tome 2, Serge Lehman
Metropolis, tome 3, Serge Lehman

Cette BD en 4 tomes (le dernier est sorti entre temps) est une uchronie (plus ou moins) qui prend pour cadre les années 30. La France et l'Allemagne ont créé une cité internationale, Metropolis, une utopie paneuropéenne où toutes les bonnes volontés cohabitent dans la joie et la bonne humeur. Mais tout craquelle sous le joli vernis et le premier tome commence alors qu'un attentat a lieu devant l'hôtel de ville.

J'apprécie beaucoup le jeu graphique fait sur les Arts de l'entre-deux-guerres. Il y a notamment une double page magnifique où le héros court dans une hallucination très klimtienne, c'est superbe. Les trois quart des références doivent m'échapper, d'ailleurs. Pour le moment, je ne comprends pas bien où nous emmène l'histoire et j'attends de voir si le quatrième tome vient apporter une "solution".

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Phallaina, Marietta Ren

Phallaina est une "bande-défilée". Nouveau concept. Il s'agit d'un roman graphique sous forme de fichier qu'on peut ouvrir avec l'application du même nom et que l'on parcourt de gauche à droite. On la fait donc défiler. Au fur et mesure que l'on avance dans l'histoire, le fond sonore s'adapte à l'histoire, quelques petits bruitages accompagnent certains événements, quelques effets de perspective se font voir également.

J'ai été d'abord attirée par le concept, curieuse de voir ce que l'on avait pu faire de ce tout nouveau média. Et J'ai fini par énormément aimer l'histoire. Même si il y a beaucoup de passages oniriques, il ne s'agit pas seulement d'une recherche graphique. Pour ma part, j'aime bien que les histoires se passent dans le monde réel et parlent du quotidien, et Phallaina répondait parfaitement à mon goût.

lien vers l'application android (gratuite)

La logique, Pierre Wagner

Lecture sérieuse donc (un Que sais-je). J'ai acheté le livre dans la toute nouvelle boutique PUF à Paris, créant une attraction touristique parce que tout le monde venait voir mon livre se faire imprimer en direct.

Je n'y ai pas exactement trouvé ce que je cherchais, mais je suis tombée des nues en découvrant la diversité des approches de logique (bêtement, je pensais qu'il y avait "une" logique, celle que je connaissais très vaguement par la sémantique ou les cours de philo de prépa ; j'ai découvert qu'il y avait des tas d'écoles de logiques différentes). J'aimerais avoir trois vies supplémentaires pour toutes les explorer, mais on va dire que pour le moment, je reporte l'exploration à ma prochaine incarnation (ou à ma vie après la thèse, c'est selon).

Mémoire de fille, Annie Ernaux

Il me faisait tellement de l’œil, ce livre, depuis sa sortie ! Je lis beaucoup trop peu d'Annie Ernaux, bien que je l'aime d'amour.

Je n'ai pas été immédiatement emballée en le lisant. C'est depuis que j'ai terminé la lecture, en y repensant, que j'apprécie de plus en plus. Annie Ernaux est une grande lectrice de Proust. Elle a un tel talent pour mettre des mots sur des petits machins insignifiants.

J'aime moins le côté "Ça y est, c'est le livre ultime, celui que j'ai toujours voulu écrire", etc, etc.

Chanson douce, Leila Slimani

J'allais dans le livre à reculons, je l'avoue. J'ai un peu trop entendu parler du livre, de ses défauts et de ses qualités, je ne m'attendais même pas tellement à découvrir la moindre scène dont je n'aurais pas déjà connu les grandes lignes.

Mais en fait non. J'ai fini par lâcher prise et me laisser entraîner dans cette atmosphère malsaine, un peu crado. Ça ne m'a pas dérangée de ne rien comprendre à ce personnage principal et de ne pas réussir à m'y attacher.

Je comprends donc vaguement pourquoi le livre a pu avoir un prix, même si je manque de comparatif, n'ayant lu aucun autre livre de cette rentrée littéraire.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Méga coup de foudre pour ce roman !

C'est un roman sur la féminité, mais aussi sur le fait d'être noire, mais aussi sur le fait de partir vivre à l'étranger, mais aussi sur les États-Unis et leur relation bizarre à la communauté noire, mais aussi sur la société nigériane corrompue. Et c'est aussi une jolie histoire d'amour, au passage. J'aime bien les livres qui donnent quelques claques à leurs lecteurs, et comme tout le monde en prend pour son grade, j'ai reçu quelques claques au passage. Parce que je me suis retrouvée dans les jeunes femmes blanches qui en font des caisses pour pour se prouver qu'elles sont bien au-delà des frontières de race. Parce que je ne m'étais jamais demandée ce que les femmes aux cheveux crépus faisaient de leurs cheveux. Parce que Chimamanda Ngozi Adichie ne donne aucune recette. Faut faire ça, faut pas faire ça. Quoi que tu fasses, tu te planteras, c'est évident. Parce qu'il faudrait pour commencer que les mots "noir" et "blanc" n'aient aucun sens, et ça, c'est pas possible.

En attendant, on se marre bien, c'est déjà un bon commencement.

"Peut-on passer à table, mes chers amis ?" Elle prit une des assiettes et l'examina.
"J'adore ces assiettes. Rien n'est jamais banal chez Georgina et Emenike, n'est-ce pas ? dit Hannah.
- Nous les avons achetées dans un bazar en Inde, die Emenike. Faites à la main par des femmes de la campagne , elles sont vraiment belles. Regardez les détails des bords ?" Il souleva une des assiettes.
"Sublime", dit Hannah, et elle regarda Obinze.
"Oui, elles sont très jolies", marmonna Obinze. Ces assiettes, avec leur finition grossière, leurs bords légèrement bosselés, n'auraient jamais été utilisées en présence d'invités au Nigeria. Il se demandait encore si Emenike était réellement devenu quelqu'un pour qui un objet était beau parce qu'il avait été fait à la main par des gens pauvres dans un pays étranger, ou s'il avait simplement appris à le prétendre. Georgina versait à boire, Emenike servait l'entrée, du crabe avec des œufs durs. Il avait acquis un charme soigneusement étudié. Il disait souvent : "Oh, vraiment ?" Quand Phillip se plaignit du couple français qui faisait construire une maison près de la sienne en Cornouailles, Emenike dit : "Sont-ils entre toi et le coucher de soleil ?
Sont-ils entre toi et le coucher de soleil ? Il ne serait jamais venu à l'idée d'Obinze, ni de quiconque chez lui, de poser une telle question.

Passion simple, Annie Ernaux

J'essayais, devant les gens que je fréquente, de ne pas laisser transparaître mon obsession dans mes paroles, bien que cela réclame une vigilance difficile à maintenir constamment. Chez le coiffeur, j'ai vu une femme très volubile, à qui tout le monde répondait normalement jusqu'au moment où, la tête renversée dans le bac, elle a dit "On me soigne pour les nerfs". Aussitôt, imperceptiblement, le personnel s'est adressé à elle avec une retenue distante, comme si cet aveu irrépressible était la preuve de son dérangement. J'avais peur de paraître moi aussi anormale si j'avais dit "je vis une passion". Pourtant, quand je me trouvais au milieu d'autres femmes, à la caisse du supermarché, à la banque, je me demandais si elles avaient comme moi un homme sans arrêt dans la tête, sinon comment elles faisaient pour vivre ainsi, c'est-à-dire - d'après mon existence d'avant - en n'ayant comme attente que le week-end, une sortie au restaurant, la séance de gym ou les résultats scolaires des enfants : tout ce qui m'était maintenant ou pénible ou indifférent.

Le dernier continent, Terry Pratchett

Pas le plus inspiré, mais j'adore Carotte et toutes les histoires du guet.

La république, Platon

Je n'avais jamais lu, et si je connaissais les grandes lignes, j'ignorais à peu près tous les détails. Essayer de suivre le raisonnement de Socrate est toujours un exercice un peu artificiel, parce qu'il faut se forcer à faire abstraction de tout un appareil théorique qui n'est arrivé que bien des siècles plus tard. Il faut donc avaler quelques conclusions aberrantes et poursuivre le dialogue (il faudrait être plus motivé que moi pour arrêter là sa lecture et se lancer dans une contre-argumentation mentale).

La succession, Jean-Paul Dubois

L'histoire est celle d'un joueur de pelote basque, fils de médecin et ayant lui-même fait médecine. Alors que son père meurt d'un suicide, le jeune homme rentre à Toulouse gérer sa succession, notamment celle de la maison paternelle. Son père était le dernier de sa famille encore en vie. Dans un long monologue intérieur, on va découvrir petit à petit les différents membres hauts en couleur de cette famille, l'histoire de la maison, et ce que la pelote basque vient faire là-dedans.

Il y a des tas de choses qui me plaisent beaucoup dans cette histoire, à commencer par l'ambiance douce-amère. Je ne sais pas trop quoi faire de la fin, et je ne pense pas garder un souvenir très marqué du livre avec le temps, mais c'était une belle découverte.

Geschichte des Islam ("Histoire de l'Islam"), Gudrun Krämer

Au semestre dernier, je me suis assise dans un cours magistral sur l'Histoire de l'Islam. Ce livre était celui de la prof qui donnait le cours. C'est un livre indispensable pour s'y retrouver, et un bon outil pour pouvoir revenir chercher des informations générales. Pour le reste, le sujet est trop vaste et la période immense, ca n'en fait pas une lecture complétement passionnante.

La fille sans qualité, Juli Zeh

Ce roman allemand est bien entendu un hommage évident à l'Homme sans qualité de Musil (que je n'ai jamais lu, honte à moi), mais aussi un hommage moins évident à l'Ada de Nabokov . C'est en fait absolument impossible de ne pas s'en rendre compte quand on a lu ce livre. L'héroine s'appelle donc Ada, et incarne visiblement pour Juli Zeh la génération des années 2000, celle qui est née après l'attentat du 11 septembre. Il s'agit d'une génération désabusée, sans passion, sans amour-propre, sans tabou et sans véritable trait de caractère. Ada tombe sous l'influence maladive d'un jeune garcon de sa classe, et entretient une relation tout à fait trouble avec son prof de sport.

Il y aurait vraiment des tas de choses à dire sur ce prof de sport, sur les longues courses d'Ada, sur son professeur d'Histoire et sur tout un tas d'autres élèves qui gravitent autour d'Ada. Juli zeh a vraiment réussi à poser des personnages très concrets qu'on a l'impression de connaître et d'avoir fréquenté longtemps. Elle a tout a fait réussi aussi à donner aux dialogue d'Ada et de son démiurge exactement la même coloration que les dialogues de l'Ada de Nabokov avec son frère. Tout comme chez Nabokov, ces dialogues me plaisent et m'agacent en même temps. Tout est beaucoup trop intellectualisé et factice, et j'ai l'impression que l'auteure s'attend tacitement à ce que j'acquièce au contenu de leurs échanges sur l'état du monde, la situation de leur génération, etc. Malheureusement, comme tout est un peu confus et que je n'ai pas forcément d'avis sur le sujet, j'ai du mal à être happée par le fond. Reste la forme que je trouve au moins originale et inventive (à défaut de la trouver belle).

- Vous ne regardez donc jamais les films hollywoodiens ? Qui sont les compagnons dans Le Seigneur des anneaux ? Des combattants isolés qui s'en prennent à un appareil étatique parfaitement organisé et disposant d'un armement sophistiqué. On pourrait tout aussi bien les qualifier de terroristes.
Quand la classe se mit à hurler, Höfi intervint pour frayer à Ada un chemin acoustique. Elle reprit :
- Bon, alors je vais dire : des terroristes pour la bonne cause, si vous préférez. Simple question de définition. L'important c'est la forme : selon les règles en vigueur à Hollywood, une poignée d'insurgés prêts à risquer leur vie pour se ruer sur le centre du pouvoir sont structurellement dans leur droit.

Gengis Khan - L'homme qui aimait le vent, José Frèches

Mon cours d'Histoire de l'Islam avait passé peu de temps sur Gengis Khan et m'avait donné très envie d'en savoir plus sur le personnage. Je savais qu'un livre sur lui traînait à Paris, je me suis lancée sans hésitation.

C'est une biographie très romancée de la vie du grand chef mongol. C'était exactement ce que je cherchais : pas forcément une lecture trop sérieuse, mais l'occasion de me plonger dans la culture, de voir se dérouler les événements, de retenir quelques grands traits biographiques. La lecture est agréable, on a envie de tourner les pages et d'en apprendre plus.

Le porteur d'histoire, Christophe Gaultier

La BD issue d'une pièce de théâtre qui a eu beaucoup de succès il y a deux ou trois ans. L'histoire est vraiment sympatique, on s'y perd malheureusement un peu et le format BD n'aide pas à vraiment prendre le temps de chercher à comprendre toutes les subtilités du scénario.

Gengis Khan - Le conquérant, José Frèches

Suite et fin de l'histoire de Gengis Khan. J'ai légèrement préféré le premier tome.

Le dernier Héros, Terry Pratchett

Un nouveau tome du Disque-Monde un peu particulier puisqu'il est question d'une aventure de Cohen le Barbare (le papi héros qui fait trembler tout Ankh Morpork) et d'un grand livre illustré par Paul Kidby. L'histoire est très chouette, les dessins sont superbes, ca valait le coup de partir à la recherche de se tome un peu difficile à trouver.

Impératrice de Chine, Pearl Buck

J'ai un faible inconsidéré pour Pearl Buck. C'est tellement kitch, et j'aime tellement ca !
Elle se base ici sur la figure d'une impératrice, Tzu Hsi, reine mère et (probablement) intriguante. Pearl Buck reste toujours très gentille, et le personnage véritable avait sans doute bien moins de scrupules qu'elle ne lui en prête. À lire le livre, en tout cas, c'était une vraie écatombe tout autour d'elle...

C'était délicieux de la suivre au milieu des bijous, des palais somptueux, des plats délicats, de prendre avec elle des bains parfumés... Je ne m'en lasse pas.

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Le livre dans lequel je l'ai lu était une vieille édition trouvée par hasard dans un vide grenier avec de belles illustrations tout du long. Pur bonheur.

Les vies de papier, Rabih Alameddine

Le livre est vraiment un bonheur à lire, mais c'est un peu de la triche : en fait c'est juste un livre écrit par un amoureux des livres pour des amoureux des livres. On se glisse dans la tête d'une vieille dame, libanaise vivant à Beyrouth, ancienne libraire, femme indépendante et qui ne vit que pour ses livre, traductrice dilétante. Les citations de livres connus et inconnus fusent, et j'ai l'impression de lire ce qui se passe dans mon cerveau. C'est des fois tellement la même chose que c'est flippant.

Qu'est-ce que j'ai vu depuis la dernière fois ?

Arrival (Premier contact) (Denis Villeneuve, 2016)

Film très attendu (enfin, disons que j'ai un appris un peu avant sa sortie qu'il existait, et à partir de ce moment je l'ai attendu) dans lequel on vous expliquera comment la linguistique va sauver le monde.

Blague mise à part, c'est un assez bon film d'extraterrestres, avec des idées originales, une belle direction artistique. Toute la création du language est assez réussie, que ce soit leur "écriture" ou les sons produits, c'est plein de bonnes idées. Côté linguistique, j'ai eu très très peur dans les premières minutes qui semblent une accumulation de clichés. Heureusement, les choses s'améliorent et on sent qu'une certaine expertise scientifique a posé les bases de ce en quoi consiste du travail de terrain sur une langue inconnue (voir première vidéo ci-dessous). On se demande un peu ce qu'une spécialiste des langues indo-iraniennes vient foutre dans cette galère, mais admettons.

Si vous voulez une expertise faite sérieusement par des linguistes compétents, c'est là-dessous que ca se passe:

Sportif par amour (James W. Horne et Buster Keaton, 1927)

Keaton c'est le plus grand, c'est le plus beau, c'est le plus rigolo !

Star Wars: Episode II - Attack of the Clones (George Lucas, 2002)

Nous avons continué sur notre lancée des films Star Wars, dans l'optique d'aller voir dans la foulée Rogue One qui sortait justement au cinéma.

Rogue One (Gareth Edwards, 2016)

Un scénario principalement insipide et des personnages principaux insipides, mais quelques chouettes moments. J'ai beaucoup aimé l'hommage rendu à la bataille spatiale de l'épisode IV (le tout premier) avec une reconstitution à l'identique des vaisseaux et de la prise de vue. Ca apportait vraiment un plus au film. Petit moment d'émotion à voir Leia. Quelques personnages secondaires assez sympa. Je trouve qu'on est assez loin de la somptuosité de l'épisode I, les scènes de bataille ne m'ont pas passionnée, mais il y avait une grosse scène de destruction dans la première partie qui impressionnait pas mal.

Dans les discussions après le visionnage, on a beaucoup regretté que le scénario de profite pas d'une situation assez idéale pour sortir d'un binarisme gentils/méchants. Quelques pistes sont lancées qui pourraient laisser deviner que les gentils résistants ne sont pas toujours si gentils et nobles que ca, et qu'il sont prêts à se salir les mains pour la bonne cause. Mais le filon n'est pas exploité, et c'est bien dommage.

Star Wars: Episode III - Revenge of the Sith (George Lucas, 2005)

Je suis au regret de vous avouer que j'ai déjà complètement oublié ce film. Je suppose que c'est celui où Darth Vador devient méchant. Je... je me souviens vraiment de rien á part de la tête de l'acteur.
Je crois que c'était plutôt mauvais (je pense que vous avez deviné que je suis pas une super fan de Star Wars).

Breaking Bad (Vince Gilligan , 62 épisodes sur 5 saisons, 2008-2013)

J'ai mis un temps fou à regarder les 5 saisons de cette série télé. Ce n'est pas faute qu'elle soit vraiment bien, pourtant. J'ai adoré, c'était formidablement bien écrit, le suspens était insoutenable, les personnages formidables, les retournements de situation toujours fous. C'est drôle aussi.
Je pense que c'est la première série télé que je regarde en entier de ma vie. J'ai pourtant complètement conscience que la série télévisée est en train de vivre un âge d'or et que le format est en train de faire naître des chefs d'oeuvre. Ca sera peut-être la plus grande réussite artistique de ce début du XXIème siècle. Mais ca demande tellement de temps que je passe à côté du phénomène. Tout ce que j'en vois me persuade que c'est bien dommage, et j'espère que j'aurai un jour le temps de rattraper mon retard.

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Breaking Bad a été une des premiéres série de cet accabit, et son succès est amplement mérité. C'est impressionnant.

Wiener-Dog (Todd Solondz, 2016)

Un ancien film de Todd Solondz, Happiness, figure dans les toutes premières places de mon panthéon personnel. C'est tout a fait par hasard que j'ai appris qu'il sortait un nouveau film, et je n'ai même pas cherché à savoir de quoi ça parlait, j'ai absolument voulu le voir. Je me suis délectée du début à la fin, et j'ai rigolé aux larmes toute seule devant ma télé.

Todd Solondz a un humour très particulier, je ne suis vraiment pas sûre que ce film puisse prendre auprès de tout le monde. C'est un humour noir, un peu grotesque ; on est à la limite de se sentir mal à l'aise, et une toute petite goutte d'eau fait déborder le vase et tomber la scène dans le ridicule, et alors impossible de ne pas rire.

Ca me donne vraiment très envie de partir à la découverte de toute la filmographie de Todd Solondz (dont je n'arrive jamais à me souvenir du nom).

Creed (Ryan Coogler, 2015)

Depuis le temps que je voulais voir ce Creed, le Rocky après le dernier Rocky... Au vu de la quasi-absolue nullité de tous les Rocky hormi Rocky I et III, je n'attendais pas grand chose, très honnètement, mais c'est un film de boxe avec Stallone, et par conséquent, ca ne se rate pas. Quelle n'a pas été ma stupeur : ce film n'est pas mal du tout ! Il a même réussi à recapturer un peu ce qui faisait de Rocky I un grand film, en restant un film très simple, sans drama, avec une histoire d'amour toute simple. Stallone est très bien, Jordan aussi, le passage de flambeau est tout simple. C'est un chouette film.

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Carnage (Roman Polanski, 2011)

Un revisionage pour ma part, j'aime beaucoup ce film (parce que la pièce de base est vraiment chouette, et les acteurs sont pas les pires du monde non plus).

Une Jeunesse allemande (Jean-Gabriel Périot, 2015)

Dans toute l'Histoire de l'Allemagne, j'ai une passion particulière pour la RAF (Rote Armee Fraktion, la bande à Baader), qui représente vraiment un moment charnière entre la deuxième guerre mondiale et l'époque actuelle. C'est mai 68 qui dégénère dans le terrorisme, une descente aux enfers de jeunes qui rêvent d'un monde meilleur. Personnellement, ça me bouleverse.

Le documentaire présente des tas d'images d'archives. On a notamment quelques interviews de Ulrike Meinhof, avant qu'elle ne crée la RAF, alors qu'elle est une jeune étudiante invitée sur un plateau télé. L'intelligence de cette fille est stupéfiante. Je me suis demandée tout au long du film qui serait capable de parler comme elle le fait aujourd'hui (je veux dire : de savoir choisir ses mots avec tant de pertinence, d'avoir un discours aussi construit et de dire tant de choses en si peu de phrases). J'ai peur que la traduction français ne donne qu'une idée bien pâlotte du génie de parole dont elle fait preuve.

Je suis ressortie du documentaire tout aussi bouleversée qu'à chaque fois qu'il est question de la RAF. Je reprocherais peut-être au film de manquer de vision d'ensemble, ce qui fait qu'on accumule beaucoup de détails et que de temps en temps, on aimerait dézoomer un peu pour savoir où on en est et ce qui va encore arriver. Je conseillerai donc de revoir les grandes lignes de l'Histoire de la RAF avant de se lancer dans le documentaire. Mais allez-y vraiment, c'est indispensable pour comprendre d'où sort le terrorisme moderne.

Cat People (Paul Schrader, 1982)

Un film complètement halluciné des années 80 (remake d'un film des années 40) sur un frère et une sœur qui se transforment en panthères lorsqu'ils font l'amour (le frère, c'est Malcolm McDowell, puissent ses jours ne jamais avoir de fin). Le frère essaye de pousser sa sœur à faire des trucs complètement incestueux (je sais pas pourquoi, mais les personnages de Malcolm McDowell sont toujours profondément dérangés), mais elle préfère aller roucouler avec un vétérinaire qui bosse dans un zoo (oui, le scénario est subtil). En bref, le film parle de sexe du début à la fin, y'a quelques scènes super sexy (mais sexy des années 80), et l'ambiance fout un peu les jetons quand même aussi.

Franchement pas le film du siècle, mais c'était sympa.

Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)

Le classique des classique. Ce film est merveilleux. Heureusement, je trouve toujours des gens qui ne l'ont pas encore vu pour le regarder avec eux.

En duva satt på en gren och funderade på tillvaron (Un pigeon sur une branche philosophait sur l'existence) (Roy Andersson, 2014)

J'ai voulu tester voir si mon chéri arrivait à survivre à un film bizarre à la Lodi. Quoi de mieux pour se faire qu'un très étrange film suédois ? Je ne connaissais pas encore Roy Anderson, mais j'en avais entendu parler en bien.

Comme vous pouvez le voir dans la bande-annonce, les visuels ont tous quelque chose d'un peu surréaliste. Je n'ai aucune idée de comment Roy Anderson crée cette impression anormale, on dirait des peintures. Les plans sont tous assez longs, en caméra fixe, ce qui donne une certaine lourdeur au film, malheureusement. L'humour a beau être sympa (non mais Georges VI, quoi !), la lourdeur et la lenteur en font vraiment un film estampillé "art et essai" qui a peu de chance de marcher sur tout le monde. Je ne pense pas avoir envie de le voir et de le revoir, mais c'ests ans aucun doute un film cinématiquement intéressant.

Il s'agit du troisième volet d'une trilogie, et j'avoue que j'ai assez envie de découvrir les deux autres. Mais pas franchement de les regarder les trois d'un coup !

Kamichu! (Besamemucho, 16 épisodes, 2005-2006)

Une jolie petite série d'animés sur une petite fille dans une petite école qui est amoureuse d'un garcon, mais elle n'ose pas lui dire. Sauf qu'en fait, la petite fille, c'est un dieu. Du coup, c'est compliqué, vous voyez.

Moonlight (Barry Jenkins, 2016)

Le film qui a recu l'oscar cette année. C'est un film assez beau, il y a des tas de trucs très bien dedans (la relation avec la mère, l'actrice Janelle Monae qui est un rayon de soleil, des choix de lumière originaux qui rendent super bien, etc.). Le film a aussi quelques défaut (la première partie trois fois trop longue, une fin un pau abrupte, le choix de l'acteur pour Chiron adulte qui ne fait aucun sens, etc.). C'est certainement pas le pire oscar de l'Histoire, mais je doute qu'il me laisse un souvenir impérissable.

Star Wars: The Force Awakens (J.J. Abrams, 2015)

C'est en découvrant The Force Awakens que je me suis dit qu'en fait, Rogue One était pas mal du tout. L'épisode VII avait reçu un bon accueil critique, et c'est ma petite chouchou, Chloe Bruce, qui doublait l'actrice de Rei pour les cascades et les scènes de combat (je l'aime d'amour, c'est en grande partie à cause d'elle que j'ai commencé le taekwondo).

Et... je ne comprends juste pas. Il n'y avait rien à sauver dans toute cette histoire, c'était d'un ennui profond (sauf Chloe Bruce, parce qu'elle est géniale, évidemment).

The Secret of NIMH (Brisby et le secret de NIHM) (Don Bluth, 1982)

Je constate régulièrement qu'il manque à mon chéri quelques connaissances cinématographiques indispensables. D'autant qu'il a une affection toute particulière pour le cinéma d'animation, et je ne comprends donc pas qu'il puisse ne pas connaître toute la filmographie de Don Bluth sur le bout des doigts. Il était urgent de lui faire découvrir son plus grand chef d’œuvre, Brisby.

J'ai beau connaître le film à peu près par cœur, les choix esthétiques, le design des personnages et des ambiances m'impressionnent toujours autant. Je trouve aussi que l'histoire est formidable, même si j'ai pu constater quelques facilités scénaristiques qui m'étaient complètement invisibles quand j'étais petite (par contzre, je vous confirme qu'à 30 ans, je suis capable en trois minutes de retomber amoureuse de Justin, certaines choses ne changent jamais (il est tellement cool et il a une ÉPÉE)).

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Vice versa (Disney -  Pete Docter, Ronnie Del Carmen, 2015)

Revisionage. Le film est vraiment sympa, il ne perd pas vraiment à être revu (même si l'effet de surprise est forcément perdu), on en profite pour découvrir quelques détails qu'on avait oublié.

Pom Poko (Isao Takahata , 1994)

Mon cerveau a failli exploser sous tant d'hallucination japonaise. Ce genre de film me font me rendre compte à quel point la culture japonaise est á des années lumières de la notre, mais le dépaysement intellectuel vaut le détour.

Nous suivons un peuple de blaireau qui ont des pouvoirs de transformation et qui se métamorphosent en humains pour essayer de stoper l'expansion de la ville et la destruction de la forêt... Dis comme ca, l'histoire a l'air presque d'être à peu près compréhensible et logique. Détrompez-vous.

Kaguyahime no monogatari (Le conte de la princesse Kaguya) (Isao Takahata, 2013)

S'il n'y avait qu'un seul film à retenir de toute cette liste interminable, ca serait celui-là. Je n'ai tout simplement pas compris ce qui m'arrivait en regardant ce film ! Tout dans ce dessin animé est merveilleux, à commencer par l'animation, qui est belle mais aussi vraiment originale et inhabituelle. Mais le plus merveilleux, c'est l'histoire, qui est tirée d'un conte traditionnel. C'est superbe.

Je crois que je n'ai jamais vu un film parler de la mort de cette manière, en en parlant de manière très indirecte et métaphorique. Rien à voir par exemple avec Le tombeau des lucioles, qui parle de la mort parce qu'elle s'abat sur les personnages. Ici, il n'en est pas question, et pourtant dans le fond c'est bien de cela qu'il s'agit, ce qui rend l'émotion encore plus forte.



Moi, Daniel Blake (Ken Loach, 2016)

Le film avait pas l'air bien, et il était encore pire qu'il n'en avait l'air. Subtilité zéro, misérabilisme à vous donner envie de vomir.

Jackie (Pablo Larrain, 2016)

Je suis complètement passée à côté de ce film. Passé l'aspect de reconstitution historique qui n'est pas sans intérêt, je n'ai rien compris aux enjeux du film. Mon deuxième Pablo Larrain, et toujours pas d'atome crochu en vue.

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Kimi no na wa (Your Name) (Makoto Shinkai, 2016)


Très belle découverte que ce dessin animé, qui m'attirait parce que tout le monde en disait du bien et que les images étaient magnifique. En voyant la bande annonce, je m'attendais tout de même à une histoire assez classique, j'avais l'impression de voir à peu près où l'on voulait nous emmener... Je me trompais sur toute la ligne, moi qui attendais un truc joli et léger.

Très très très bonne surprise donc. J'ignorais tout de Makoto Shinkai, mais j'ai maintenant bien intégré que ce monsieur n'était pas une grosse pointure du cinéma d'animation pour rien.

Un beau film, finalement assez complexe et assez triste. Si je devais chercher la petite bête, je dirais que la fin tire un peu en longueur.

Doctor Strange (Scott Derrickson, 2016)

De la miriade des films de super-héros sortis ces dernières années, Doctor Strange était bien le premier qui me faisait un petit peu envie (un petit peu). Parce que j'aime bien Cumberbatch quand même. J'ai trouvé l'histoire un peu insipide, même si j'ai pas passé un horrible moment, parce que bon, Cumberbatch, je l'aime bien. Le personnage est pas le pire qui soit non plus, je déteste pas l'idée.

Sennen joyû (Millennium Actress) (Satoshi Kon, 2001)

Je ne connaissais pas du tout Satoshi Kon, même pas de nom, et j'ai plongé sans me méfier dans cette histoire étrange, un grand hommage au cinéma japonais. Et ne connaissant rien au cinéma japonais, je n'ai pas compris grand chose, ce qui n'a pas empêché que j'ai trouvé le film fascinant.

Un cinéaste, grand fan de l'actrice Chiyoko Fujiwara, se rend chez celle-ci, devenue une vieille dame. Elle lui raconte... et bien... quelque chose à mi-chemin entre sa vie et l'Histoire du cinéma japonais. Une grande histoire d'amour pour un révolutionnaire hébergé une nuit, qui lui donne une clé. Elle va passer sa vie à courir après cet homme... enfin peut-être. Peut-être que cet homme n'était en fait qu'un acteur dans son premier film. Ou pas.

La petite scène dont j'ai trouvé un extrait est sans doute la plus caractéristique du film, la scène n'ayant aucun sens en elle-même puisqu'elle se transforme de plan en plan. J'imagine que l'on saute de films en films, même si je serais bien incapable de les identifier.

Je ne sais pas si je conseillerais vraiment ce film. J'ai beaucoup aimé, mais je ne sais pas pourquoi.

Ghost in the Shell (Rupert Sanders, 2017)

J'ai un sentiment mitigé sur ce film. L'histoire est pas mal, mais elle est très faible en comparaison de l'histoire originale. Et le film passe son temps à expliquer au spectateur ce qui se passe, c'est énervant (normalement, Ghost in the Shell, on y comprend rien, mais c'est justement ca le principe !). La direction artistique est super belle, mais j'ai l'impression que 90% des trucs sont pompés sur le dessin animé original ou sur Blade Runner. Beaucoup de scènes cultes ont été copiées presque à l'identique et sont en fait ratées (la premiére scène ou le corps se constitue notamment). Par contre, la bande son est bof bof (et vraiment, la bande son du dessin animé était tellement... ah...).

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J'aime beaucoup la manière dont Johanson est mise en scène, j'ai l'impression que son physique est vraiment exploité formidablement, qu'elle tranche avec l'image du cyborg avec son corps un peu trapu. Elle est tout en corps cette actrice, et ca donne un décalage vraiment chouette avec le principe de base du film. D'un autre côté, j'ai un peu du mal à comprendre pourquoi le concept n'est pas poussé jusqu'au bout (entre autre, pourquoi elle a besoin de mettre une combinaison de plongée pour aller sous l'eau, c'est absurde). J'ai l'impression qu'on essaye de montrer Johanson le plus nue possible, mais sans avoir le courage d'y aller carrément et d'assumer la "nudité" (relative, puisqu'à peu près 95% est fait en image de synthèse, et qu'après tout, c'est un robot).

La part des anges (Ken Loach, 2012)

Mais... mais... ce film est étonnement positif. On n'en sort pas complètement déprimé.
Je crie à la trahison ! C'est un faux Ken Loach !

Excalibur (John Boorman, 1981)

J'ai été complètement épatée par ce film. J'avoue que je m'attendais à une mise en scène sans trop de surprise de la légende d'Arthur. Mais le film dérive dans un super-too-much franchement enthousiasmant. Il y a de vraies bonnes idées visuelles, assez peu conventionnelles. Rien à voir avec un bête film en costume.

Nice.

Adama (Simon Rouby, 2015)

Il paraît que ce petit bijou n'a pas rencontré le succés escompté en salle. C'est pourtant une vraie prouesse technique, de l'animation comme on n'en a vu nulle par ailleurs. Les bonus du DVD valent vraiment le coup, ils permettent de voir comment certaines scénes ont été faites, et c'est très impressionnant.

L'histoire est aussi vraiment bien, d'une originalité folle. Un beau film pour enfants sur la première guerre mondiale sous un aspect complètement inexploré et plein de magie.

La négociation (Nicolas Frank, 2015)

Dans un registre complétement différent, ce film documentaire très bien ficelé suit le ministre de l'agriculture (Le Foll) dans des négociations à propos de la PAC au sein de l'Union Européenne. Ca n'a pas l'air très sexy dit comme ca, mais je vous jure que ce film est un vrai thriller. On se met à suivre les échanges avec passion. Est-ce qu'on va réussir à négocier le 15% ? Allez, 13 % ! On croise les doigts. Pourvu que l'Allemagne ne pose pas son véto ! Les négociations font rage.

Nicolas Frank réussit une vraie prouesse, qui repose je pense sur deux ingrédients : avoir réussi à obtenir la confiance de l'équipe (de sorte qu'on n'a pas l'impression que les politiques sont en représentation devant un journaliste), et un très bon sens du timing dans le montage.

Je vous recommande très chaleureusement le film si jamais vous arrivez à mettre la main dessus. C'est la première fois que j'ai eu l'impression de comprendre en quoi consistait "faire de la politique" (même si la négociation ne représente qu'une partie du travail d'un ministre), pourquoi on pouvait aimer faire ca, et en quoi c'est quand même un métier (et pas à la portée de tout le monde).

Timbuktu (Abderrahmane Sissako, 2014)

Pas d'avis très tranché sur le film. C'est très bien, mais je n'ai tout de même pas l'impression que le film va faire partie de ceux que je peux revoir encore et encore. Pourtant les personnages sont très bien, le sujet est intéressant (et important).



The Dark Crystal (Jim Henson et Frank Oz, 1982)

Dire qu'il y a des malheureux à qui leurs parents n'ont pas montré Dark Crystal quand ils étaient petits... Manquement réparé pour l'un de ces pauvres ancien-enfants. C'était aussi l'occasion pour moi de le revoir après bien bien bien des années. Je dois dire que je comprends toujours pourquoi les horribles Skeksis me terrorisaient. Même si j'ai maintenant beaucoup de mal à faire abstraction de leur aspect typique de marionnettes, ils font tout de même froid dans le dos.

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Ce film est vraiment un chef d'oeuvre, et j'ai eu l'excellente surprise de trouver en bonus sur mon DVD un documentaire sur la réalisation du film. C'est encore plus extraordinaire qu'on ne l'imagine : le travail artistique, les efforts démesurés accomplis pour donner vie à cet univers, le gigantisme du projet. Ce coup d'oeil derrière les coulisses me fait aismer encore plus ce film, si c'est seulement possible.

Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017)

Mon chéri m'a subtilement fait comprendre que Wonder Woman était sa préférée parmi tous les super-héros. Il était donc prévu depuis des mois qu'on irait voir le film ensemble pour son anniversaire. Je suppose que j'aurais pu plus mal tomber. C'est vrai que le personnage est assez sympathique (et l'actrice est jolie). Certes, le scénario s'enlise dans une histoire d'amour sans intérêt, il y a des tas de personnages secondaires assez mal introduits, et le super boss final est assez... ben heu, bizarre. Mais tout de même, y'a des scènes de bataille vraiment bien chorégraphiées. Le premier combat des amazones abuse des ralentis, mais est vraiment très sympa. Possible aussi que regarder sur grand écran ajoute à la réussite de ce genre de scènes.

J'ai cru comprendre que mon grand spécialiste de chéri a bien aimé, j'en déduis donc que le personnage original est assez bien respecté.

Pour ce qui est du côté "féministe" du film... On ne peut bien sûr que se réjouir d'avoir un personnage principal féminin, dans une superproduction menée par une réalisatrice (c'est rare). D'autre part je ne trouve pas le film particulièrement féministe. Ce n'est pas non plus un film particulièrement macho. L'actrice est très jolie, passe son temps en petite tenue franchement flatteuse et se paye quelques gros plan de visage visiblement faits pour faire ressortir son côté sexy, tout cela ne me choque pas outre mesure (on est dans une superproduction, on aurait sans doute droit à des scènes similaires sur un Superman). De là à dire que la cause féminine y gagne quelque chose, j'ai de sérieux doutes. J'ai vraiment bien accroché à l'actrice et je ne me suis pas sentie agressée en tant que femme, je suppose que c'est tout ce que j'attends d'Hollywood en terme de féminisme minimal.

samedi, 10 juin 2017

La vidéo du mois de Juin

Bien évidemment, j'étais obligée de passer cette vidéo :

Le titre fait un peu grimacer au début, on se dit qu'on va avoir une série de vannes, si possible expliquant aux non-linguistes qu'ils n'ont rien compris à la linguistique. J'ai trouvé que le format était en fait une excuse pour expliquer un peu en quoi la linguistique se différencie de la grammaire, en quoi consiste notre travail et pourquoi il y a souvent des quiproquos qui en résultent.

mercredi, 10 mai 2017

La vidéo du mois de Mai

La vidéo est peut-être vraiment rigolote que quand on est universitaire, j'ai du mal à savoir. Moi j'ai adoré.

lundi, 20 février 2017

Berlinale, jour 4 (2) : The Wound

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Pour ce film aussi, il y a une courte présentation en francais sur Arte.

 

Berlinale, jour 4 (1) : Tiger Girl

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C'est FOU que j'aie pas fait le lien tout de suite entre une opposition extrème gauche / extrème droite. C'est pourtant évident quand j'y pense ! C'est grâce à la courte présentation (en francais) sur Arte que la connection s'est faite dans mon petit cerveau.

Le trailer donne une bonne idée du rythme très particulier du film, et est relativement soft.

Berlinale, jour 3 (3) : The Misandrists

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Le film que j'attendais le plus (en fait le seul que j'attendais) : le dernier Bruce Labruce !

J'ai fait une vidéo (de bien piètre qualité, mais on entend à peu près comme il faut) de deux parties du Q&A : la première partie est là, la deuxième partie ici.

Et il y a aussi une interview de Bruce Labruce faite par les Teddy Awards.

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dimanche, 19 février 2017

Berlinale, jour 3 (2) : Vaya

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Bon, j'arrive à retrouver l'info nulle, part ce qui est un mauvais signe, mais il me semble que le nushi devrait être une langue de Côte d'Ivoire...

 

Berlinale, jour 3 (1) : Bones of Contention

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Cliquez là pour voir le trailer du film.

Et ici pour une interview de la réalisatrice, Andrea Weiss, faite par les Teddy Awards.