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mercredi, 10 août 2016

La vidéo du mois d'août

Très chouette vidéo sur Platon. Platon ? Mais on connaît, Platon ! On nous en parle depuis le lycée !
Ouais mais non, cette vidéo est vraiment sympa:

dimanche, 10 juillet 2016

La vidéo du mois de juillet

Numberphile et Computerphile, deux chaînes de vulgarisation scientifique pas toujours très accessibles, mais très riches. Cette vidéo est super vieille, pas franchement d'actualité, et pas vraiment de la vulgarisation scientifique. Non, c'est juste le bonheur de voir que des gens comme ce fou furieux existent.

lundi, 27 juin 2016

C'est lundi...

Le programme est chargé, accrochez-vous !

Qu'est-ce que j'ai lu ces 11 dernières semaines ?

Dernières lectures

L'épée de la Providence
Le Dernier Vœu
Ada: Ou L'ardeur
Pieds d'argile
Les annales du Disque-Monde, tome 18 : Masquarade
Les Tribulations d'un mage en Aurient
Les annales du Disque-Monde, tome 16 : Accrocs du roc
Les âmes mortes
Men at Arms
Chroniques martiennes


Lodi Vache's favorite books »


Sorceleur, tome 7 : La dame du lac, Andrzej Sapkowski

Fin de la saga du Sorceleur avec ce dernier tome. Pas franchement le meilleur, bien qu'il y ait plein de nouvelles idées narratives (même si l'auteur exploite un filon qui marche, on n'a pas l'impression d'avoir lu 7 fois le même bouquin, c'est agréable). J'ai trouvé qu'il y avait plein de très beaux tableaux, de belles scènes, mais parfois le lien entre les scènes me semblait tiré par les cheveux...

En tous cas, le Sorceleur m'aura complètement réconciliée avec la fantasy. Je sais qu'Andrzej Sapkowski a commencé une nouvelle saga, j'espère avoir l'occasion de me la procurer. (Et non, Winnie, je n'oublie pas Alif !)

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Le père Porchet, Terry Pratchett

Je connaissais l'adaptation au cinéma de ce tome de la saga. Ca avait été, il y a assez longtemps, mon premier contact avec le Disque-Monde.

La Terre qui penche, Carole Martinez

L'extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas

Chronique de la Guerre de Lodoss, Tome 1 : La Dame de Falis, Ryo Mizuno et Akihiro Yamada

Son visage et le tien, Alexis Jenni

Head-Driven Phrase Structure Grammar

Der Pavian, dessen Herr gestorben war ("Le babouin dont le maître était mort"), Sadeq Chubak

Ce semestre en cours d'iranologie, nous abordons la littérature moderne. Je vais travailler pour ma part sur Sadeq Chubak (dont je n'avais jamais entendu parler, je vous rassure) pour lequel j'ai un gros coup de coeur. C'est surtout un auteur de nouvelles, et son style me fait penser fortement à Octave Mirbeau (dans la noirceur et le réalisme social). Si vous connaissez mon amour pour Octave Mirbeau, vous comprendrez à quel point la comparaison est flatteuse.

Mon coup de coeur absolu va à la nouvelle qui donne son titre à ce recueil. Dans une espèce de flot de conscience à la Virgina Woolf, on suit les pensées d'un babouin qui en se réveillant un matin trouve son maître sans réaction allongé au pied de l'arbre où ils ont passé la nuit (on comprend qu'il est mort, sans doute d'une overdose d'opium). Il finira par réussir à déraciner le pieu auquel est attachée la chaîne qu'il porte autour du coup depuis la naissance. Le babouin essayera de partir, mais incapable de se débrouiller par lui-même, gêné par la chaîne qui est restée pendue à son cou et rendu dépendant de la drogue dont son maître lui soufflait la fumée au visage, il revient sans cesse à ce maître qu'il exècre plus que tout mais sans lequel il n'a jamais appris à vivre. Cette nouvelle, écrite avant la Révolution islamique, est incroyable d'actualité et d'universalité. Elle est souvent analysée comme une allégorie de la nation iranienne, incapable de se libérer d'un tyran qu'elle déteste. Personnellement, je trouve que c'est une magnifique réflexion sur la liberté d'une manière générale, sur le fait que la liberté doit se construire et n'existe pas en tant que telle. Bref, je ne vous refais pas mon exposé, sinon on est pas couchés ni vous ni moi, mais je suis vraiment très emballée par cet auteur.

Sadeq Chubak : an anthology

Ces deux livres sont les deux seules traductions que j'ai pu trouver dans une langue que je suis capable de lire (pas en perse, donc !). Impossible même de trouver une traduction de son roman majeur, The patient stone. Si un spéciliste passe par là et en connaît d'autres, qu'il me fasse signe.

Alif l'invisible, G. Willow Wilson

Quel plaisir que ce livre ! Dépaysan, super contemporain, sincère, tout ce qu'on aime ! C'est un peu un roman d'aventure, mais en lieu de cape et d'épée, les héros se battent à coup de code informatique. On y parle des révolutions arabes, mais transportées dans un univers magique où les djins tiennent des stands de bric-à-brac.

Ce roman m'a énormément fait penser au dessin animé pour ados Le garcon et la bête : cette manière d'incorporer le surnaturel dans le quotidien, ce mélange de féérique et de sombre, dans une grande épopée d'aventure.

"De quoi ?!? Un roman écrit par une américaine musulmane qui se passe dans un pays arabe et fait penser à l'imaginaire japonais ? Mais tu as BU ???"

Frauen ohne Männer, Sharnush Parsipur

Un livre lu dans le cadre de mon cours de littérature iranienne, encore. J'ai trouvé ca vraiment étrange, même si j'ai pas détesté.

Mais j'ai découvert à cette occasion le concept de "réalisme magique", dont j'ignorais absolument tout. Ca m'éclaire d'un coup sur tout un pan de la littérature contemporaine que je ne savais pas trop par quel bout prendre. Du coup, je suis super contente.

Stories from the Shahnameh of Ferdowsi, Volume 1 : The Lion and the Throne

Un des magnifiques cadeaux que l'on m'a offerts dans le cours de l'année dernière, c'est la traduction du chef d'oeuvre le la littérature persane médiévale Le livre des rois (Shahnameh). C'est l'oeuvre d'une vie, celle du poète Ferdowsi, qui a voulu y rassembler tous les récits mythiques des rois perses depuis la création du monde. Le livre a donc le statut, en Iran, que peuvent avoir l'Illiade et l'Odysée, l'Ancien Testament, ou Le roman des chevaliers de la table ronde.

Je trouve inconcevable qu'on ne connaisse rien en Occident de cet imaginaire peuplé de dragons et de démons, de chevaliers plus grands que des cyprès et de belles princesses couvertes de tissus brodés d'or. Vous me direz qu'on connait aussi très peu la chanson des Nibelungen, qui devrait être tout aussi indispensable (et vous aurez parfaitement raison).

Dans le premier tome, on passe très vite sur la création du monde pour s'intéresser surtout à la division du monde entre les fils de Feraydun (qui divisa le monde grosso modo entre la Turquie (Turan), la Perse et la Chine), les rois descendants de Feraydun et surtout la famille de chevaliers du Zabolestan : Sam, Zal puis Rostam. Si vous ne connaissez qu'un héro mythique perse, ce doit être Rostam, une version perse d'Hercule (il n'a pas droit à 12 travaux, mais à 7 pour sauver son benet de souverain).

Le Trône de Fer, Tome 1, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 2: Le donjon rouge, George R.R. Martin

Par un amusant concours de circonstances, mes plans de vacances d'été comprennent un week-end où je serai "petite main" sur un GN (jeu de rôle grandeur nature) se situant dans l'imaginaire du Trône de Fer (la saga derrière "Game of Thrones", série dont vous n'avez pas pu ne pas entendre parler). Je me suis donc mis en tête de lire cette saga (puisqu'après tout, si elle a un tel succès, c'est qu'elle ne doit pas être complètement nulle).

Avec un petit milier de pages derrière moi, je n'en suis encore qu'au début (il y a plus de 10 tomes publiés, et la saga n'est pas terminée), mais je commence à me faire une petite idée. C'est vraiment une bonne intrigue politique complexe et bien écrite, des rivalités de familles nobles (entre les familles et à l'intérieur des familles), un tas de personnalités très différentes et que l'on suit au cours des années, bref tout ce qui fait le charme d'une saga. L'aspect fantasy est à peine présent dans ces premiers tomes.

En ayant réussi à ne pas me divulgâcher l'intrigue, l'écho a été tellement énorme que j'avais déjà une idée des défauts et qualités que l'on prête à cette saga. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la réalité s'est trouvé complètement en porte-à-faux avec tout ce que j'avais entendu. Game of Thrones est souvent présentée comme une révolution scénaristique. A croire que personne n'avais jamais lu du Alexandre Dumas avant. Les grandes familles ? Les rois maudits ? Jamais entendu parler ? D'autre part, la saga est connu pour avoir un nombre impressionnant de personnages principaux (heu... non), qui apparaîssent et meurent tous immédiatement (heu... non). A vrai dire, d'après ces échos, je m'attendais à un rythme très soutenu. Ce qui n'est pas du tout le cas. Et tant mieux. Au contraire, l'auteur prend vraiment le temps d'introduire tous ses personnages, de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de chaque action. C'est très agréable, tout ce qu'on aime dans une saga : prendre le temps. Mais ca reste d'une facture très classique.

Comme je le disais, avec deux tomes et demi à mon actif, je suis loin d'avoir fait le tour de la saga. Ces avis ne valent donc que pour le début de la saga. Par conséquent : à suivre...

Qu'est-ce que j'ai vu ces 11 dernières semaines ?

Full Metal Panic Fumoffu (Kyoto Animation : Yasuhiro Takemoto, 2003)

Full Metal Panic est classifié dans la catégorie "mécas". Les mécas, c'est des robots-du-futur-qui-sauvent-la-planète, et donc pour moi les mangas de méca, ca va de Astro le petit robot pour le plus soft à Transformers pour le plus bourrin. Bref, pas forcément ma tasse de thé. (Ma vision a changé depuis peu parce que j'ai découvert Evangelion, mais c'est une autre histoire.)
Full Metal Panic Fumoffu est une sorte de parenthèse non-méca dans la série de Full Metal Panic. On y suit deux personnages de Full Metal Panic dans leur quotidien "normal" dans un lycée "normal" où ils essayent de passer incognito. La belle Kaname a très envie de vivre sa petite vie tranquille, mais le beau Sousuke, qui ne connaît de la vie que l'entraînement militaire et les combats, est légèrement parano et ne cesse de tomber (et de faire tomber ceux autour de lui) dans des situations improbables et décalées. Chaque épisode offre une parodie d'un "genre" de manga, ce qui est assez rigolo quand on repète les stéréotypes. Une petite saison juste pour rigoler, donc, sans grande prétention mais assez sympa.



Sword Art Online (A-1 Pictures : Tomohiko Ito, 2012)
2 saisons, 25 épisodes

C'était l'hiver et je revenais de Hambourg en covoiturage, dans la voiture d'un chinois timide, chimiste de son état, et qui n'osait pas trop me parler. J'ai avisé les deux figurines qui trônaient sur le tableau de bord. Pas très difficile de reconnaître un fan de manga. J'ai cherché dans mon faible catalogue intérieur si j'arrivais à identifier les personnages, en vain. J'ai donc entamé la conversation avec mon conducteur chimiste, lui demandant de me parler de ce manga, ce qui l'a réjoui et rendu bavard. Les deux personnages étaient les deux protagonistes de Sword Art Online, dont je n'avais à ma grande honte jamais entendu parler bien qu'il s'agisse d'un des plus gros succès animé de ces dernières années. Mes amis geeks ne font vraiment pas bien leur job.

L'histoire se passe dans un MMORPG, les personnages incarnent donc des avatars virtuels. Ce qui est un point de départ bien pratique pour pouvoir laisser libre court à l'imagination de l'auteur : c'est un jeu vidéo donc prout des invraissemblances physiques, anatomiques et historiques. Les personnages ont le droit de se battre avec des épées géantes, de tuer des gros monstres juste parce que c'est les méchants à tuer dans le jeu et si y'en a un qui est super méga plus fort que les autres, c'est normal, c'est juste qu'il a 50 niveaux de plus qu'eux. Vous voyez l'idée ?

Et bien l'idée tient ses promesses. D'autant que le scénario ne se repose pas bêtement sur son idée de départ (les joueurs sont "enfermés" dans le jeu virtuel par un vilain méchant, il leur faut arriver au niveau 100 pour finir le jeu et se libérer) mais réserve des surprises. Je parle de petites surprises par-ci par-là, pas de retournements de situation révolutionnaires, mais ca reste agréable. Tout ce qui tourne autour du vilain méchant qui emprisonne les joueurs me paraît extraordinairement capilotracté, mais je suppose que les codes du manga à la japonaise ne pouvaient pas faire l'impasse dessus. La deuxième saison, comme c'est souvent le cas, rame un petit peu à retrouver l'élan de la première (on se retrouve dans un autre jeu avec des enjeux un peu différents), mais j'ai passé un très bon moment avec ces 25 épisodes. Les créateurs se sont vraiment fait plaisir avec les univers de jeu, c'est visuellement très beau (les paysages, le design des niveaux, les monstres, les costumes, etc.), un beau mélange de poncifs de la fantasy et d'originalité. C'est un peu agacant que le héro passe sont temps à sauver sa chérie en détresse (et je ne remercie pas les scénaristes pour l'arrivée des références perverses dans la deuxième saison alors que la première en était dépourvue), mais on a une relation amoureuse qui évolue un peu au fil des épisodes, c'est assez rare pour être noté (et là encore, la deuxième saison peine à sortir du shéma de base planplan, alors que la première saison était fort réjouissante et innovante).

Bref, merci bien à mon conducteur chinois chimiste fan de mangas, c'était une agréable découverte.

Taxi Teheran (Jafar Panahi, 2015)

Ce n'est que mon deuxième Jafar Panahi, mais celui-ci m'a beaucoup réjoui. Je le trouve bien plus agréable que le précédent (Pardé), moins intellectualisant, plus direct et simple. Le film est drôle, tout en décrivant magnifiquement la société iranienne (c'est rare de se marrer en parlant de l'Iran). Jafar Panahi nous montre la vie quotidienne en placant le curseur légèrement trop haut. Tout est exagéré, mais juste légèrement exagéré. La scène avec les deux vieilles femmes et leur poisson rouge, par exemple. C'est bien sûr un peu trop pour être une vraie scène de la vie de tous les jours, mais à peine. À peine trop. Ca donne un ton bien particulier au film, un peu décalé, ne tombant ni dans la farce ni dans le réalisme. J'ai beaucoup aimé.

Certains ont pu parlé de pseudo-documentaire pour ce film, ce qui m'étonne quelque peu. Certe, les caméras sont intégrées à la mise en scène (on saute de la caméra de surveillance du taxi à l'appareil photo de la nièce, etc.), comme on parlerait d'une bande-son diégétique, mais l'effet "documentaire" s'arrête là. Les entrées et sorties des personnages sont magnifiquement chorégraphiées, le timing est magnifique, certains dialogues sont vraissemblablement improvisés, mais on ne peut certainement pas parler de documentaire. C'est d'ailleurs ce qui fait le brio de ce film, qui réussit à garder un rythme vivant et naturel du début à la fin. Personellement, j'y ai vraiment retrouvé le souffle de la langue quotidienne que ma petite expérience à Téhéran m'a permis de connaître. C'était un vrai bonheur.

https://www.youtube.com/results?search_query=taxi+teheran+fr

Salma (Ava DuVernay, 2014)

Harold and Maud (Hal Ashby, 1971)

L'idée fixe (Bernard et Emmanuel Murat, 2007)

Diplomatie (Volker Schlöndorff, 2014)

Inherent Vice (Paul Thomas Anderson, 2014)

La Venus à la fourrure (Roman Polanski, 2013)

Maps to the stars (David Cronenberg, 2014)

Neon Genesis Evangelion (Gainax et Tatsunoko Production: Hideaki Anno, 1995/96)
26 épisodes

Comme je disais un peu plus haut, le méca n'est pas vraiment mon fort. Mais Evangelion est un classique des classiques, et on ne perd rien à jeter un coup d'oeil aux classiques de temps en temps.

J'ai très bien accroché à cet animé. Le principe de base : on envoie trois ados piloter des mécas-pas-tout-à-fait-mécas pour se battre contre des machin-de-l'espace-qui-détruisent-tout-mais-qui-sont-peut-être-nos-amis-quand-même-en-fait. Et là, si vous êtes moi, vous vous dites "Mais ca a l'air POURRI !". Mais en fait non. Non, il ne s'agit pas d'une grosse démonstration de force à base d'explosions dans tous les sens. Non, le but du jeu n'est pas d'avoir le méca le plus gigantesque et le plus intimidant. (Ne riez pas, c'était vraiment ma définition du genre "méca" avant de voir cet animé !)

Neon Genesis Evangelion est vraiment un machin très bizarre. J'ai adoré le regarder, mais j'ai beaucoup de mal à en dire quoi que ce soit. Le scénario nous laisse une telle liberté d'interprétation que le spectateur est dérouté. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Un peu comme quand on vient de regarder 2001 l'odysée de l'espace : y'a plein de bribes super bien, mais dans le fond on se demande où tout cela est censé nous mener (c'est un peu moins extrème que le film de Kubrick, mais vous voyez l'idée). Le dessin a un petit côté "animé adulte" qui lui donne du caractère, et il a bien vieilli.

vendredi, 10 juin 2016

La vidéo du mois de juin

Je suis vraiment obligée de passer cette vidéo ce mois-ci, étant donné que j'ai refait cette recette à peu près tous les jours depuis que je suis tombée dessus... C'est DE-LI-CIEUX.

Je ne sais pas si le curcuma en poudre a autant de vertus que le curcuma frais (qui est censé guérir à peu près toutes les maladies du monde), mais si c'est le cas, je vais vivre 100 ans.

mercredi, 01 juin 2016

Ah, le joli mois de mai

Le mois de mai a commencé par une belle nuit de Walpurgis. Dans la nuit du 31 mars au 1er mai, les sorcières sont de sortie. J'aime aller au Mauerpark au nord de Belin. Chaque année y a lieu un grand rassemblement illégal (illégal, parce que tout rassemblement doit être déclaré et qu'aucune association de sorcières n'a jamais revendiqué l'organisation de cette nuit-là) avec moult feux et musique diabolique.

Ma petite marotte, ce sont les jongleurs de feu. Je peux passer des heures plantée sur les gradins à regarder les bolasses enflammées tourner pendant que les percussions se déchaînent. Cette année, nous avons même eu droit à des balles de jonglage enflammées.

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Tous les exécutants qui se succèdent dans un désordre organisé sont des amateurs, leur exécution d'une qualité inégale. Peu importe, c'est ce qui fait tout le charme de la nuit de Walpurgis. L'important, c'est le feu et la danse.

Une fois les jongleurs partis, on se réchauffe auprès d'un grand feu de camp. Le mois de mai a commencé.

Au 1er mai, le printemps arrive. Juste à temps. Toute la ville se réveille de la torpeur hivernale au son des percussions comme ici sous le magnifique Oberbaum Brücke, le plus beau pont de Berlin. 

Il arrive au printemps de croiser d'autres Belinois, eux aussi de sortie. Y'a pas de raison, Belin est à tout le monde, et le quai du S-Bahn est un espace public ouvert à tous, après tout.

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Rien de mieux que Berlin au printemps ! Pour ma part, je profite des premiers rayons du soleil, comme vous pouvez le voir :

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De belles journées de beau temps qui se prolongent parfois jusque tard dans la soirée.

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Il faut profiter du soleil tant qu'il pointe le bout de son nez, parce que les jours gris d'averses ou d'orage ne manquent pas, eux non plus.

Qu'il est passé vite, ce beau mois de mai ! Espérons que le printemps continuera encore un peu sur Belin...

dimanche, 29 mai 2016

Mon compost de cuisine

mardi, 10 mai 2016

La vidéo du mois de mai

Ce n'est pas très original de parler de Solange. Solange est un peu partout en ce moment, et tout le monde aime Solange. Il y a des raisons, parce que ses vidéos sont toujours en décalage avec tout ce qui se fait ailleurs.

Ici, Solange fait une vidéo sur un ami. Et c'est super:

mardi, 26 avril 2016

Comme à Taizé : notre Valentine

Un beau week-end d'avril (enfin, pas très beau, mais c'est pour la formule, vous voyez), je me suis retrouvée avec mes trois acolytes à passer un week-end de "travail" dans notre belle et grande maison au nord de Belin.

Comme l'histoire liée à cette maison n'est pas bien facile à suivre, un petit résumé rapide:
J'ai rencontré mes trois acolytes lorsque Taizé a organisé sa rencontre européenne du Nouvel an à Belin, en 2011. Dans ma paroisse (c'est à dire celle de la jolie église qu'on voit depuis mon balcon), ils organisent une fois par mois des prières de Taizé et sont d'une manière générale très sensibles à la "philosophie" qui est celle de Taizé.
Il y a maintenant un peu plus d'un an, la paroisse a résilié un contrat qu'elle avait avec une association caritative et qui lui permettait d'utiliser une maison dans le nord de Berlin (où se réunissaient des groupes de la paroisse divers pour des week-end ou des retraites). L'association caritative, ne sachant que faire de cette maison en perdant ce client, a déclaré vouloir la raser. Cela est arrivé aux oreilles du groupe de prière qui a eu l'idée de reprendre le flambeau pour faire de cette maison un lieu de prière et de méditation "comme à Taizé". Cherchant des volontaires pour s'emparer du projet, ils m'ont recontactée, et c'est comme cela que j'ai fini par faire partie de l'équipe.

Une année plus tard, le projet commence à bien prendre forme. L'association nous donne le droit de gérer la maison comme nous l'entendons à condition de couvrir tous les frais (taxes, chauffage, électricité, etc.). La plus grosse partie de notre travail consiste donc à organiser la location de la maison.

Il reste encore des tas de trucs à régler (un des murs est abîmé, il va falloir fonder une "vraie" association dans un avenir proche, etc.), mais soyons optimistes et regardons déjà le long chemin parcouru :

- Nous avons une adorable chapelle dans laquelle nous pouvons chanter des chants de Taizé aussi longtemps que nous le souhaitons.

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- Nous avons commencé à aménager et cultiver le jardin grâce à un paysagiste professionnel bénévole. C'est une partie que je laisse pluot à mes acolytes, mais ca sera sans doute très très chouette.

- Un des grands accomplissement de ce week-end de travail est que nous avons désormais un site internet, avec en prime un calendrier qui permet aux gens de réserver la maison directement. Le site internet sera en anglais un jour, c'est promis (et peut-être même en francais si je suis motivée).

Elle est pas chouette, notre Valentine ?

lundi, 11 avril 2016

C'est lundi...

Qu'est-ce que tu as lu ces dernières semaines ?

 Strate à gemmes, Terry Pratchett

Le livre a été écrit bien avant que l'auteur ne se lance dans les Annales du Disque-Monde. On est dans un univers plus de science-fiction classique... du moins au début. Car très vite va apparaître une planète plate, portée par des éléphants et dans laquelle la magie semble défier les lois de la physique. Bref, on est sur le Disque-Monde avant que le Disque-Monde ne prenne encore vraiment forme dans l'imagination de Terry Pratchett. Un pré-Disque-Monde. Du coup, le dépaysement n'est pas bien grand, et le mélange entre SF avec des vaisseaux spatiaux et des extra-terrestre et fantasy un peu déroutant.
J'ai évidemment eu un coup de cœur pour la shandie linguiste, extraterrestre monstrueux et hyper-pacifique qui devient fou au bout de quelques heures sans manger. (c'était pas possible que je ne sois pas fan du concept)

De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

J'avoue n'avoir eu aucune idée avant de commencer ce livre de l’œuvre de Neil Gaiman, mais je suppose qu'il a réussi justement à apporter ce petit quelque chose qui me manquait toujours chez Terry Pratchett. Peut-être parce que l'univers est cette fois-ci complètement différent (pour de vrai, pas de Disque-Monde caché dans un coin, même si les 4 cavaliers de l'Apocalypse sont des personnages récurrents des Annales) mais De bons présages est de loin mon Terry Pratchett préféré !
On y suit la naissance de l'Antéchrist, l'arrivée de la fin des temps et des cavaliers de l'Apocalypse. Les deux personnages les plus sympathiques sont l'ange Aziraphale (qui était l'ange du jardin d'Eden et tient maintenant une librairie de livres ésotériques) et le démon  Rampa (qui était le serpent qui poussa Eve à manger la pomme et est à l'origine des bouchons sur l'autoroute à la sortie du travail), plus amis qu'ennemis, et qui aimeraient bien retarder un peu l'heure du Jugement dernier, la vie sur Terre au milieu des humains leur plaisant finalement assez bien.
Un gros coup de cœur que ce livre. Si je n'avais qu'un seul Terry Pratchett à recommander, ça serait celui-là.

Sorceleur, tome 3 : Le sang des elfes, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 4 : Le temps du mépris, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 5 : Le baptême du feu, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 6 : La tour de l'hirondelle, Andrzej Sapkowski

Je vous avais prévenu la dernière fois : monomaniaquerie aiguë.

La saga évolue beaucoup au cours du temps. Le premier tome était plus une série de tableaux qui posait un univers, nous montrait le quotidien d'un sorceleur, tout en jouant avec des références littéraires évidentes, introduisait des personnages...
Dès le deuxième tome, les bases de l'intrigue politique sont posées. C'est cette intrigue politique qui va devenir le moteur principal de l'action.
Dans les tomes 3 et 4, le personnage féminin de Ciri s'impose de plus en plus et le roman prend les accents d'un roman initiatique. Dans les tomes 5 et 6, le sorceleur devient presque secondaire, et Ciri est au centre de l'histoire. Je trouve ça presque dommage, parce que j'aime beaucoup Geralt (sans doute parce que dans le jeu vidéo, c'est lui qu'incarne le joueur du début à la fin, ne prenant que très rarement le contrôle de Ciri lors de flash-backs). J'aurais aimé que le personnage soit plus fouillé.

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L'extrait suivant se trouve dans le tome 4. L'empire du sud, le Nilfgaard a lancé une attaque contre les royaumes du nord limitrophes. Dans un des royaumes les plus au nord, Kaedwen, on s'aprête à une grande guerre contre le Nilfgaard.

Obligation pour nous d'être postés le long de la rivière Dyfna dans trois jours. Je répète, dans trois jours ; ça veut dire qu'on va y aller au pas de course. Et pas question de faire un seul pas au-delà de la rivière Dyfna. L'ordre est formel. Les Nilfgaardiens vont vite se montrer sur l'autre rive. Mais attention : pas de bataille. En aucune façon, compris ? Même s'ils essayent de franchir la rivière quelque part, vous vous contentez de vous montrer, vous leur faites voir nos emblèmes, pour qu'ils voient que c'est nous, l'armée de Kaedwen.
Dans la tente, le silence régnait toujours.
- Comment ça ? bredouilla enfin Bode. On ne doit pas se battre contre les Nilfgaardiens ? On va à la guerre ou pas ? Qu'est-ce que ça veut dire, monsieur le centenier ?
- Ce sont les ordres. On va pas à la guerre, on va juste... (Demipot se gratta le cou) juste apporter une aide fraternelle. On traverse la frontière pour assurer une protection aux gens du Haut-Aedirn... Oubliez ce que je viens de dire... Pas du Haut-Aedirn, mais de la Basse-Marchie. C'est ainsi qu'a parlé Sa Grâce le margrave Mansfeld. C'est comme ça, sermonna-t-il, Demawend a essuyé une défaite, il s'est planté, il s'est étalé de tout son long parce qu'il gouvernait mal et qu'il en avait rien à foutre de la politique. C'en est donc fini de lui et de tout le royaume d'Aedirn. Notre roi a prêté beaucoup d'argent à Demawend, parce qu'il l'avait aidé par le passé. Aujourd'hui, y faut pas abandonner un tel trésor ; il est temps de récupérer cet argent avec un pourcentage. Nous ne pouvons pas non plus permettre que nos pays et nos frères de Basse-Marchie soient faits prisonniers par Nilfgaard. Nous devons les libérer. Parce que la Basse-Marchie, c'est notre terre ancestrale, autrefois sous l'autorité du sceptre de Kaedwen. Et aujourd'hui, elles reviennent à Kaedwen.
[...]
- Monsieur le centenier, commença Zyvik en bégayant, qu'est-ce qui va se passer si... si l'armée d'Aedirn oppose une résistance ? Si elle nous barre la route ? Parce qu'on va tout de même traverser leur pays en armes...
- Et si nos pays et nos frères, souligna ironiquement Stahler, ceux qu'on doit comme qui dirait libérer... s'ils se mettaient à nous lancer des flèches et à nous jeter des pierres, hein ?
- Nous devons nous tenir le long de la Dyfna dans trois jours, dit avec insistance Demipot. Pas plus tard. Quiconque voudrait nous retarder ou nous arrêter serait, de toute évidence, un ennemi. Et les ennemis, il faut les abattre avec nos épées. Mais attention, prenez garde ! Suivez les ordres ! Ne brûlez pas les villages ni les bicoques, ne prenez pas leurs biens aux gens, ne pillez pas, ne violez pas les femmes ! Tenez-vous-le pour dit, vous et vos soldats, parce que celui qui désobéira à ces ordres ira à l'échafaud.
Le voivode l'a répété au moins une dizaine de fois : on ne va pas là-bas pour envahir le pays, putain, mais pour apporter une aide fraternelle ! Qu'est-ce que tu as à grincer des dents, Stahler ? C'est un ordre, crénom d'un chien !

Qu'est-ce que tu as vu ces dernières semaines ?

Nahid (Ida Panahandah, 2015)

C'est le film iranien dont on a un peu entendu parler ces derniers temps, fait déjà assez rare pour être noté. Je suis allée le voir, surtout pour entendre un peu de farsi et voir ce qui se fait dans le cinéma iranien "exportable".
Comme je m'y attendais, c'était assez déprimant. On nous y raconte l'histoire d'une femme divorcée qui tombe amoureuse d'un homme, mais ne peut pas l'épouser car elle n'a obtenu la garde de son fils que sous condition de ne pas se remarier. Beaucoup d'aspects de la vie courante iranienne sont abordés discrètement : la drogue (un énorme problème en Iran), la violence conjugale, les deux classes de la société iranienne (la classe moyenne aisée et progressiste et la classe démunie dévote et réactionnaire : c'était aussi un des grand thèmes de La séparation), la femme entretenue par son mari, l'enfant unique roi... Pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas l'Iran, ça vaut vraiment le coup. Mais ca ne vous rendra pas heureux et guilleret pour le reste de la journée !
Dans le même genre, j'ai quand même préféré La séparation. C'était beaucoup plus prenant.

Das Leben der Anderen (La vie des autres, Florian Henckel von Donnersmarck, 2006)

Un grand classique, je ne l'avais pas revu depuis un moment. Un joli mélange de conte et de reconstitution historico-politique très réaliste. C'est une grande réussite. Ulrich Mühe est vraiment formidable (et quel dommage qu'il soit mort si peu de temps après).

Oh, et puis voir un bon film dans Berlin, ça fait toujours plaisir.

dimanche, 10 avril 2016

La vidéo du mois d'avril

Ca fait déjà plus d'un an que je me suis mise à regarder pas mal de vidéos sur internet. Je ne parle évidemment pas d'épisodes de séries (j'en regarde très peu) ou de films (je ne regarde à peu près jamais de films sur internet), mais de chroniques, petites vidéos et rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires de "youtubeurs" (ils sont en effet le plus souvent sur youtube, même si ce n'est pas un critère). Parmi eux, il y a (beaucoup) de vulgarisation scientifique, des let's playeurs, de la critique littéraire ou cinéma...

J'ai eu envie de partager mensuellement les "meilleures" vidéos avec vous. Il y a en effet de vraies petites perles, et je n'aime pas trop partager ce genre de choses sur Facelook. Or, ces vidéos sont en fait très représentatives de ce à quoi j'utilise mon temps libre en semaine, une fois ma journée de travail terminée et une fois rentrée de l'entraînement de sport.

Je vous préviens que, même si j'intitule ces posts "vidéo du mois", il ne s'agit pas forcément d'une vidéo sortie ce mois-ci. Plus vraisemblablement, il s'agira d'une vidéo que j'ai vue dans le mois, et qui peut donc être beaucoup plus vieille. Et ce ne sera même pas forcément le cas.

Pour bien commencer, voilà un de mes chouchous, Usul. Après s'être fait connaître avec des vidéos très drôles dans l'univers du jeu vidéo, il a complètement changé de ton et produit maintenant une série "mes chers contemporains", des vidéos politiques très sérieuses et très honnêtes. Toutes sont excellentes (la précédente sur Lordon était suuuuper). Voici le sixième volet, et la vidéo est intitulée "le salaire à vie":